La CAQ veut rouvrir le parc national du Mont-Tremblant aux motoneiges

La CAQ assure que cette porte ouverte aux motoneiges dans le parc national du Mont-Tremblant ne deviendra pas la norme au Québec.
Photo: iStock La CAQ assure que cette porte ouverte aux motoneiges dans le parc national du Mont-Tremblant ne deviendra pas la norme au Québec.

Si elle est élue le 1er octobre, la Coalition avenir Québec (CAQ) entend redonner aux motoneigistes l’accès au parc national du Mont-Tremblant, où le dernier sentier a été définitivement fermé en 2013. Cette pratique est pourtant interdite en vertu des dispositions de la Loi sur les parcs, à moins d’être autorisée par le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs.

Au nom de l’« essor économique » et du soutien aux commerçants de la région de Saint-Donat, dans Lanaudière, trois candidats de la CAQ ont expressément promis de rouvrir un sentier nommé « Caribou », qui passe dans le parc national du Mont-Tremblant et qui a été définitivement fermé aux motoneigistes en mars 2013.

« Il est temps de redonner un nouveau souffle à cette région qui fut propulsée par la motoneige pendant près de 50 ans. Cette réouverture permettra définitivement de relancer l’économie locale et régionale », a souligné la candidate de la CAQ dans la circonscription de Bertrand, Nadine Girault, au moment d’annoncer cet engagement.

Les dispositions de la Loi sur les parcs interdisent en théorie « la circulation dans un parc national avec un véhicule hors route tel que la motoneige, le quad et la motocyclette », a toutefois précisé le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, dans sa réponse au Devoir.

Pourquoi avoir mis en place une telle interdiction ? « L’objectif prioritaire d’un parc national est d’assurer la conservation et la protection permanente de territoires représentatifs des régions naturelles du Québec ou de sites naturels à caractère exceptionnel », a rappelé le ministère.

« Ainsi, pour des raisons d’impact sur le milieu naturel, de dérangement de la faune, de pollution sonore et d’incompatibilité avec les activités offertes dans les parcs nationaux, la pratique de la motoneige constitue une activité récréative non autorisée depuis 2000 en vertu du Règlement sur les parcs », a-t-on ajouté.

Aménagement

Depuis ce temps, des sentiers de motoneige ont donc été aménagés à l’extérieur des limites de six parcs nationaux du Québec, dont ceux du Mont-Tremblant, des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie, des Monts-Valin, du Lac-Témiscouata, de la Pointe-Taillon et du Mont-Orford.

Avant de fermer le sentier « Caribou », le gouvernement avait injecté trois millions de dollars pour aménager un sentier de contournement et réaménager plusieurs autres tronçons situés à l’extérieur du parc afin de fermer 86 kilomètres de sentiers de motoneige qui étaient situés à l’intérieur du parc du Mont-Tremblant.

Ces tronçons de contournement n’auraient toutefois pas eu l’effet espéré, selon la CAQ. Le parti s’appuie notamment sur une baisse marquée des ventes de laissez-passer au Club des motoneigistes de Saint-Donat. En redonnant accès au sentier, on espère rendre la région « plus attrayante » pour les adeptes de cette activité hivernale, mais aussi attirer davantage de touristes.

La CAQ assure toutefois que cette porte ouverte aux motoneiges dans un parc national ne deviendra pas la norme au Québec. « Il n’est pas dans nos plans de revoir l’ensemble des orientations quant à la présence des motoneiges dans les parcs nationaux. Il s’agissait d’une prise de position locale, dans un comté où l’enjeu était soulevé », a indiqué Ewan Sauves, attaché de presse du parti de François Legault.

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