Un nid d’oiseau protégé menace le festival Bluesfest d’Ottawa

Quatre oeufs de pluvier kildir ont été retrouvés à l’endroit où devrait se dresser la scène principale du Bluesfest d'Ottawa.
Photo: Justin Tang La Presse canadienne Quatre oeufs de pluvier kildir ont été retrouvés à l’endroit où devrait se dresser la scène principale du Bluesfest d'Ottawa.

La présence d’un nid d’oiseau protégé perturbait mardi les préparatifs du Bluesfest, un important festival de musique qui se tient chaque année près de la colline du Parlement.

Quatre oeufs de pluvier kildir, espèce dont le nombre de spécimens a diminué de moitié depuis 50 ans, ont été retrouvés à l’endroit où devrait se dresser la scène principale du festival qui commencera le 5 juillet et devrait accueillir 300 000 festivaliers en dix jours.

L’oiseau présent sur tout le continent américain, reconnaissable par son cri strident et la couleur de son plumage, fait partie des espèces protégées par la loi canadienne sur les oiseaux migrateurs, empêchant tout travail de construction sur un lieu de ponte.

Mardi matin, deux gardes employés par le gouvernement fédéral tenaient les piétons à l’écart avec un ruban jaune déployé autour du nid tandis que les ouvriers chargés de la construction des scènes, des toilettes, des clôtures et des kiosques de boissons du Bluesfest attendaient le feu vert pour reprendre la construction.

Mais la période de couvaison du pluvier kildir, durant de 24 à 28 jours, risque de compromettre l’organisation du festival, dont les billets sont en vente depuis février et qui accueille cette année Beck, Bryan Adams, les Foo Fighters et Shawn Mendes.

« C’est l’une des situations les plus problématiques à laquelle nous ayons été confrontées », a reconnu Mark Monahan, directeur du Bluesfest, tout en assurant penser que son équipe devrait « pouvoir s’en sortir » et ainsi éviter « des retards qui pourraient avoir un effet boule de neige ».

Le directeur du festival a évoqué le déplacement du nid dans une réserve naturelle pour y faire éclore les oeufs, solution à laquelle des ornithologues sont farouchement opposés, le contact humain avec le nid pouvant selon eux provoquer l’abandon des oeufs par leurs parents.

Les réactions ont abondé sur les réseaux sociaux, certains surnommant le pluvier kildir comme « l’oiseau le plus énervant sur terre » en raillant le dispositif de sécurité déployé dans la capitale fédérale canadienne quand d’autres défendaient bec et ongle les futurs parents pour qu’ils puissent conserver leur nid.