Gaspésie: un nouveau gisement contiendrait plus de 800 millions de barils de pétrole

Le projet Bourque, entamé dès 2012 par Pétrolia, a reçu des appuis politiques et financiers de la part du gouvernement Couillard.
Photo: Source Petrolia Le projet Bourque, entamé dès 2012 par Pétrolia, a reçu des appuis politiques et financiers de la part du gouvernement Couillard.

L’entreprise Pieridae Energy, qui vient de prendre le contrôle de Pétrolia, affirme que le gisement Bourque, situé en Gaspésie, pourrait contenir plus de 800 millions de barils de pétrole. Il s’agit d’un développement majeur pour ce projet, qui a toujours été présenté pour son potentiel en gaz naturel. Le gouvernement du Québec est le principal partenaire de l’entreprise dans le projet Bourque.

Par voie de communiqué, l’entreprise albertaine Pieridae Energy a annoncé jeudi une « mise à jour » concernant le projet Bourque, à la suite d’analyses portant sur un nouveau forage et des tests de production réalisés cette année.

Selon un rapport d’évaluation du projet Bourque rédigé par la firme Sproule — la même qui avait évalué le potentiel pétrolier d’Anticosti —, le « gisement » situé à l’est de Murdochville pourrait contenir un « volume de pétrole initialement en place » de 827 millions de barils de pétrole.

« Le rapport évalue à 90 % les chances que ce volume soit de 256 millions de barils [estimation basse] et à 10 % de chances que le volume soit égal ou supérieur à 1606 millions de barils [estimation haute] », a indiqué Pieridae Energy dans son communiqué. Cela signifie que l’estimation la plus optimiste fait état de la présence de plus de 1,6 milliard de barils de pétrole.

Ces estimations préliminaires « ne tiennent pas compte du facteur de récupération des hydrocarbures en place ni du caractère économique de leur développement éventuel », précise cependant le communiqué.

Appui du gouvernement

Le projet Bourque, entamé dès 2012 par Pétrolia, a reçu des appuis politiques et financiers de la part du gouvernement Couillard. L’entreprise Pétrolia a notamment reçu 12,3 millions de dollars pour développer ce projet d’exploration, par l'entremise du fonds Capital Mines Hydrocarbures, en plus d’avoir bénéficié d’un autre investissement de 9,4 millions dans le même projet de la part d’Investissement Québec.

Le gouvernement du Québec est d’ailleurs un partenaire majeur dans le développement de ce projet, à hauteur de 45 %, derrière Pieridae, qui détient une participation de 51,03 %.

En annonçant les investissements successifs du gouvernement, le premier ministre Philippe Couillard et l’ex-ministre de l’Énergie Pierre Arcand ont cependant toujours présenté le projet Bourque comme un bon projet pour le Québec, misant sur le fait que le gaz naturel pourrait représenter une source d’énergie de « transition ».

Du gaz au pétrole

L’annonce d’un important potentiel pétrolier constitue donc tout un revirement de situation. Jusqu’à présent, ce projet d’exploration a été présenté essentiellement pour son potentiel en gaz naturel conventionnel, même si Pétrolia a procédé à des forages horizontaux et a eu recours à des solutions d’acide pour la « stimulation » d’au moins un de ses puits sur le site Bourque.

Selon les prévisions présentées jusqu’à présent, il était question de construire un gazoduc pour relier le site d’exploitation au port de Gaspé, où le gaz naturel serait liquéfié à bord d’un usine flottante, avant son exportation par bateau.

Le communiqué publié jeudi ne précise toutefois pas quelle pourrait être la suite des choses pour le projet Bourque. L’entreprise de Calgary indique simplement que son « développement » éventuel « se fera dans le respect de l’encadrement législatif en vigueur au Québec et selon les plus hauts standards de l’industrie en matière de protection environnementale ».

En fusionnant avec Pétrolia, Pieridae a mis la main sur plusieurs permis d’exploration en Gaspésie.

14 commentaires
  • Michel Dubé - Abonné 23 novembre 2017 21 h 04

    Anticosti 2 ?

    On ouvre les vannes aux pétrolières pour les indemniser de leurs fausses prédictions!
    Petrolia? Ça me dit quelque chose!

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 24 novembre 2017 01 h 18

      En effet.

