Québec veut prioriser une alimentation locale et plus saine

Le gouvernement Couillard souhaite doubler la superficie en production biologique et favoriser l'implantation de pratiques durables en agriculture.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le gouvernement Couillard souhaite doubler la superficie en production biologique et favoriser l'implantation de pratiques durables en agriculture.

Le gouvernement Couillard dévoilera vendredi matin les détails de sa politique bioalimentaire, une stratégie qui doit notamment permettre de bonifier l’offre alimentaire québécoise, mais aussi d’améliorer les pratiques de l’industrie. Pour mettre en oeuvre cette politique, Québec a d’ailleurs inscrit des investissements de 349 millions de dollars dans le plus récent budget provincial.

Preuve de l’importance accordée au dévoilement de cette « Politique bioalimentaire gouvernementale 2018-2025 », le premier ministre Philippe Couillard sera accompagné de trois de ses ministres pour l’occasion, dont le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, et la ministre de l’Environnement, Isabelle Melançon.

À quelques mois des élections, le gouvernement souhaite donc démontrer que le secteur de la production, mais aussi celui de la transformation et de la distribution alimentaire doivent répondre davantage aux « attentes de consommateurs », mais aussi s’orienter vers un développement « durable ».

Axes d’intervention

Le plus récent budget du ministre des Finances, Carlos Leitão, contenait d’ailleurs un fascicule qui présentait le secteur bioalimentaire comme « une priorité économique et une occasion d’améliorer la santé des Québécois ».

Le gouvernement a du même coup promis des investissements de 348,7 millions de dollars sur cinq ans, et ce, pour la mise en oeuvre d’initiatives liées à cette politique bioalimentaire. Ces initiatives s’articulent autour de six « axes d’interventions ».

On prévoit ainsi 180 millions pour « accroître l’investissement en production et en transformation », dont 100 millions uniquement pour appuyer les entreprises et leur permettre de « répondre aux normes en matière de bien-être animal et d’efficacité énergétique ». Et dans le domaine de l’amélioration du « bien-être animal », les besoins d’investissement des entreprises sont « grands », reconnaît le gouvernement.

Offre alimentaire

Une enveloppe de 75 millions de dollars est aussi prévue pour la « transformation alimentaire », un montant de 63 millions doit permettre de « dynamiser » l’industrie bioalimentaire régionale et une enveloppe de 29 millions servira notamment pour des projets de recherche, par exemple en partenariat avec les universités.

Québec promet en outre de « favoriser une offre alimentaire québécoise plus saine et locale », à travers des investissements de 53,9 millions sur cinq ans.

Une enveloppe de 10 millions est prévue pour la promotion des aliments d’ici, en plus d’un montant de 15 millions pour le développement de marchés hors Québec.

Par ailleurs, dans la foulée du « Sommet sur l’alimentation » tenu en novembre dernier, le gouvernement a déterminé sept « cibles » à atteindre à l’horizon 2025.

Il est notamment question d’augmenter les exportations bioalimentaires du Québec, de bonifier le contenu « québécois » dans les produits vendus ici, de doubler la superficie en production biologique et de hausser la part des entreprises agricoles « ayant implanté des pratiques durables ».