Énergie nucléaire: le permis de Chalk River renouvelé pour dix ans

Le réacteur nucléaire de Chalk River est situé sur les berges de la rivière des Outaouais.
Photo: CC Padraic Ryan Le réacteur nucléaire de Chalk River est situé sur les berges de la rivière des Outaouais.

Malgré les craintes soulevées par des groupes citoyens et autochtones, les Laboratoires nucléaires canadiens viennent d’obtenir le renouvellement du permis d’exploitation du site de Chalk River, en Ontario, pour les 10 prochaines années, soit le double de la période de validité maximale habituelle.

La Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) a décidé d’acquiescer à la demande du consortium qui gère et exploite les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) et le site de Laboratoires de Chalk River. Selon les LNC, un permis d’une décennie était nécessaire pour développer « la stratégie à long terme » de l’entreprise.

Les LNC ont ainsi obtenu un permis valide jusqu’en 2028, afin de poursuivre l’exploitation du site situé à 180 kilomètres d’Ottawa, sur les rives de la rivière des Outaouais. Celui-ci compte des installations nucléaires, des laboratoires, des zones de gestion de déchets radioactifs.

Au cours de la décennie à venir, il est notamment prévu que le réacteur national de recherche universel, en exploitation depuis plusieurs années, « fera la transition de l’exploitation à l’état d’arrêt sûr. Il sera ensuite préparé pour le déclassement ».

« Diverses activités de déclassement, de gestion des déchets et de restauration de l’environnement sur le site seront aussi effectuées au cours de cette période d’autorisation », a aussi précisé la CCSN, dans sa décision.

Le président des LNC, Mark Lesinski, a évidemment salué la décision de la CCSN, tout en assurant que le site de Chalk River est exploité de façon à assurer la « sécurité » des installations et la protection de l’environnement.

Risques

Le renouvellement du permis, qui fera l’objet d’une « mise à jour de mi-parcours » en 2023 à l’occasion d’une réunion publique de la CCSN, a toutefois été critiqué par des groupes citoyens qui redoutent des impacts environnementaux découlant de l’exploitation du site de Chalk River.

« Il existe des risques de pollution bien réels, qui pourraient toucher directement la rivière des Outaouais. Mais malgré les risques, la CCSN a décidé de leur accorder un permis de dix ans, alors que le maximum était auparavant de cinq ans », a déploré le porte-parole du Regroupement pour la surveillance nucléaire, Gilles Provost.

Il a aussi rappelé que c’est sur ce même site de Chalk River que le consortium qui dirige les Laboratoires nucléaires canadiens souhaite construire un site d’enfouissement de déchets radioactifs. Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies se trouvent déjà en bordure de la rivière des Outaouais, et c’est pour en disposer de façon sécuritaire qu’un dépotoir nucléaire doit être construit, selon l’entreprise.

Le coût de ce projet situé à la surface du sol, et qui inclut une importante revitalisation des lieux, est estimé à 800 millions. Le bassin de la rivière des Outaouais fournit plusieurs municipalités québécoises en eau potable, dont Montréal.