«On a eu toute une frousse», admet le maire de Saint-Polycarpe

Bien que cinq wagons-citernes transportant du propane aient déraillé, leurs réservoirs sont restés intacts et aucun déversement de matières dangereuses n’a eu lieu. 
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Bien que cinq wagons-citernes transportant du propane aient déraillé, leurs réservoirs sont restés intacts et aucun déversement de matières dangereuses n’a eu lieu. 

Quelques jours de travaux seront nécessaires pour rétablir la circulation ferroviaire sur le tronçon entravé par le déraillement d’un train survenu lundi soir, à Saint-Polycarpe, en Montérégie. D’ici là, le transport de marchandises sera perturbé sur l’ensemble de la ligne du Canadien Pacifique (CP), de Vancouver à Halifax.

Bien que cinq wagons-citernes transportant du propane aient déraillé, leurs réservoirs sont restés intacts et aucun déversement de matières dangereuses n’a eu lieu. L’accident n’a fait aucun blessé.

« Les travaux afin de rétablir la circulation sur la voie ferrée avancent bien, commentait le maire de la municipalité Jean-Yves Poirier. À ce stade-ci, nous sommes étonnés de la rapidité avec laquelle les opérations de dégagement avancent. »

Quelques jours seront nécessaires pour terminer les travaux.

Mardi, les travailleurs du CP se comptaient par dizaines sur les lieux de l’accident. La compagnie de chemin de fer faisait tout pour limiter les pertes économiques associées à un ralentissement de son réseau. Effectivement, étant donné la position névralgique du segment touché, les impacts se font ressentir dans le pays entier.

Les travailleurs devront vider les wagons de leur contenu avant de pouvoir les retirer. La tâche s’annonce délicate dans le cas du wagon-citerne qui s’est échoué dans la rivière Delisle, que traverse la voie ferrée sur les lieux de l’accident.

Déjà mardi, les ouvriers s’affairaient à construire un accès temporaire en pierre concassée pour accéder au wagon dans la rivière.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les travailleurs du CP se comptaient par dizaines mardi sur les lieux de l’accident.

Vingt-deux wagons ont décroché du chemin de fer, mais plusieurs d’entre eux sont en réalité des voitures multiples. En tout, trente-trois voitures individuelles ont quitté les rails. Les wagons-citernes de propane impliqués dans l’accident, de type DOT-112, sont pressurisés. Si une fuite s’était créée, le propane aurait pu s’échapper sous forme gazeuse. « Dans le cas d’un gaz, la probabilité qu’il prenne feu est très grande », expliquait Manuel Kotchounian, ingénieur au Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST).

« On a eu toute une frousse, surtout en sachant ce qui circulait sur les voies », racontait le maire après une rencontre avec le CP et le BST. « Évidemment, la première chose à laquelle on a pensé, c’est Lac-Mégantic. »

« Ça aurait pu être désastreux », ajoutait-il.

Enquête

« Le CP travaille à rétablir le trafic ferroviaire sur la ligne de la manière la plus sécuritaire possible », déclarait quant à elle la ministre Lucie Charlebois en point de presse.

Celle qui est aussi députée de Soulanges, la circonscription dont fait partie Saint-Polycarpe, a indiqué que des agents du ministère de l’Environnement se rendraient sur place pour surveiller le transbordement du carburant depuis les wagons-citernes qui ont déraillé.

Les enquêteurs du BST sont arrivés sur les lieux mardi matin afin de déterminer la cause de l’accident. Toutefois, en après-midi, ils n’étaient pas encore en mesure de se prononcer.

« On continue à amasser des informations, on ne peut rien dire pour le moment », rapportait Guy Laporte, l’un des enquêteurs. Il a toutefois spécifié que le train roulait à 56 km/h, soit bien en dessous de la limite de 64 km/h dans ce tronçon.

Dans la rivière

Le déraillement du train de 11 260 tonnes est survenu lundi soir à 18 h 55. Alors que le convoi approchait du ponceau qui enjambe la rivière Delisle, quelques wagons ont quitté les rails, ralentissant du même coup le train en entier. Un second segment du train, plus loin à l’arrière, a ensuite déraillé dans un champ de maïs.

L’accident a eu lieu dans un secteur agricole peu habité. Toutefois, quelques centaines de mètres plus loin, le chemin de fer s’approche d’un hameau où se trouvent environ vingt-cinq résidences. « Il n’aurait pas fallu que les wagons de propane explosent là-bas », explique, soulagé, le maire.