Un hôpital dans un champ à Vaudreuil-Soulanges

L’UPA estime que sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, 1000 hectares sont ciblés pour des projets.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir L’UPA estime que sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal, 1000 hectares sont ciblés pour des projets.

L’Union des producteurs agricoles (UPA) et des groupes écologistes sonnent l’alarme concernant la menace qui planerait sur de nombreuses terres agricoles au Québec. Le gouvernement libéral vient d’ailleurs de confirmer son intention de construire un nouvel hôpital à Vaudreuil-Soulanges sur des terres agricoles parmi les plus fertiles de la province, et ce, malgré un avis défavorable de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ).

« On va encore gaspiller des terres agricoles quand on sait très bien que celles de la Montérégie sont les plus belles », se désole Christian St-Jacques, président de l’UPA Montérégie. « On n’est pas contre l’hôpital. On sait très bien qu’on a besoin de services pour les citoyens. Mais la CPTAQ a démontré qu’il y a six sites, qui ne sont pas sur des terres agricoles, qui auraient pu faire l’affaire. »

Dans son avis publié en mai, la CPTAQ se questionne sur la superficie recherchée, soit près de 25 hectares, qui lui paraît trop grande alors que d’autres hôpitaux de 400 lits occupent plutôt 9 hectares.

Malgré cet avis défavorable, le ministre Gaétan Barrette a fait savoir que Québec comptait aller de l’avant avec le projet. Christian St-Jacques y voit une manoeuvre à saveur électorale. « Il n’y a rien qui dit que le gouvernement libéral va être encore là à l’automne », souligne-t-il.

Tirs groupés

Les menaces sur le territoire agricole peuvent aussi venir des municipalités. L’UPA estime que sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), 1000 hectares sont ciblés pour des projets. À Québec, les 200 hectares de terres agricoles des Soeurs de la Charité pourraient accueillir des projets immobiliers.

En conférence de presse mercredi, les représentants d’Équiterre, de Nature Québec, de la Fondation David Suzuki et de Vivre en ville se sont dits inquiets de la volonté de plusieurs élus municipaux d’obtenir davantage de pouvoirs et d’autonomie en matière d’aménagement urbain, de conservation des milieux humides et de gestion des terres agricoles. Ils ont aussi dénoncé les élus qui, tout en se disant favorables au développement durable et au transport en commun, réclament l’élargissement d’autoroutes.

Dans le contexte électoral, la pression des municipalités afin d’obtenir des partis des assouplissements s’est intensifiée au cours des derniers mois, a soutenu Christian Savard, directeur général de Vivre en ville.

Visée par les critiques des environnementalistes, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) a reproché aux groupes de mal connaître les réalités des municipalités. « L’autonomie des municipalités et des MRC n’entre pas en contradiction avec la protection de l’environnement et du territoire agricole », a affirmé le président de la FQM, Jacques Demers.