McDonald’s promet de réduire ses émissions de gaz à effet de serre

La chaîne américaine, qui compte plus de 37 000 restaurants dans une centaine de pays, espère ainsi «empêcher» l’émission de 150 millions de tonnes de gaz à effet de serre d’ici 2030.
Photo: Andy Wong Associated Press La chaîne américaine, qui compte plus de 37 000 restaurants dans une centaine de pays, espère ainsi «empêcher» l’émission de 150 millions de tonnes de gaz à effet de serre d’ici 2030.

Après avoir été associé pendant des années à la déforestation, à la production agricole industrielle et à la culture de la malbouffe, le géant McDonald’s souhaite de plus en plus verdir son image. La chaîne de restauration rapide a donc promis mardi de réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Par voie de communiqué, McDonald’s a dévoilé les grandes lignes de sa « nouvelle stratégie de lutte contre les changements climatiques autour du globe ».

Celle-ci s’appuie principalement sur un engagement à réduire de 36 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) « liées à ses restaurants et ses bureaux » d’ici 2030, par rapport à 2015.

Pour y parvenir, les mesures envisagées incluent des changements dans l’éclairage, le recours à de l’équipement de cuisine « écoénergétique », l’utilisation d’emballages « durables » et le recyclage. Cette dernière pratique est pour le moment pratiquement inexistante, l’entreprise utilisant des quantités importantes d’emballages et de contenants à usage unique qui finissent dans les dépotoirs.

Production de viande

McDonald’s s’engage aussi à réduire de 31 % « l’intensité » de ses émissions (par tonne métrique d’aliments et d’emballages) au sein de sa chaîne d’approvisionnement d’ici 2030, toujours par rapport à 2015.

La multinationale, qui compte sur un important réseau de fournisseurs dans différentes régions du monde, « privilégiera les mesures portant sur les segments les plus marqués de son empreinte carbone », dont la production de boeuf.

La chaîne, qui compte plus de 37 000 restaurants dans une centaine de pays, espère ainsi « empêcher » l’émission de 150 millions de tonnes de gaz à effet de serre d’ici 2030. Ces émissions représentent près de deux années complètes d’émissions pour le Québec.

Il n’a toutefois pas été possible de savoir mardi ce que représentent ces réductions d’émissions, par rapport au total des GES liés à l’approvisionnement de McDonald’s et au fonctionnement de ses milliers de restaurants.

Il n’a pas non plus été possible de savoir quelles réductions concrètes de GES sont prévues dans l’approvisionnement, notamment pour la production de la viande achetée par la chaîne. L’entreprise n’a pas répondu aux questions du Devoir.

Cette question est d’autant plus importante que la production de chaque kilo de viande bovine, par exemple, produit en moyenne 27 kilos de GES, selon des données des Nations unies.

Les groupes écologistes interpellés par Le Devoir n’ont pas donné suite à nos demandes de commentaires sur les mesures de réduction de GES annoncées par McDonald’s.

Nous nous approvisionnerons de façon responsable, ferons la promotion de l'énergie renouvelable et de la consommation énergétique efficace, réduirons les déchets et accroîtrons le recyclage

 

Pour la planète

« Pour bâtir un meilleur avenir pour notre planète, nous avons tous un rôle à jouer. McDonald’s fournit sa part d’efforts en se fixant ce but ambitieux de réduire ses émissions de gaz à effet de serre dans la lutte contre les changements climatiques mondiaux », a souligné le président et chef de la direction de McDonald’s, Steve Easterbrook, dans une déclaration écrite publiée mardi.

« Pour atteindre ce but, nous nous approvisionnerons de façon responsable, ferons la promotion de l’énergie renouvelable et de la consommation énergétique efficace, réduirons les déchets et accroîtrons le recyclage », a-t-il ajouté.

« L’empreinte de McDonald’s touche toutes les parties du monde. Son annonce est importante parce qu’elle engage l’une des entreprises les plus importantes au monde à atteindre, dans l’étendue complète de sa chaîne d’approvisionnement, des réductions d’émissions notables fondées sur la science », a également réagi Carter Roberts, président et chef de la direction du World Wildlife Fund (WWF) aux États-Unis.

Déforestation

L’entreprise américaine a souvent été la cible de critiques de la part des groupes environnementaux, en raison de ses pratiques en matière d’approvisionnement.

McDonald’s est notamment associé à la multinationale Cargill, fournisseur de viande de boeuf et de poulet. Cette entreprise a souvent été montrée du doigt pour ses achats auprès de fournisseurs impliqués directement dans la déforestation en Amazonie.

L’an dernier, l’organisation Rainforest Action Network a également associé des fournisseurs de McDonald’s à la destruction des milieux naturels de l’Indonésie, pour faire place à la culture d’huile de palme, utilisée dans la fabrication de produits transformés.

McDonald’s a toutefois rappelé mardi avoir élaboré, en 2015, « un engagement sur les forêts qui s’attaque aux effets de la chaîne d’approvisionnement sur la déforestation ».