Transport collectif: «un grand défi de société»

Le ministre des Transports, François Bonnardel, et le maire de Québec, Régis Labeaume, se sont entretenus lundi, à Laval, à l’occasion d’un déjeuner-conférence de l’organisme Trajectoire Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre des Transports, François Bonnardel, et le maire de Québec, Régis Labeaume, se sont entretenus lundi, à Laval, à l’occasion d’un déjeuner-conférence de l’organisme Trajectoire Québec.

L’atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec passe impérativement par des « investissements massifs » en transport en commun, selon le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson. Le ministre des Transports, François Bonnardel, admet toutefois que ce virage nécessaire représente un « grand défi de société ».

« La réalité est la suivante : si l’on veut atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre, il faudra d’abord s’attaquer au premier responsable du bilan carbone du Québec : le transport routier », a insisté M. Cusson, lundi, lors d’une allocution prononcée dans le cadre d’un déjeuner-conférence de l’organisme Trajectoire Québec.

Selon le plus récent bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec, les transports (routier, aérien, ferroviaire et fluvial) représentent pas moins de 43 % de toutes les émissions du Québec. Les émissions de ce secteur ont aussi augmenté de 21,9 % depuis 1990.

« C’est pourquoi la priorité devra être donnée au transport en commun. Sans un sérieux coup de barre, sans un transfert modal important de la voiture solo au transport en commun, ce sera difficile, voire impossible de lutter efficacement contre le réchauffement planétaire », a insisté Alexandre Cusson, reprenant ainsi un message porté depuis plusieurs années par les groupes environnementaux.

À quelques semaines de la présentation du premier budget du gouvernement de François Legault, le président de l’Union des municipalités du Québec réclame donc « des investissements massifs en transport en commun et de nouvelles infrastructures, et ce, partout au Québec, dans toutes les régions du Québec ».

Défi de société

Compte tenu du fait que les transports pèsent de plus en plus lourd dans le bilan des GES du Québec, est-ce qu’on peut parler d’un échec en matière de réduction des émissions du secteur ?

« C’est un grand défi de société de s’assurer d’amener un changement de cap pour ce qui est des gens qui utilisent leur voiture jour après jour », a répondu lundi le ministre des Transports, François Bonnardel, en point de presse. Selon lui, il faut donc « augmenter l’offre de transport en commun », mais aussi travailler sur les questions de « confort, de temps et de coûts ».

M. Bonnardel a d’ailleurs rappelé que le nouveau gouvernement caquiste a « énormément de projets » sur la table, dont le Réseau express métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le Réseau structurant de transport en commun de la région de Québec.

« Je veux une vision qui va toucher les Québécois pour les 20, 30 ou 40 prochaines années. Il faut voir grand et il faut voir loin », a-t-il ajouté, tout en promettant de « penser à l’usager » pourinciter les citoyens à opter pour le transport collectif dans leurs déplacements quotidiens.

M. Bonnardel a justement admis qu’en raison de la « popularité » du métro de Montréal, « il y a une certaine saturation à certaines heures de pointe. Mais je pense que le REM va aider, de même que la ligne bleue et le SRB [service rapide par bus] sur Pie-IX ».

Qu’en est-il du projet de « ligne rose », cher à la mairesse de Montréal, Valérie Plante ? « Ce n’est pas une priorité à court, moyen et long terme pour notre gouvernement », a répondu le ministre.