Une première grève pour le climat prévue le 15 mars au Québec

Les étudiants veulent presser le gouvernement à mettre en œuvre un plan de lutte contre les changements climatiques nettement plus ambitieux.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Les étudiants veulent presser le gouvernement à mettre en œuvre un plan de lutte contre les changements climatiques nettement plus ambitieux.

À l’instar de mouvements lancés dans différents pays, des étudiants du Québec comptent organiser ici la première grève étudiante pour le climat. Ils veulent ainsi presser le gouvernement de mettre en œuvre un plan de lutte contre les changements climatiques nettement plus ambitieux.

Le collectif « La Planète s’invite à l’Université », qui espère mobiliser des jeunes collégiens et des étudiants universitaires pour un débrayage d’une journée, regroupe pour le moment des étudiants de l’Université du Québec à Montréal, de l’École de technologie supérieure, de l’Université Concordia, de l’Université McGill, de l’Université de Québec à Chicoutimi et l’Université Laval à Québec.

Des collégiens se sont également joints à leur mouvement, qui espère rallier les Québécois autour d’un « front commun pour l’environnement », a dit vendredi l’un des instigateurs de l’initiative, Louis Couillard. Il s’est d’ailleurs dit persuadé que l’appel à la grève du 15 mars n’est qu’« un premier pas » vers un mouvement plus vaste.

Pourquoi avoir choisi de lancer un appel à une grève ? « La grève est pertinente puisque c’est uniquement en établissant un rapport de force suffisant que le gouvernement et les établissements scolaires nous écouteront. Les grèves dérangent : elles ne peuvent pas être ignorées », a fait valoir M. Couillard, en rappelant que des débrayages sont prévus ailleurs dans le monde le 15 mars.

Tout en soulignant que les jeunes auront « tout à perdre » en raison des impacts des changements climatiques, Raphael Leblanc, étudiant en génie à l’ETS, a souligné pour sa part que « les gestes individuels ne seront pas suffisants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Il faut que les gouvernements agissent, mais ils n’en font pas assez actuellement ».

Loi climatique

Le regroupement exige donc que les gouvernements adoptent « une loi climatique forçant l’atteinte des cibles recommandées par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat ». Selon le plus récent rapport du GIEC, pour limiter le réchauffement global à 1,5 °C, il faudra réduire les émissions de CO₂ de 45 % d’ici 2030, par rapport à leur niveau de 2010. Il faudrait ensuite atteindre un « zéro net » d’émissions de CO₂ autour de 2050.

Les députés de la CAQ ont toutefois rejeté jeudi une motion appuyée par les trois partis d’opposition et qui demandait au gouvernement de présenter un projet de loi « visant à assurer le respect des obligations climatiques du Québec ».

Selon les objectifs climatiques mis en avant depuis plusieurs années par le Québec, il était prévu de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % d’ici 2020, par rapport à 1990. Mais selon le plus récent bilan de GES disponible, soit celui de l’année 2016, les émissions avaient seulement reculé de 9,1 %.