Des jeunes réclament l’annulation de l’achat de l’oléoduc Trans Mountain

Le projet Trans Mountain de la pétrolière texane Kinder Morgan vise à accroître la capacité quotidienne de l’oléoduc de 300 000 barils à 890 000 barils.
Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne Le projet Trans Mountain de la pétrolière texane Kinder Morgan vise à accroître la capacité quotidienne de l’oléoduc de 300 000 barils à 890 000 barils.

Des membres du Conseil jeunesse du premier ministre appellent Justin Trudeau à revenir sur l’achat de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan. Ils clament que cette décision remet en question l’engagement du premier ministre envers la jeunesse, qui sera « disproportionnellement affecté[e] par les conséquences dévastatrices d’un monde en réchauffement ».

Les signataires de la lettre diffusée sur Internet rappellent que les jeunes qui ont voté pour Justin Trudeau en 2015 l’ont fait principalement à cause de ses promesses sur la réconciliation avec les peuples autochtones et la lutte contre les changements climatiques. Ils expriment dans la lettre leur « profonde déception » et demandent d’annuler l’achat et la construction de l’oléoduc Trans Mountain, un projet qui viole, selon eux, les droits des membres des Premières Nations et qui « amène notre monde bien trop près d’une catastrophe climatique », en menant vers l’échec de l’Accord de Paris.

Ils souhaitent aussi que le premier ministre condamne les discours violents envers les manifestants au projet et qu’il promette « de ne pas impliquer le militaire » ou de participer à la violence d’une quelconque façon envers les opposants. Finalement, ils veulent obtenir une rencontre de consultation sur le projet et sur la gestion responsable de la transition énergétique au Canada.

« L’oléoduc, et les enjeux qui y sont reliés, comme le changement climatique, le développement durable et notre dépendance au pétrole, sont parmi les plus grands enjeux auxquels fait face notre génération, et ils s’aggraveront si nous ne nous en occupons pas maintenant, a déclaré en entrevue téléphonique au Devoir Elijah Dietrich, membre du Conseil jeunesse et signataire de la lettre. Je crois que peu importe les bénéfices économiques qui sont perçus à court terme, tout ce que [le pipeline] fera, c’est d’accroître notre dépendance aux énergies fossiles et cela aura toutes sortes de conséquences économiques, sociales et environnementales à travers le pays. »

Pas de discussion formelle

« Le premier ministre a eu l’occasion de s’entretenir avec les membres du Conseil jeunesse à plusieurs reprises, notamment en juin dernier pour discuter de l’oléoduc Trans Mountain, a fait savoir de son côté Chantal Gagnon, attachée de presse de Justin Trudeau. Nous devons à la fois faire croître notre économie et protéger l’environnement. Ces priorités vont de pair. »

D’après M. Dietrich, le premier ministre — qui est aussi ministre de la Jeunesse — a répondu à des questions des membres du Conseil à propos du projet Trans Mountain, mais le sujet n’a pas fait l’objet d’une discussion formelle avec M. Trudeau et il n’était pas officiellement à l’agenda.

L’investissement d’Ottawa, annoncé le 29 mai, dans le controversé projet de la pétrolière texane Kinder Morgan s’élèvera à 4,5 milliards de dollars. Son tracé passe par les environs d’Edmonton, en Alberta, et rejoint la région de Vancouver, en Colombie-Britannique. Il vise à accroître la capacité quotidienne de l’oléoduc de 300 000 barils à 890 000 barils.

Parmi la vingtaine de signataires de la lettre, douze sont des membres actuels du Conseil jeunesse et quatre sont des anciens membres. D’autres jeunes n’en faisant pas partie ont également donné leur appui à la démarche. Un formulaire en ligne sur le site Web Coast Protectors permet d’ajouter sa voix à celle des signataires.

Des membres du Conseil se sont, eux, dissociés de la lettre, a rapporté la Presse canadienne. « Je crois que c’était très partisan et ce n’est pas le rôle du Conseil jeunesse du premier ministre », a affirmé à l’agence Sara Wheale. Mme Wheale a travaillé pendant plus de sept ans dans l’industrie pétrolière en Alberta.

Le Conseil jeunesse du premier ministre compte actuellement 21 membres, qui sont âgés de 16 à 24 ans. Ils conseillent de façon non partisane le premier ministre sur des enjeux qui les touchent.

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