Le caribou forestier en trois points

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
Le caribou forestier a été désigné en 2002 comme espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le caribou forestier a été désigné en 2002 comme espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

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Une espèce menacée. Le caribou forestier, aussi nommé caribou des bois ou caribou boréal, a été désigné en 2002 comme espèce menacée par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC). « Il sert d’indicateur sur l’état de la santé de la forêt boréale, souligne Philippa Duchastel de Montrouge, chargée de la campagne forêt chez Greenpeace. Si le caribou forestier est menacé, on sait que notre forêt boréale est aussi menacée. » Son habitat est dégradé et fragmenté par l’activité humaine, notamment l’exploitation forestière et les chemins forestiers, qui engendre une réaction en chaîne dans l’écosystème et favorise l’arrivée de ses prédateurs.

La situation se dégrade.L’automne dernier, le gouvernement du Canada a dévoilé le Rapport sur les progrès de la mise en oeuvre du programme de rétablissement du caribou des bois. Il concluait que sa population, dans l’ensemble du pays, avait « continué de connaître un déclin » depuis 2012. Il notait que l’espèce était toujours présente dans 51 aires de répartition, mais que l’état de l’habitat s’était dégradé dans la plupart d’entre elles. « Il faut faire encore plus pour rétablir le caribou boréal, y compris mettre en place de solides plans par aires de répartition », peut-on y lire.

Le rôle des provinces. « Les provinces et les territoires n’ont pas pleinement respecté l’échéance du 5 octobre 2017 pour l’élaboration des plans par aires de répartition », soulevait le rapport fédéral, tout en notant certains progrès, notamment au Québec, où le gouvernement du Canada s’attend ce printemps à un deuxième volet du plan d’action provincial en la matière. Il est à noter que le gouvernement du Québec a annoncé, en novembre dernier, son intention de créer une aire protégée de 10 000 km2 dans la région de Manicouagan. « C’est une excellente solution, mais elle n’est pas parfaite », signale Alain Branchaud, directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP, section Québec), qui déplore que l’aire prévue omette un habitat au nord du lac Manouane et qu’il soit fragmenté autour de la rivière aux Outardes et de la rivière Mouchalagane.