Des manifestants perturbent un discours de Justin Trudeau

Des manifestants ont protesté contre l’arrestation lundi de militants autochtones.
Photo: Darryl Dyck La Presse canadienne Des manifestants ont protesté contre l’arrestation lundi de militants autochtones.

Des dizaines de manifestants ont retardé, mardi après-midi, un discours que devait donner le premier ministre Justin Trudeau à Ottawa. Ils protestaient contre l’arrestation lundi, en Colombie-Britannique, de quatorze Autochtones opposés à la construction d’un pipeline.

Après 90 minutes d’attente et un changement d’adresse, M. Trudeau a livré le discours prévu sans rien y ajouter à propos de l’incident. Et pourtant, il participait au Forum du Canada et des Premières Nations autogouvernantes et signataires de traités, rencontre annuelle entre le premier ministre, certains de ses ministres et des leaders autochtones.

« Aucune relation n’est plus importante pour notre gouvernement que celle que nous entretenons avec les peuples autochtones », a déclaré le premier ministre, rappelant l’importance qu’il accorde à cette rencontre annuelle.

Mais il n’avait rien à dire aux manifestants qui dénonçaient l’intervention de la Gendarmerie royale du Canada en Colombie-Britannique de manière très bruyante, plus tôt dans la journée. Il ne voulait pas non plus s’adresser aux médias après le forum.

Son bureau a plutôt fait suivre, par courriel, une déclaration pour expliquer son silence : « Nous respectons le droit de manifester pacifiquement. Il s’agit d’une occasion importante pour le premier ministre de rencontrer les Premières Nations autogouvernantes et signataires de traités modernes, et il est impatient de participer à cette discussion aujourd’hui. »

Dans les quelques échanges du forum faits devant les caméras, il y a eu aussi des reproches faits à Justin Trudeau, mais sur un ton plus poli, comme celui exprimé par la présidente de la nation Nisga’a, Eva Clayton.

« C’est malheureux qu’en date d’aujourd’hui, nous n’avons pas encore reçu de réponse » à une lettre envoyée en décembre 2017, au lendemain de la première réunion du genre, a noté Mme Clayton.

Des manifestants se faisaient aussi entendre en Colombie-Britannique, mardi, dénonçant l’intervention policière.

La GRC soutient qu’elle n’a fait qu’appliquer l’injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, qui interdisait toute interférence avec la construction du gazoduc Coastal GasLink autour du pont de la rivière Morice. La police fédérale a assuré qu’elle ne tentait pas de favoriser une partie ou une autre dans ce conflit lorsqu’elle a arrêté les quatorze personnes qui bloquaient un chemin forestier.