Le Suroît permettrait d'accroître les exportations, confirme Hydro-Québec

Hydro-Québec se défend bien de vouloir vendre à l'étranger toute l'électricité que produirait sa centrale thermique du Suroît mais reconnaît que ce projet controversé lui accorderait la possibilité d'augmenter ses exportations à partir de 2008.

Si elle est construite, cette centrale de 800 mégawatts située près de Beauharnois «va permettre à Hydro d'avoir une plus grande marge de manoeuvre, de répondre de manière plus confortable aux besoins du Québec et, s'il en reste, d'exporter», a confirmé hier la porte-parole Marie Archambault, en marge de l'audience spéciale de la Régie de l'énergie.

Hydro refuse toutefois de préciser de quelle usine ou même de quelle filière de production (hydroélectrique, thermique, éolienne) proviendraient les électrons vendus aux États-Unis.

«Le producteur n'est pas obligé de le dire. C'est son parc, il utilise ce qu'il veut pour répondre aux appels d'offres. C'est son choix», a affirmé Mme Archambault.

Quoi qu'il en soit, et contrairement à ce qu'a longtemps soutenu la direction d'Hydro, le projet du Suroît ne servira pas à combler l'écart entre l'offre et la demande d'électricité à court terme, à «assurer le pont énergétique» avant la mise en service des centrales hydroélectriques en construction.

Selon les derniers calculs d'Hydro-Québec Distribution, il manquera dès cette année entre 2 et 6 TWh d'électricité pour répondre à la demande. L'écart oscillera entre 4,3 et 10,6 TWh l'an prochain et pourrait grimper jusqu'à 17,1 TWh en 2006.

La division responsable de l'approvisionnement de la clientèle a laissé savoir lundi qu'elle prévoyait avoir recours à des importations pour répondre aux besoins des trois prochaines années. Un premier appel d'offres à très court terme a d'ailleurs été lancé la semaine dernière.

Grâce à la mise en service des centrales hydroélectriques d'Eastmain et de Péribonka-4, Hydro-Québec Production pourrait ensuite prendre graduellement le relais à partir de 2007.

Prévu pour l'année suivante, le Suroît lui permettrait de réduire la cadence de production dans ses centrales de la Baie-James et de la Côte-Nord afin de remplir ses réservoirs.

«La priorité actuelle d'Hydro-Québec Production [HQP] est de reconstituer ses stocks énergétiques dans ses réservoirs à la suite d'une période de faible hydraulicité. La centrale du Suroît permettra à HQP de retrouver une marge de manoeuvre essentielle à la sécurité énergétique du Québec», a expliqué l'entreprise dans un communiqué.

Le président de la division, Thierry Vandal, doit témoigner devant la Régie de l'énergie demain matin. Il répondra ensuite aux questions de groupes de pression dont l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), l'Action démocratique et l'Union des consommateurs.

La Régie doit rendre son avis sur le Suroît au gouvernement du Québec au plus tard le 30 juin prochain. Le ministre des Ressources naturelles, Sam Hamad, a déjà annoncé qu'il y aurait une commission parlementaire sur le projet au cours de l'été.