TransCanada ferme provisoirement son oléoduc Keystone après une fuite de pétrole

Avec Keystone XL, l’objectif de TransCanada est de transporter quotidiennement 830 000 barils de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux raffineries du Texas.
Photo: Jeff McIntosh Archives La Presse canadienne Avec Keystone XL, l’objectif de TransCanada est de transporter quotidiennement 830 000 barils de pétrole des sables bitumineux de l’Alberta jusqu’aux raffineries du Texas.

L’opérateur canadien TransCanada a annoncé jeudi la fermeture provisoire de son oléoduc Keystone entre le Canada et les États-Unis en raison d’une fuite de pétrole détectée dans l’État américain du Dakota du Sud.

Environ 5000 barils de pétrole se sont déversés à l’aube de l’oléoduc pour une raison encore inconnue, a indiqué dans un communiqué TransCanada.

L’entreprise de Calgary soutient que des employés ont fermé l’oléoduc jeudi matin après avoir détecté une baisse de pression. La fuite a eu lieu à Marshall County, près de la frontière avec le Dakota du Nord.

Une enquête est en cours et TransCanada a mobilisé ses équipes d’urgence sur le site et contacté les régulateurs américains.

La fuite a forcé TransCanada à fermer sine die son oléoduc de 4324 km de long entre l’Alberta et les terminaux de brut de Cushing, en Oklahoma, et de Patoka dans l’Illinois.

Les autorités estiment que la fuite n’a pas affecté les cours d’eau ou menacé les sources d’eau potable, a fait savoir le scientifique de l’environnement Brian Walsh, du département de l’Environnement et des Ressources naturelles du Dakota du Sud.

Vote à venir
Ce déversement survient quatre jours avant un vote déterminant de la régie des services publics du Nebraska, qui devrait décider lundi si elle autorise TransCanada à aller de l’avant avec son projet d’oléoduc Keystone XL. Ce vote pourrait constituer la dernière étape réglementaire importante pour ce projet de 8 milliards, que le président américain, Donald Trump, a déjà appuyé.
 

Au printemps, Donald Trump avait donné son feu vert à la construction de l’oléoduc controversé Keystone XL auquel son prédécesseur Barack Obama avait mis son veto.

Le Sierra Club a réagi à la fuite en exhortant la régie du Nebraska à rejeter le projet Keystone XL.

Les opposants à Keystone XL soutiennent que l’oléoduc de TransCanada traverserait les dunes couvertes d’herbes de Sandhills, un écosystème fragile, mais aussi les terres d’agriculteurs et d’éleveurs de bovins qui n’en veulent pas.
 

L’oléoduc acheminerait du pétrole des sables bitumineux de l’Alberta à travers le Montana et le Dakota du Sud jusqu’au Nebraska. Keystone XL joindrait alors un réseau d’oléoducs existants qui se rendent jusqu’aux raffineries du Texas, sur le golfe du Mexique.
 

« Ultimement, la responsabilité du nettoyage du site revient à TransCanada et ils vont devoir le nettoyer en respectant la réglementation de l’État », a indiqué Brian Walsh.

De l'Alberta à l'Oklahoma
L’oléoduc transporte du pétrole brut depuis l’Alberta vers des raffineries de l’Illinois et de l’Oklahoma en passant à travers les Dakota, le Nebraska, le Kansas et le Missouri. Il peut transporter près de 600 000 barils ou près de 76 millions de litres de pétrole par jour.

Sur son portail web, TransCanada prétend avoir transporté de façon sécuritaire plus de 1,5 milliard de barils ou environ 238 milliards de litres de pétrole depuis la mise en place de l’oléoduc en 2010.

TransCanada a confirmé par communiqué que le pipeline allait demeurer hors fonction jusqu’à ce que la fuite soit colmatée. Aucun échéancier n’a été avancé.

Une fuite de quelque 64 000 litres dans le sud-est du Dakota du Sud avait forcé une interruption de service d’une semaine en avril 2016.

TransCanada avait alors déclaré qu’il s’agissait de la première fuite détectée sur l’oléoduc, mais d’autres fuites avaient été observées aux stations de pompage. L’une d’elles avait laissé échapper 53 000 litres de pétrole dans le Dakota du Nord en mai 2011.

Avec l'Agence France-Presse

2 commentaires
  • Gilles Bonin - Inscrit 16 novembre 2017 23 h 57

    Honnnn!

    Ce n'est en effet pas beau pour ce supertransporteur de pure pollution... bon enfin ça a pété chez nos chers amis du sud qui aiment tant le pétrole pour faire America Great Again...

  • Jacques Morissette - Inscrit 18 novembre 2017 07 h 50

    Les pétrolières et la pensée magique.

    Après avoir écouté Enquête de jeudi dernier à la télé de Radio-Canada, il semble que dans un horizon proche, nous voulons coloniser et habiter la planète Mars. Du moins, c'est ce qui est anticipé par certains. Les pétrolières ne semblent pas trop s'en faire avec l'environnement, à leurs façons de jouer à l'aveugle. Les pétrolières et les autres, après avoir tout dévasté sur la Terre, vouloir aller sur Mars pourrait ressembler à une fuite par en avant.

    L'astronaute Julie Payette, nouvelle Gouverneure générale au Canada, à l'émission Enquête, a dit qu'elle ne comprend pas, l'idée un peu folle d'envisager vouloir aller sur Mars. Nous ne respectons pas la Terre en ce moment, pense-t-on que l'on changerait sur Mars? Tout bien considéré, il faudrait apprendre à mieux vivre sur terre, avant d'envisager une solution aussi insensée que cela.

    Soit dit en passant, la seule raison de ces intentions de vouloir aller sur Mars est que ça fait circuler de la grosse argent en ce moment sur Terre. C'est une fois de plus, la main-mise du capitalisme qui a radicalement changé, selon l'auteur Benjamin Barber qui a écrit Comment le capitalisme nous infantilise. À l'origine associé à des vertus. Il a fondé la démocratie entre autres. Il est en train de se muer aujourd'hui en son contraire.