REM: des écologistes dénoncent l’abattage d’arbres au Technoparc

CDPQ Infra a entrepris des travaux préparatoires dans le secteur du Technoparc en prévision de l’implantation d’une station du REM.
Photo: CDPQ Infra CDPQ Infra a entrepris des travaux préparatoires dans le secteur du Technoparc en prévision de l’implantation d’une station du REM.

Des écologistes dénoncent la coupe d’arbres effectuée ces jours-ci dans le Technoparc, à Saint-Laurent, afin de permettre la construction d’une station du Réseau express métropolitain (REM). CDPQ Infra assure toutefois que l’abattage sera limité et que le milieu humide qui abrite de nombreuses espèces d’oiseaux ne sera pas perturbé.

CDPQ Infra a entrepris des travaux préparatoires dans le secteur du Technoparc en prévision de l’implantation d’une station du REM. L’arrivée de la machinerie lourde inquiète des groupes citoyens qui craignent de voir l’habitat d’oiseaux comme le héron vert être tronqué. « Il y a 186 espèces d’oiseaux qui ont été identifiées dans ce secteur, dont 2 espèces menacées, et 70 migrateurs qui y nichent », a indiqué Jacques Cloutier, ornithologue membre du groupe Technoparcoiseaux. « C’est le plus beau site d’observation d’oiseaux à Montréal », affirme-t-il.

Lisa Mintz, de Sauvons la falaise, soupçonne CDPQ Infra de vouloir faire ces travaux avant la tenue des élections. Elle soutient aussi que le promoteur désire agir avant que l’habitat du petit blongios, une espèce de héron, puisse être protégé comme le souhaite la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May.

Un tunnel sous le milieu humide

À l’origine, le REM devait passer à proximité du milieu humide, mais CDPQ Infra a modifié le tracé. Le REM plongera en souterrain avant d’atteindre le milieu humide et circulera en tunnel afin de se rendre jusqu’à l’aéroport. Les premiers travaux se concentreront autour de la future station, dans l’axe du boulevard Alfred-Nobel, entre les rues Albert-Einstein et Alexander-Fleming.

CDPQ Infra n’a pu préciser le nombre d’arbres qui seront coupés dans le secteur du Technoparc, mais l’effet sera limité, assure Jean-Vincent Lacroix, directeur des relations médias.

Sur l’ensemble du projet du REM, qui s’étend sur 67 kilomètres, de Brossard jusqu’à l’Ouest-de-l’Île, CDPQ Infra estime que l’équivalent de 20 hectares d’arbres et d’arbustes devra être coupé, mais qu’en revanche, les nouvelles plantations couvriront un total de 200 hectares, soit 250 000 arbres. À ce jour, 100 000 arbres ont déjà été plantés, indique M. Lacroix. Et les arbres coupés pour les chantiers temporaires feront aussi l’objet d’une compensation, avec la plantation d’un nombre équivalent d’arbres majoré de 10 %.

Quant au milieu humide situé au sud de la rue Alexander-Fleming, il sera intouché, promet le porte-parole. Le tunnel sera creusé à l’aide d’un tunnelier sous le milieu humide, sans dynamitage. « Les méthodes ont été établies pour n’avoir aucun impact sur le milieu humide. Il y aura du monitoring en direct, explique M. Lacroix. Les opérations du tunnelier ne devront pas altérer le milieu humide. Les techniques de construction ont été approuvées avant la remise du décret [gouvernemental]. »

Le mois dernier, les écologistes avaient reproché au gouvernement fédéral son inaction dans le dossier de l’Éco-campus Hubert-Reeves, qui doit être implanté au Technoparc et qui, disent-ils, menace un milieu humide dans lequel niche le petit blongios.