Les changements climatiques ont nourri les feux de forêt en Colombie-Britannique

La situation qui a prévalu en 2017 en Colombie-Britannique pourrait bien devenir la norme.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne La situation qui a prévalu en 2017 en Colombie-Britannique pourrait bien devenir la norme.

Les changements climatiques causés par l’activité humaine ont accru de 7 à 11 fois la superficie de forêts qui a brûlé à l’été 2017 en Colombie-Britannique, révèle une récente étude d’Environnement et Changement climatique Canada et du Pacific Climate Impacts Consortium de l’Université de Victoria.

Avec le mercure qui grimpait dangereusement et la sécheresse qui sévissait, les conditions étaient réunies pour que le scénario catastrophe se produise : un record de 1,2 million d’hectares de forêts sont partis en fumée à l’été 2017 (record qui a été battu l’année suivante). L’étendue et la force du brasier ont forcé quelque 65 000 personnes à quitter leur domicile.

L’étude, intitulée « Attribution of the influence of human-induced climate change on an extreme fire season » publiée en décembre dans la revue Earth’s Future, démontre que l’influence exercée par les humains sur le climat a haussé de plus de 20 fois la probabilité d’occurrence des températures estivales extrêmes survenues cet été-là.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont comparé deux scénarios climatiques : l’un basé sur la décennie 2011-2020 qui représente le climat actuel, l’autre ancré dans la décennie 1961-1970, avec un niveau d’influence humaine réduit.

« En comparant ces deux scénarios, nous pouvons établir comment l’influence humaine sur le climat a modifié le facteur de risque », a expliqué Megan Kirchmeier-Young, chercheuse à Environnement et Changement climatique Canada.

Les chercheurs ont conclu, avec 90 % de certitude, que l’accumulation de gaz à effet de serre a au moins doublé sinon quadruplé la probabilité que les feux de forêt atteignent les niveaux extrêmes vécus en 2017.

Et la situation qui a prévalu en 2017 en Colombie-Britannique pourrait bien devenir la norme. « Alors que le climat continue de se réchauffer, nous pouvons nous attendre à de plus en plus de saisons de feux de forêt extrêmes et coûteuses, comme celle qu’a connue la Colombie-Britannique en 2017 », a expliqué Megan Kirchmeier-Young.

La gestion des ressources forestières, les infrastructures et la santé publique devront s’adapter à cette nouvelle réalité, croit-elle.