Nouveaux retards pour Keystone XL

Un juge américain vient d’ordonner la réalisation d’une évaluation environnementale complète pour une portion du pipeline.
Photo: Nati Harnik Archives Associated Press Un juge américain vient d’ordonner la réalisation d’une évaluation environnementale complète pour une portion du pipeline.

C’est une tuile de plus qui vient de tomber sur la tête de TransCanada. Un juge fédéral américain vient d’ordonner la réalisation d’une évaluation environnementale complète pour une portion du pipeline Keystone XL qui doit traverser l’État du Nebraska.

Dans une décision rendue mercredi, le juge Brian Morris a ordonné au gouvernement américain de mener un examen environnemental complet sur un tronçon crucial du futur pipeline.

Cette nouvelle évaluation a été exigée parce que l’État du Nebraska a modifié le tracé du pipeline de sables bitumineux au moment où il donnait le feu vert à la construction, en novembre 2017. Dans ce contexte, écrit le juge Morris, il faut impérativement tenir compte de toute information« pertinente » pour évaluer les « impacts » de cette décision.

Le juge n’a toutefois pas accédé à la demande des groupes environnementaux et de certaines nations autochtones qui exigeaient carrément l’annulation du permis présidentiel accordé par Donald Trump en 2017 pour enclencher la construction de Keystone XL, un projet mis en avant par la pétrolière TransCanada dès 2008.

830 000 barils

Dans une analyse rendue publique à la fin juillet, le gouvernement américain avait d’ailleurs affirmé que le tracé modifié du pipeline au Nebraska ne poserait pas de risque pour les terres, l’eau et les milieux naturels. Un point de vue rejeté en bloc par les groupes environnementaux, des nations autochtones et des propriétaires terriens, qui redoutent les impacts d’un éventuel déversement de pétrole brut.

Dans une décision partagée, la Régie des services publics du Nebraska a approuvé l’an dernier le tronçon de pipeline qui doit traverser cet État et transporter chaque jour 830 000 barils de pétrole, de l’Alberta jusque dans le sud des États-Unis.

Les cinq commissaires ont rejeté le tracé que favorisait l’entreprise et qui avait déjà fait l’objet d’une évaluation de la part du gouvernement fédéral américain. Ils ont plutôt décidé d’imposer un second tracé, ce qui modifie considérablement les plans de TransCanada.

Appui à Ottawa

En plus du président américain Donald Trump, le gouvernement de Justin Trudeau a souvent offert son appui au projet de la pétrolière albertaine. Le pipeline de TransCanada est d’ailleurs le troisième projet soutenu par les libéraux fédéraux depuis leur élection en 2015.

L’éventuelle construction de ce nouveau pipeline Keystone XL signifie que les pétrolières actives en Alberta pourront bénéficier d’une plus grande capacité d’écouler leur production croissante sur les marchés.

La capacité combinée de Keystone XL, de Trans Mountain et de la nouvelle Ligne 3 permettra d’exporter quotidiennement 2,48 millions de barils de pétrole des sables bitumineux, soit 905 millions de barils par année.

 La production des sables bitumineux pourrait quant à elle augmenter de près de 75 % d’ici 2040, selon une analyse détailléesur l’« avenir énergétique »du Canada publiée plus tôt cette année par l’Office national de l’énergie. La production du secteur dépasserait alors les 4,5 millions de barils par jour.