      Quelques mois après que le gouvernement de Jean Charest ait ordonné à Hydro-Quebec à céder ses droits d’exploration à Anticosti, Pétrolia annonçait que le sous-sol d’Anticosti renfermait l’équivalent de 40 milliards de barils de pétrole (cinq fois plus que dans ce cas-ci).

      À la suite de cette annonce, le prix des actions de Pétrolia bondissaient en bourse. Malheureusement, on avait oublié de dire que le coût d’extraction dépassait la valeur du pétrole extrait.

      À 100$ du baril, extraire 50 milliards$ de pétrole aurait coûté 120 milliards$.

      Et quand il est apparu évident que Pétrolia était dans un cul de sac, que ses droits d’exploration ne valaient rien, le gouvernement Couillard a ‘sauvé’ Anticosti en payant 20 millions$ pour racheter les droits que Pétrolia avait obtenus pour une bouchée de pain.

      Or la valeur capitalisée de Pétrolia était de 16,7 million$ en avril dernier. En d’autres mots, il aurait été plus économique d’acheter la pétrolière. Et encore moins cher de la laisser moisir dans son jus.

      Bref, l’annonce de cette découverte sent la magouille libérale à plein nez.

    • Claude Bariteau - Abonné 24 novembre 2017 11 h 48

      J'aimerai d'abord comprendre comment le Gouvernement du Québec, qui était le principal actionnaire de Pétrolia n'était pas l'actionnaire au commande de Pétrolia ?

      S'impose ici de préciser comment était structurée l'entreprise Pétrolia pour comprendre qu'après une assemblée annuelle à huit clos, elle se retrouve fusionnée Pieridia qui détient 51,03 % de particiation et le gouvernement du Québec soit devenu un partenaire majoritaire à la hauteur de 45 %.

      Questions :

      1) qui étaient les autres actionnaires de Pétrolia et comment pouvaient-ils être majoritaires sans être les principaux investisseurs ?

      2) quels ont été les gains de ces actionnaires secondaires ?

      3) quelle compensation ont-ils reçue en retour du transfert de propriété des permis de forage exploratoire obtenus pour une bouchée de pain par les actionnaires de Pétrolia ?

      4) que sont devenues les infrastructures financées à plus de 20 millions par des organismes du Gouvernement du Québec ?

      5) en clair, ces infrastructures sont-elles devenues la propriété de Périedae Energy pour une bouchée de pain ?

      6) quel montant Pieridae Energy a-t-elle injectée dans le projet Bourque pour réalisera « des forages horizontaux » en recourant « à des solutions d’acide pour la « stimulation » d’au moins un de ses puits sur le site Bourque ».

      7) en quoi ces forages horizontaux respectent l'encadrement législatif du Québec et les plus hauts standards en matière de protection de l'environnement.

      Sans des réponses claires à ces questions, il n'est pas possible d'y voir clair. En fait, il est surtout possible d'y voir des choses faites en coulisse et en cachette avec des fonds publics.

  • Brigitte Garneau - Abonnée 23 novembre 2017 21 h 49

    Et puis quoi!

    Est-ce qu'on va enfin arriver au XXIe siècle, se débarrasser des énergies fossiles et mettre de l'avant des énergies vertes et renouvelables!

    • Gaétan Fortin - Inscrit 24 novembre 2017 09 h 45

      Dès qu'une autre source d'énergie sera au point.
      D'ici là on continuera de propulser les voitures en
      pétrole.

      Il s'agit donc de savoir si, d'ici là, on roulera au
      pétrole albertain ou séoudien. Il serait bien
      préférable, me semble-t-il, que l'on roule au
      pétrole québécois.

      --

      PS : Je n'ai pas de voiture.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 novembre 2017 12 h 52

      Dans le réel, au XXIe siècle:

      En 2015 plus de 85% de l'énergie est de source fossile dans le monde (incluant le nucléaire)
      www.goo.gl/AwgRvv

      Le pétrole a 31.8% , le charbon 28.1, le gaz 21.6, le nucléaire a 4.9 l'hydro a 2.5, "biofuels/waste", et 1.5% l'éolien/solaire/géothermique.

