Bilan de santé du fleuve

À première vue, Émilien Pelletier est optimiste. « Les anciens polluants comme les BPC, le DDT, les HAP, affirme-t-il, sont en train de disparaître. Ils le font plus lentement que prévu et que souhaité, mais ils le font. » Toutefois, d'autres contaminants plus subtils et moins connus font leur apparition.

Au banc des accusés : le fameux TBT, mais aussi les organofluorés utilisés comme produits ignifuges, les pesticides agricoles, les hormones et les stéroïdes employés dans les élevages, sans oublier les médicaments jetés dans les éviers et rejetés dans le fleuve par les égouts, et ce, le plus souvent sans traitement. « On commence tout juste à comprendre comment ces composés se comportent en eau douce, mais pour ce qui est de l'eau salée, on ne sait rien », avoue le chercheur.

Et le niveau du fleuve et de l'estuaire ? Les scientifiques s'entendent pour dire qu'il continuera, avec les changements climatiques, de monter en aval de Québec, alors qu'en amont, il baissera... à cause de l'abaissement du niveau des Grands Lacs.

Plus d'eau en aval, moins en amont. « D'ici quelques décennies, l'eau marine atteindra les prises d'eau de Lévis, et même de Québec », prévient le scientifique. Il faudra donc trouver une autre source d'eau douce pour la consommation humaine, ce qui ne sera pas une mince affaire.