Couillard refuse de se prononcer sur la faisabilité de la ligne rose de métro

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux (au premier plan), et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à Montréal, lundi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux (au premier plan), et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, à Montréal, lundi.

Le premier ministre Philippe Couillard a salué lundi l’élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal, au terme d’une campagne qu’il a qualifiée de « positive ». Mais le chef libéral n’a pas voulu se prononcer sur la possibilité de réaliser le projet phare d’infrastructure de Projet Montréal, la ligne rose du métro.

M. Couillard a ainsi refusé de dire si le projet d’une cinquième ligne de métro était selon lui réaliste. « Nous avons beaucoup de projets en cours actuellement. Je vais en discuter avec Mme Plante », a-t-il simplement répondu, dans le cadre d’un bref point de presse à Montréal.

Le premier ministre, qui a eu un entretien avec la nouvelle mairesse de Montréal lundi matin, a toutefois dit qu’il a eu l’occasion de discuter de « mobilité durable » avec Mme Plante. « On va faire avancer tout le dossier de la mobilité durable avec elle. »

Il a d’ailleurs rappelé que le gouvernement du Québec travaillait présentement à la réalisation du Réseau électrique métropolitaine de la Caisse de dépôt, un projet évalué à six milliards de dollars, mais aussi au prolongement de la ligne bleue du métro.

Six milliards

Le projet de ligne rose de métro a été évalué à environ six milliards de dollars par Projet Montréal. Au total, il compterait 29 stations qui seraient construites en deux phases, à partir de 2021. Il permettrait de relier Montréal-Nord à Lachine.

Au moment de présenter l’évaluation des coûts du projet, Valérie Plante avait fait valoir qu’un tel chantier nécessiterait de négocier du financement des gouvernements fédéral et provincial. Mais « le statu quo n’est plus possible sur l’île de Montréal », a-t-elle soutenu. « Le réseau actuel ne peut plus supporter autant de trafic sans qu’on trouve des solutions durables. »

Il faut rappeler que le dernier grand projet lié au métro de Montréal, soit le prolongement vers Laval, a connu des dépassements de coûts majeurs. La facture pour l’ajout de trois stations est ainsi passée de 179 millions de dollars à 745 millions de dollars.

Quant au prolongement de la ligne bleue, le projet pourrait coûter plus de trois milliards de dollars, soit près du double de ce qui avait été présenté dans une étude de l’Agence métropolitaine de transport, en 2013.

Campagne positive

Projet Montréal a promis, en campagne électorale, d’ajouter 300 autobus hybrides d’ici 2020 pour la Société de transport de Montréal. Est-ce financièrement possible ? « Nous allons en discuter avec elle. Nous ne prendrons pas cette décision-là ce matin sur le trottoir », a dit M. Couillard.

Le chef libéral a par ailleurs réaffirmé que le transport collectif est une « priorité » pour son gouvernement. Il a ainsi promis d’être un « partenaire » de tout « projet structurant » qui lui serait soumis, que ce soit à Montréal ou à Québec.

En saluant l’élection de Valérie Plante, Philippe Couillard a souligné que cette dernière a mené une « campagne positive » au cours de laquelle elle a présenté « de la substance et de l’espoir, avec le sourire ». En ce sens, a-t-il ajouté, l’élection d’une équipe progressiste à la mairie de Montréal témoigne d’une « société en changement ».

2 commentaires
  • Normand Bélair-Plessis - Inscrit 6 novembre 2017 16 h 20

    Le refus usuel

    À quand remonte la fois que M. Couillard a osé prendre une décision sur une bonne idée?
    Il doit d'abord consulté ses petits amis pour voir qui va pouvoir obtenir le contrat dans sa grande famille libérale et ainsi ne pas laisser la libre concurrence en bénéficié.
    Voyons ca serait trop simple autrement!
    Et le projet de 6 milliards, vous savez nous ne sommes pas dans l'obligation de la faire en deux ans! On peut le faire sur 28 ans, une station par année...

  • Louise Chevrier - Abonné 7 novembre 2017 04 h 01

    Vive la ligne rose!

    Notre famille habite Montréal-Nord depuis 1965.
    Mon père, farouche partisan du transport en commun, disait souvent avoir payé des taxes à la communauté urbaine de Montréal toute sa vie sans jamais avoir eu droit à une station de métro à proximité.
    Quand j'ai vu la pancarte avec le symbole de la ligne rose à l'angle Léger-Larcordaire, à proximité de la demeure familiale, mon coeur a bondi ! Une pensée pour mon père décédé il y a bientôt deux ans, en imaginant sa joie.
    Je rend grâce à l'audace de Valérie Plante. Je me réjouie pour les citoyens de l'est de Montréal. Il suffirait à ces messieurs en complet-veston de se taper le circuit d'autobus, entassés comme des sardines pendant de longues minutes pour en comprendre l'urgente nécessité.