La Californie s’engage à offrir une énergie «100% propre» d’ici 2045

Au niveau fédéral, l’administration républicaine du président Donald Trump s’est officiellement retirée en 2017 de l’accord de Paris.
Photo: Mario Tama / Getty Images North America / Agence France-Presse Au niveau fédéral, l’administration républicaine du président Donald Trump s’est officiellement retirée en 2017 de l’accord de Paris.

Solaire, éolien, géothermie… La Californie, cinquième puissance économique mondiale et fer de lance de la lutte contre le changement climatique, s’est officiellement engagée lundi pour une énergie « 100 % propre » d’ici 2045, dans un geste de défi au président climato-sceptique Donald Trump.

« Avec cette loi, la Californie est sur les rails pour remplir les objectifs de l’accord de Paris et même aller au-delà », a lancé Jerry Brown, gouverneur démocrate de l’État de la côte ouest, avant de signer la loi adoptée par les parlementaires californiens.

« Ce ne sera pas facile, ce ne sera pas immédiat, mais ce doit être fait », a-t-il insisté.

Jusqu’alors aux États-Unis, seul l’archipel de Hawaï — directement menacé par la montée des eaux du Pacifique induite par le changement climatique — s’était doté d’une politique aussi volontariste.

Une vingtaine de pays ont pris des mesures similaires, mais aucun n’a l’envergure économique ni le poids politique de l’État américain le plus peuplé avec environ 40 millions d’habitants.

« La Californie, en tant qu’économie des plus prospères, passe à l’attaque sur le changement climatique. J’espère que la France et l’Allemagne relèveront aussi leurs ambitions, car nous devons tous faire davantage », a déclaré Jerry Brown à l’AFP.

« Il n’y a pas de mots pour signifier l’importance qu’un État aussi grand et influent que la Californie s’engage à une énergie propre à 100 % », s’est réjoui Michael Brune, directeur du Sierra Club, l’une des plus anciennes organisations de protection de la nature aux États-Unis.

Au niveau fédéral, l’administration républicaine du président Donald Trump s’est officiellement retirée en 2017 de l’accord de Paris qui avait été formellement signé l’année précédente par son prédécesseur démocrate Barack Obama.

Cet accord sur le climat, signé en décembre 2015 par quelque 190 pays, vise à limiter l’augmentation de la température de l’atmosphère en deçà de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, afin d’éviter des catastrophes climatiques à grande échelle.

Pour y arriver, les scientifiques estiment que les activités humaines doivent arriver à un « bilan carbone neutre », c’est-à-dire plus d’augmentation globale des rejets de gaz à effet de serre, d’ici 2050.

« Dizaines de milliers d’emplois »

Sous l’influence de M. Brown, défenseur des énergies renouvelables depuis son premier mandat de gouverneur dans les années 1970, la Californie — épaulée par seize autres États — a réagi à la décision de M. Trump en reprenant le flambeau de la lutte contre le changement climatique. Et a décidé de réduire coûte que coûte les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis, quitte à poursuivre en justice l’administration fédérale.

Dans le détail, la loi adoptée par les élus californiens prévoit que toute l’électricité passant par le réseau de l’État aura un « bilan carbone neutre » d’ici 2045.

En outre, 50 % de sa production électrique devra venir de sources d’énergie renouvelables (solaire, éolien, géothermie, etc.) d’ici 2025, et 60 % d’ici 2030.

Le reste de la production d’énergie pourrait aussi être fourni par d’autres sources, à condition qu’elles ne rejettent pas de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (nucléaire, centrales au gaz dotées de systèmes de récupération du CO2 émis, etc.)

Selon les experts, l’énergie solaire et éolienne représente 8 % de la production d’électricité aux États-Unis, et près de 20 % pour la seule Californie.

« La Californie sera toujours à la pointe de la lutte contre le changement climatique, quelle que soit la personne qui occupe la Maison-Blanche », a affirmé le sénateur Kevin de Leon, qui a porté cette loi novatrice.

Outre la protection de l’environnement, cette loi va aussi « doper l’économie » de la Californie et « créer des dizaines de milliers d’emplois », précise-t-il.

« Il y a déjà dix fois plus d’emplois dans ce secteur pour la seule Californie que dans l’exploitation des mines de charbon pour l’ensemble des États-Unis », a ajouté M. de Leon.

La production d’électricité représente à l’heure actuelle 16 % des émissions de gaz à effet de serre de la Californie.