Des pistes pour résoudre les ratés du recyclage du verre au Québec

Quotidiennement, les Québécois consomment une multitude de produits vendus dans des contenants en verre, notamment des aliments achetés à l’épicerie, ainsi que des milliers de litres de vin ou d’autres liquides. À elle seule, la Société des alcools vend plus de 200 millions de bouteilles chaque année.

Or, à peine 14 % du verre récupéré dans les bacs et acheminé aux centres de tri est vendu « aux fins de recyclage ». Pourquoi ? Essentiellement parce que le verre déposé dans votre bac se brise dans le transport, contaminant ainsi les autres matières, tout en étant lui-même « pollué » par les autres compagnons du bac.

Les façons de faire actuelles nuisent au recyclage du verre, dont la quantité « générée » par les ménages québécois atteignait, en 2015, pas moins de 159 000 tonnes.

Pourrait-on améliorer ce bilan ? Oui, pense Recyc-Québec, citant le plan « Verre l’innovation », un projet d’Éco Entreprises Québec destiné à « moderniser » les centres de tri pour faciliter le traitement de cette matière. Dans le cadre d’un projet-pilote de 15 mois, cinq centres testent en ce moment des équipements donnant des résultats prometteurs.

La CSN et la FTQ ont aussi appelé, vendredi, à l’imposition d’une consigne sur les bouteilles de vin de la SAQ. Le gouvernement Couillard a promis d’étudier cette solution dans la foulée de la réforme en cours du système de consigne au Québec.

Bande à part

Mais le Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets (FCQGED) juge qu’avec son bac « pêle-mêle », le Québec fait bande à part.

Un système de « cloches » séparées, dans lesquelles les citoyens déposent les matières isolément, permettrait d’augmenter la qualité de la récupération, et donc du recyclage. Ce système est répandu en Europe, notamment en France.

Plus encore, le directeur général du FCQGED, Karel Ménard, croit que les lois du Québec devraient responsabiliser les fabricants en imposant le recours aux matières recyclables dans la fabrication des contenants. En 2017, une bonne part des contenants et emballages commerciaux n’est toujours pas recyclable.

63,6%
C’est le taux de récupération global du secteur résidentiel, selon Recyc-Québec
1 commentaire

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  • J-Paul Thivierge - Abonné 9 décembre 2017 14 h 27

    L'urgence de esponsabiliser la SAQ ... cloches de récupération

    J'ai fait installer un conteneur pour recycler le verre à la ville de St Bruno, ainsi des tonnes de verre sont recyclées et valorisées pour fabriquer de la laine de verre ou des ajouts au béton etc sans contaminer le papier ou le plastique qui sont mieux recyclés ailleurs.
    Selon moi, chaque magasin de la SAQ devrait faire installer un conteneur compartimenté où les citoyens déposeraient les bouteilles et pots de verre clair ou de couleur.
    Le verre est un ajout très utile pour améliorer la performance du béton et de l'asphalte qui deviennent plus solides et durent plus longtemps.