Un premier Sommet de la baie d’Hudson à Montréal

Les changements climatiques ont modifié la structure de la glace marine, essentielle pour les ours polaires mais aussi pour les habitants.
Photo: Paul J. Richards Agence France-Presse Les changements climatiques ont modifié la structure de la glace marine, essentielle pour les ours polaires mais aussi pour les habitants.

Des représentants des 27 communautés riveraines de la baie d’Hudson se réunissent pour la toute première fois, mardi à Montréal, dans le cadre d’un sommet consacré aux changements climatiques, à la protection de l’environnement et aux impacts du développement sur cette région vaste et complexe.

Les responsabilités sur la deuxième baie du monde en superficie sont partagées entre le Québec, l’Ontario, le Manitoba et le Nunavut, ainsi que le gouvernement fédéral. De plus, cette région est l’objet d’au moins cinq revendications territoriales, et certains accords bilatéraux se recoupent entre eux. Les délégués au sommet jetteront d’ailleurs les bases d’un Consortium de la baie d’Hudson, pour parler davantage d’une seule voix.

Selon Joel Heath, scientifique auprès de la Société des Eiders de l’Arctique, la baie d’Hudson est souvent la grande négligée de la vaste région de l’Arctique canadien. Les communautés de la baie d’Hudson sont isolées les unes des autres par des liaisons extrêmement difficiles : quelqu’un de la rive ouest doit mettre trois jours pour gagner un village de la rive est, soutient M. Heath. Les représentants se donnent d’ailleurs rendez-vous à Montréal parce qu’il sera plus simple de réunir tout le monde dans la métropole que dans un hameau ou une petite ville de la baie d’Hudson.

Cet éloignement n’empêche pas toutes ces communautés de faire face à des défis semblables, estime M. Heath. La baie et ses rives sont actuellement convoitées par trois grands projets de développement : le « Plan Nord » du Québec, le « Cercle de feu » de l’Ontario et le « Pont arctique » du Manitoba, liés à l’exploitation des minerais, à l’énergie, au tourisme et aux transports. Sans compter les projets de développement déjà en cours, qui ont modifié les écosystèmes.

Ainsi, les réservoirs d’Hydro-Québec retiennent au printemps de grandes quantités d’eau douce qui se déversait jadis dans la baie. La société d’État relâche plutôt cette eau en hiver pour faire tourner ses turbines et alimenter les voraces villes du Sud. Par ailleurs, les changements climatiques ont modifié la structure de la glace marine, essentielle pour les ours polaires mais aussi pour les habitants, qui l’utilisent afin de se déplacer et de chasser.

M. Heath a indiqué en entrevue que les délégués à ce premier Sommet de la baie d’Hudson discuteront notamment d’un réseau interrelié d’aires protégées, alors que le gouvernement fédéral tente d’atteindre d’ici 2020 son objectif de protéger 17 pour cent de ses terres et de ses eaux intérieures, et 10 pour cent de ses océans.

Les délégués discuteront aussi de la remise en état de zones riveraines, et d’un partage des données environnementales et climatiques recueillies par chacune des communautés.