La FAO s’inquiète du manque d’information sur la pollution des sols

Un travailleur épand des pesticides dans un champ de blé à Liaocheng, dans l'est de la Chine. Selon la FAO, 16 % des sols chinois seraient pollués.
Photo: Agence France-Presse / Stringer Un travailleur épand des pesticides dans un champ de blé à Liaocheng, dans l'est de la Chine. Selon la FAO, 16 % des sols chinois seraient pollués.

Rome — La pollution des sols représente une menace importante, mais il n’existe que peu d’indicateurs permettant de connaître l’ampleur du phénomène, a déploré l’Organisation de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le rapport « Pollution des sols, une réalité cachée », publié mercredi (en anglais).

« L’industrialisation, les guerres, les activités minières et l’intensification de l’agriculture ont toutes contribué à la contamination des sols à travers le monde, tandis que l’urbanisation des villes a contribué à ce que le sol soit utilisé comme une sorte de déchetterie communale », a expliqué la FAO dans un communiqué.

Or, « la pollution des sols affecte la nourriture que nous mangeons, l’eau que nous buvons, l’air que nous respirons et la santé de nos écosystèmes », a rappelé Maria Helena Semedo, directrice générale adjointe de la FAO.

Études insuffisantes

Mais l’agence onusienne dénonce « d’énormes lacunes » quant aux études du phénomène, qui se sont jusqu’à présent limitées aux pays développés alors que « le peu que l’on sait inquiète ».

Ainsi, près de 80 000 sites au sol contaminé ont été recensés en Australie, 16 % des sols chinois sont pollués et il y a trois millions de sites potentiellement pollués dans la zone économique européenne et dans les Balkans occidentaux, relève le rapport « Pollution des sols, une réalité cachée ».

La pollution comprend les produits dangereux comme l’arsenic ou le plomb, des produits chimiques organiques et des produits pharmaceutiques comme les antibiotiques et les perturbateurs endocriniens. Elle réduit le rendement des cultures et les rend impropres à la consommation.

Le rapport relève plusieurs facteurs comme les ordures ménagères, qui étaient de 1,3 milliard de tonnes en 2012 dans le monde et devraient atteindre 2,2 milliards de tonnes d’ici à 2025, mais aussi l’industrie chimique, qui a produit pour la seule année 2015 en Europe 117 millions de tonnes de produits chimiques considérés comme nuisibles pour l’environnement

La FAO relève aussi la forte augmentation de l’utilisation de pesticides dans certains pays pauvres ces 10 dernières années : elle a été multipliée par quatre au Bangladesh, par six au Rwanda et en Éthiopie et par 10 au Soudan.

La production de fumier, qui peut contenir des quantités élevées de métaux lourds, d’organismes pathogènes et d’antibiotiques, a augmenté de 66 % depuis 1961, tandis que le long des routes goudronnées se propagent métaux lourds et hydrocarbures.