L’UPA souhaite une approche globale pour protéger les terres agricoles

Etienne Plamondon Emond Collaboration spéciale
L’Union des producteurs agricoles s’oppose aux aménagements urbains sur des terres agricoles.
Photo: iStock L’Union des producteurs agricoles s’oppose aux aménagements urbains sur des terres agricoles.

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L’emplacement de la future gare de Mirabel sème la discorde. En décembre dernier, les deux gouvernements et l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) ont annoncé 1,3 million pour sa construction près de la rue Victor. Le problème ? Son aménagement empiète sur des terres agricoles, ce qui a entraîné l’opposition de l’Union des producteurs agricoles (UPA) au projet mené par la Ville. Le syndicat argue que la gare devrait plutôt être installée à un autre endroit de manière à protéger ces terres et à favoriser son accès par transport actif, plutôt que par voiture.

Pour Marcel Groleau, président de l’UPA, il s’agit d’un exemple concret des conséquences de l’absence d’une Politique nationale de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme. « Si on parlait de l’implantation de cette gare dans la perspective d’une Politique, elle ne serait pas installée dans cette zone, croit-il. Ça nous semble cohérent comme approche d’avoir une politique gouvernementale qui traite ces questions globalement plutôt que par projet, comme c’est le cas actuellement. C’est pour ça qu’on s’est joints à ce groupe [l’alliance ARIANE] pour revendiquer cette politique. »

L’UPA figure parmi les membres fondateurs de l’alliance ARIANE. Selon M. Groleau, une Politique nationale « serait une façon plus rapide d’arriver à des solutions que les mécanismes actuels, que la Commission de protection du territoire agricole du Québec, que la contestation et la signature par le ministère d’un schéma d’aménagement pour chaque municipalité. Le processus est très long présentement ».

L’UPA se préoccupe aussi des questions d’urbanisme, puisque l’étalement urbain et la cohabitation avec des zones résidentielles construites près des zones agricoles ont une répercussion sur les activités de ses membres. « L’immunité des pratiques agricoles dans les zones agricoles devrait faire partie d’une politique comme celle-là, souhaite M. Groleau. Les agriculteurs qui sont là depuis des dizaines d’années, voire des générations, ne devraient pas voir leurs pratiques agricoles limitées parce que la ville s’approche. » Il souligne que cette activité fait souvent l’objet de plaintes de la part de citoyens installés tout près. « On gère toujours à la pièce », déplore M. Groleau.