      Un autre référence nous donne une plus grande place pour le bois (mais sont évaluation est plus approximative puisque du domaine de l'économie de proximité ou autosuffisant, et classable dans le biofuel)
      www.goo.gl/gqKcKA

      Portrait énergétique d'ici, fait par Ressource Naturelle Canada.
      Ressent, 2016-2017, et vraiment complet, une référence.
      www.goo.gl/bSuL8v

      Entre autre, portrait de l'évolution spécifique des énergies renouvelables ici de 2006 a 2015 (page 80)

      Ou encore l'étonnante utilisation du bois de chauffage, cette presqu'inconnue...(page 110)

      Bref, le siècle a encore les deux pieds bien plantés, et jusqu'au épaule, dans le fossile. Le changement ne se fera pas en terme d'année, mais en terme de plusieurs décennies.

  • André Tremblay - Abonné 23 novembre 2017 21 h 52

    AH !!!!

    Pour faire quoi ? Quand la planète entière veut sortir du pétrole ? Et quand est-ce que ce sera exploitable ? Dans dix ou quinze ans alors que nous serons rendus dans les énergies alternatives.
    "Le gouvernement du Québec est le principal partenaire de l’entreprise dans le projet Bourque."
    Est-ce encore une nouvelle lubie de Couillard ?

    • Jean-Yves Arès - Abonné 24 novembre 2017 12 h 12

      Vouloir sortir du pétrole peut être la mode pour la démonstration de bonnes intentions, mais dans le réel presque tout notre confort de vie repose sur de l'énergie facile et pas trop cher. De l'énergie facile c'est celle qu'on oublie, celle dont on ne s'aperçoit plus de sa présence tellement elle est incrustée dans notre quotidien.

      Qui voie les litres de pétrole qui ont été requis pour faire remplir ses sacs d'épicerie?
      Qui voie les litres de pétroles qu'il vient de carburé pour aller faire son épicerie?

      Et on ne parle du baril qu'il a fallu pour une petite vacance dans le sud a sauvette en plein année scolaire.

      Faudrait peut-être que le pétrole ne se vende qu'en petit réservoir de 10 litres que l'on verse a l'entonnoir dans son auto pour être bien conscient le plein de la voiture ce n'est une activité virtuelle et immatérielle.
      Que le voyage en avion soit comme les resto qui vous demandent d'apporter votre vin, -: apportez votre pétrole qu'on remplisse les réservoirs avant de partir. Les plus gros transporteurs en requièrent 80 tonnes, soit quelques 600 barils...

      Le festival des bonnes intentions que l'on retrouve dans les médias ne trouve pas beaucoup d'écho dans le réelle. Du moins, et au mieux, on en voie apparaitre mais conditionnelle d'aucune perte de confort, et toujours parce que quelqu'un en tire un bon profit, et que la croissance soit maintenue.

    • André Joyal - Inscrit 24 novembre 2017 19 h 08

      Monsieur J.Y Arès: vous feriez un très bon prédident d'une chambre de commerce. Vous possédéz le discours requis.

  • Jean-Pierre Lusignan - Abonné 24 novembre 2017 04 h 00

    Les élections s'en viennent!

    Le gouvernement du Québec nous refait le coût d'Anticosti, et ceci, toujours avec notre argent. Notez le conditionnel (« pourrait contenir....») et l'absence d'indication sur la méthode d'exploration et d'extraction. On tait aussi le prix des installations ferroviaires, routières et portuaires dont on aura besoin pour acheniner ce pétrole et les conséquences de son extraction sur l'eau potable et l'environnement. Le pactole!

  • Marie Nobert - Abonnée 24 novembre 2017 04 h 00

    «Les pétroleuses» et l'odeur vespasienne (!)

    «L'argent n'a pas d'odeur.» 800 millions de barils!? Vraiment?! De mémoire, au début de cette décennie le Québec importait environ (voire plus) 300K barils/jour. Bref. Il est vrai que toutes taxes confondues et calculées selon un savant calcul (3¢/litre pour le «grand Mo'tréal» en plus) ça fait saliver tous les «z'États» obérés du Canada. Je repose la question. «Ça coute combien un gouvernement?» «Z'êtes pas tannés...»(!) Et si, collectivement, on nettoyait les «z'écuries» souillées (pour cause d'«incurie(s)»); qu'on se débarassait démocratiquement par le vote citoyen du «vulgaire»! Je rêve. Bienvenue au Canadabistan. Misère. Elle est où «la Fronde» pacifique et noble? Je cauchemarde.

    JHS Baril