Québec promet des millions pour les «aires protégées»

Photo: Alexandre Shields Le Devoir

Le Québec a peu de temps pour rattraper son important retard en matière de création d’aires protégées. Le gouvernement Couillard a toutefois bon espoir d’y parvenir en ajoutant un total de 40,9 millions de dollars au cours des cinq prochaines années, mais pour respecter les engagements pris sur la scène internationale pour 2020.

Le dernier budget libéral avant les élections fait donc le pari que le Québec parviendra à « respecter » les objectifs fixés dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique.

Un tel engagement signifie qu’il faudra faire passer le taux de protection des milieux marins de 1,3 % actuellement à 10 % en 2020. Quant aux « aires protégées » en zones terrestres, le taux devra passer de 9,4 % à 17 % d’ici deux ans.

Mais cet objectif ambitieux, porté depuis plusieurs années par les groupes environnementaux, pourrait se concrétiser, s’il faut en croire les mesures inscrites dans le Budget 2018-2019 du ministre des Finances Carlos Leitão.

Le gouvernement promet d’abord de mener des « consultations » dans plusieurs régions « en vue d’assurer l’acceptabilité sociale » des projets d’aires protégées. Québec s’engage aussi à soutenir les projets de protection des milieux naturels situés sur des terres privées, ce qui devrait accélérer la conservation dans le sud de la province.

Milieux marins

Pour atteindre ses objectifs, mais aussi pour assurer la « pérennité » des aires protégées qui doivent voir le jour, le gouvernement a prévu une enveloppe totale de 40,9 millions de dollars d’ici cinq ans.

Ce montant pourra notamment être utilisé pour bonifier les aires marines protégées, dont les superficies devront être multipliées par 10 d’ici 2020 pour espérer respecter les engagements du Québec sur la scène internationale.

D’ailleurs, le gouvernement propose de « cibler, de concert avec les communautés côtières, des projets d’aires marines protégées dans l’estuaire du Saint-Laurent ». Une mesure qui semble ouvrir la porte à de nouvelles mesures de protection de cette portion du Saint-Laurent, puisque le seul projet ciblé jusqu’ici dans l’estuaire est au point depuis près de 20 ans. Il devait permettre de protéger l’ensemble de l’habitat critique du béluga.

Les engagements inscrits par Québec confirment aussi que le gouvernement ne se contentera pas d’appliquer les mesures mises en place par le fédéral pour respecter ses engagements en matière de protection des milieux marins. Pour atteindre le taux de 10 %, Ottawa a décidé de créer des « refuges marins » dans le Saint-Laurent qui se limitent à des règles de gestion des pêches. Des mesures jugées nettement insuffisantes par les groupes environnementaux.

Par ailleurs, le plan budgétaire présenté mardi prévoit des investissements de 16,2 millions de dollars d’ici cinq ans afin d’appuyer les MRC « dans leurs efforts de protection des milieux humides et hydriques ».


Cinq millions pour lutter contre la carpe asiatique

Alors que la carpe asiatique semble en voie de s’installer dans le Saint-Laurent, le gouvernement du Québec a décidé de prolonger, mais aussi de bonifier le « programme » de lutte contre cette espèce invasive particulièrement dévastatrice. Le budget prévoit un montant de cinq millions de dollars sur trois ans, une somme qui suit un engagement de 1,7 million qui avait été pris en 2016, lui aussi pour une période de trois ans. Selon Québec, cette deuxième phase « permettra notamment de bloquer ou de limiter la propagation des carpes asiatiques non seulement dans le fleuve, mais aussi dans les eaux intérieures ».