Des opposants au projet Trans Mountain manifestent à Montréal

Abrités sous des parapluies qui s’ouvraient et se fermaient au gré de l’intensité de l’averse, les manifestants ont écouté des discours, des prières et des chants de représentants d’organisations environnementales, de nations autochtones, de syndicats du Québec et autres mouvements sociaux.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Abrités sous des parapluies qui s’ouvraient et se fermaient au gré de l’intensité de l’averse, les manifestants ont écouté des discours, des prières et des chants de représentants d’organisations environnementales, de nations autochtones, de syndicats du Québec et autres mouvements sociaux.

Plusieurs centaines de personnes ont bravé la pluie, dimanche, à Montréal, pour exprimer leur opposition à un projet de pipeline à l’autre bout du Canada.

Abrités sous des parapluies qui s’ouvraient et se fermaient au gré de l’intensité de l’averse, les manifestants ont écouté des discours, des prières et des chants de représentants d’organisations environnementales, de nations autochtones, de syndicats du Québec et autres mouvements sociaux. Les discours se sont interrompus quelques minutes le temps que des photographes et des caméramans prennent du haut d’une tour une image de l’assemblée réunie autour d’un « Stop Kinder Morgan » écrit en lettres géantes dans l’herbe d’un grand parterre au centre-ville.

On est venu exprimer son appui aux opposants, dans les provinces de l’Ouest, au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain de la compagnie Kinder Morgan entre les champs pétrolifères de l’Alberta et les côtes de la Colombie-Britannique, ainsi que son désaccord avec l’appui offert par le gouvernement fédéral. « Je suis une alouette en colère qui a le sentiment d’avoir été bernée par M. Trudeau », a déclaré l’animateur de la manifestation, le comédien Emmanuel Bilodeau.

Le gouvernement libéral a été élu avec la promesse d’aider le Canada à effectuer une transition vers le développement durable, y compris de l’Alberta, et non pas d’aider, avec des fonds publics si nécessaire, le développement de l’exploitation de l’un des pétroles les plus polluants de la planète, celui des sables bitumineux. Le premier ministre et député de la circonscription montréalaise de Papineau, Justin Trudeau, pourrait se le faire rappeler aux prochaines élections, a-t-il menacé.

Dans la foulée d’autres luttes au Québec

Le metteur en scène et militant environnementaliste Dominic Champagne a inscrit cette nouvelle lutte contre le projet de Kinder Morgan dans la suite logique d’autres batailles menées ces dernières années au Québec notamment contre les projets de terminal pétrolier à Cacouna, d’exploration pétrolière à l’île d’Anticosti, d’exploitation du gaz de schiste et d’oléoduc Énergie Est. « Nous gagnerons aussi cette bataille », a-t-il promis.

Le gouvernement Trudeau parle beaucoup de réconciliation lorsqu’il est question des peuples autochtones, a observé Melissa Mollen-Dupuis, Innue et représentante du mouvement Idle No More. S’il est sincère, « il doit entendre le “non” des membres des Premières Nations directement touchés par le projet », a-t-elle déclaré.

Le projet de pipeline de Kinder Morgan arrive cette semaine à un carrefour, la compagnie ayant fixé à jeudi 31 mai, la date limite à laquelle on doit lui avoir apporté la garantie qu’aucun obstacle ne viendra entraver son projet sans quoi elle pourrait purement et simplement l’abandonner. Favorable au projet, Ottawa a offert notamment à la compagnie texane de compenser les coûts financiers des éventuels obstacles politiques qu’elle pourrait rencontrer.

Dans l’Ouest, l’affaire oppose, entre autres, les gouvernements néodémocrates de l’Alberta (favorable) et de la Colombie-Britannique (réticent) qui n’ont pas hésité à recourir aux tribunaux et à une forme de guerre commerciale.