Stade olympique: sept militants de Greenpeace contre Trans Mountain seront accusés

Au moins trois militants munis de câbles et de harnais ont été vus sur la structure, qui porte le nom de Tour de Montréal.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Au moins trois militants munis de câbles et de harnais ont été vus sur la structure, qui porte le nom de Tour de Montréal.

Sept militants de Greenpeace Canada ont été arrêtés jeudi après avoir déployé une bannière géante sur la tour du Parc olympique de Montréal en protestation contre l’implication du gouvernement du Canada dans l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’ouest du Canada.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les quatre femmes et trois hommes, âgés de 26 à 40 ans, ont été relâchés peu avant midi sous promesse de comparaître. L’agente Caroline Chevrefils précise que des accusations de méfait de plus de 5000 $ et de complot seront déposées contre les activistes, qui devront respecter certaines conditions d’ici leur apparition devant le tribunal.

Vers 6 h jeudi, au moins trois militants munis de câbles et de harnais ont été vus sur la structure, qui porte le nom de Tour de Montréal et qui, avec son angle d’inclinaison de 45 degrés, est la plus haute tour inclinée au monde.

Moins d’une heure plus tard, le SPVM a érigé un périmètre de sécurité autour de la base de la tour haute de 165 mètres. Les employés qui y travaillent de même que les touristes n’y avaient pas accès.

À environ 60 mètres du sol, les grimpeurs ont déroulé, vers 9 h, une banderole de 10 mètres sur 25 mètres sur laquelle on pouvait lire : « Ne salissez pas notre argent » et sa traduction en anglais, de même que « Stop pipelines ».

Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir À environ 60 mètres du sol, les militants s’apprêtaient peu avant 8h40 à dérouler leur banderole.

Le gouvernement du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu’il se portait acquéreur de l’entièreté du controversé projet d’oléoduc, pour 4,5 milliards de dollars.

L’accroissement de la capacité de l’oléoduc actuel de Kinder Morgan devrait permettre de tripler l’acheminement quotidien de pétrole lourd de l’Alberta vers le port de Vancouver, pour fins d’exportation vers l’étranger.

La porte-parole de la campagne climat et énergie pour Greenpeace Canada, Loujain Kurdi, affirme que plutôt que d’acheter un pipeline avec 4,5 milliards de dollars d’argent public, le gouvernement Trudeau pourrait, pour la même somme, accélérer notre transition vers une économie basée à 100 % sur les énergies renouvelables.

« Pour vous donner un exemple, on pourrait créer 3 millions de bornes de recharge électriques, ou pour 3,2 milliards de dollars, ce qui est nettement moins, le premier ministre pourrait tenir la promesse qu’il a faite en décembre dernier, et s’assurer que chaque communauté autochtone à travers le pays ait accès à de l’eau potable. »

Greenpeace ajoute que l’implication du gouvernement du Canada dans ce projet va à l’encontre de ses engagements internationaux en matière d’émissions polluantes.

La décision fédérale d’acheter le projet a grandement satisfait le gouvernement de l’Alberta. Par contre, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’oppose au projet d’élargissement, ce qui a créé d’importantes frictions entre les deux provinces.

Des Autochtones et des environnementalistes ont aussi dénoncé le projet. Une manifestation de Greenpeace Canada a d’ailleurs eu lieu à cet effet le 3 juillet dernier sur un pont de Vancouver. La Gendarmerie royale du Canada avait dû intervenir pour expulser les manifestants.

Il y a deux semaines, Trans Mountain a déposé auprès de l’Office national de l’énergie son échéancier des six prochains mois pour l’expansion de l’oléoduc.