Questerre mousse son projet de «gaz propre» au Congrès de l’APGQ

À terme, Questerre veut pouvoir avoir recours à de nouveaux procédés et à de nouvelles technologies qui marqueront une avancée significative.
Photo: Jens-Ulrich Koch / Marie Heuclin / Agence France-Presse À terme, Questerre veut pouvoir avoir recours à de nouveaux procédés et à de nouvelles technologies qui marqueront une avancée significative.

Une pétrolière albertaine profitera du congrès annuel de l’industrie des hydrocarbures québécoise, qui s’ouvre dimanche à Montréal, pour mousser son « projet de gaz propre » pour le Québec.

Ce projet de l’entreprise Questerre, le « Clean Gas initiative », vise ultimement à exploiter des réserves de gaz naturel notamment dans les régions de Lotbinière et de Bécancour. Les visées de la pétrolière coïncident avec la toute récente déclaration du nouveau ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, selon laquelle le Québec aurait tort de ne pas exploiter ses hydrocarbures et de se priver des revenus qu’ils pourraient générer.

La première étape du projet « Clean Gas initiative » consiste à préparer une étude exhaustive, tenant compte de tous les impacts du développement de l’industrie du gaz naturel, en se fixant comme objectif de les « réduire dramatiquement », comme l’a résumé le président de Questerre, Michael Binnion, dans une entrevue avec La Presse canadienne.

L’étude se penchera sur tous les types d’extraction, entre autres la fracturation hydraulique, un procédé controversé qui consiste à fissurer le couvert rocheux à l’aide d’un fluide sous pression pour accéder aux gisements.

Le congrès de l’industrie, regroupée dans l’Association pétrolière et gazière du Québec (APGQ), se déroulera jusqu’à mardi dans un hôtel montréalais et consacrera un atelier au projet de Questerre.

« Ce n’est pas de la promotion, nous faisons de vraies études et de vrais progrès », a affirmé M. Binnion, qui est également président de l’APGQ. Ce genre de « projet de gaz propre » existe déjà dans d’autres pays, comme la Norvège et les États-Unis, a-t-il poursuivi.

 

Il s’agira d’une étude technique et de faisabilité, une démarche « indépendante », a précisé M. Binnion, menée par des ingénieurs, des techniciens, des entreprises de services mandatées par Questerre, qui compileront notamment un vaste corpus de données qui existe déjà, par exemple sur les centaines de puits qui ont déjà été forés au Québec.

Ce ne sera pas un exercice seulement théorique, mais il ne sera pas nécessaire d’exiger des autorisations supplémentaires des autorités gouvernementales pour effectuer le travail sur le terrain, a spécifié le grand patron de Questerre.

Des dizaines de spécialistes oeuvreront sur ce projet, « les meilleurs ingénieurs, les meilleures entreprises », a-t-il ajouté, pour plusieurs mois.

À terme, Questerre veut pouvoir ainsi avoir recours à de nouveaux procédés et à de nouvelles technologies qui marqueront une avancée significative par rapport aux anciens.

« Si l’étude de faisabilité est positive, il n’y a pas de raison de ne pas la mettre en oeuvre » à des fins d’exploitation, a résumé M. Binnion.

Acceptabilité sociale

Immanquablement, l’enjeu de l’acceptation par les populations va s’imposer, après des années de controverses sur les gaz de schiste et d’opposition féroce de militants écologistes.

D’entrée de jeu, le dirigeant de Questerre a déclaré que « nous n’irons pas travailler dans les communautés qui ne veulent pas », tout en ajoutant : « Nous serons heureux de travailler avec les municipalités qui sont intéressées par les résultats [de l’étude] et de nous pencher sur les enjeux qui les préoccupent, la qualité de l’eau », etc.

L’organisation écologiste Greenpeace a contesté le bien-fondé de l’exercice de Questerre en plus de le tourner en ridicule. Selon son porte-parole, Patrick Bonin, l’industrie pétrolière veut simplement se donner un « nouveau visage » pour arriver aux mêmes fins, c’est-à-dire extraire les gaz de schiste avec la fracturation hydraulique, une technique bannie dans plusieurs pays.

M. Bonin s’est moqué de l’appellation « clean gas » (« gaz propre »), en la comparant à celle de « clean coal » (« charbon propre »), utilisée par l’industrie américaine.

6 commentaires
  • Marc Durand - Abonné 30 octobre 2017 08 h 24

    Gaz propre? - Un gros mensonge

    Le gaz de schiste obtenu par fracturation hydraulique n'a jamais été et ne sera jamais du gaz propre, ni même du gaz « naturel ». Si les gisements conventionnels de gaz naturel peuvent dans certains cas être considérés moins polluants que les mines de charbon, il en va tout autrement dès qu'on se tourne vers les gisements non-conventionnels. En effet la très faible efficacité du processus de récupération du gaz disséminé dans le schiste en devant fracturer l'ensemble de la masse du roc par la technique hydraulique, résulte en une foule d’impacts majeurs sur l’environnement. Le gaz obtenu par fracturation hydraulique a un impact en termes de gaz à effet de serre, pire que celui du charbon. C’est en analysant toutes les étapes de la chaine complète de production dans les diverses sources d’énergie qu’on obtient des données scientifiques objectives. Présenter le gaz qu’on extrairait éventuellement du shale d’Utica comme du gaz propre constitue une fraude intellectuelle, à ranger avec le « clean coal - charbon propre » dans la bibliothèque des vérités alternatives de Donald Trump.

    Marc Durand, doct-ing en géologie appliquée et géotechnique

  • Danielle Houle - Inscrite 30 octobre 2017 10 h 56

    J'accuse

    J'accuse ce gouverne-ment de harcèlement auprès des populations rurales!

  • Linda Dauphinais - Inscrit 30 octobre 2017 11 h 33

    Une honte, une calamité ce gouvernement...

    Au lieu d'abaisser les taux de CO2, ils encouragent l'augmentation... Quel confusionnisme érigé en système... Gouvernement ne pensant qu'à l'argent et aux petits amis et non au bien-être des citoyens... Ce ne sont pas les citoyens qui sont représentés mais plutôt les compagnies...

    Lecture du communiqué de la RVHQ ...
    https://www.rvhq.ca/communique-le-rvhq-reagit-aux-propos-recents-du-ministre-moreau-et-au-programme-de-la-conference-2017-de-lapgq/

  • Jean Santerre - Abonné 30 octobre 2017 14 h 19

    Tout comme le diesel propre!

    Au moins le diesel est propre lui....non, j'oubliais, 40 fois l'émission permise avec toute la supercherie d'une transnationale puissante VW.

    Pire certains le croient encore.
    C'est probablement ce qu'espère M. Moreau à propos du gaz propre.

    En plus des particules fines, des HAP, du benzène, du souffre et de tous les déchets produits de l'exploration à la consommation.


    Moreau devrait savoir qu'il s'adresse à des gens intelligents capables de distinguer le mensonge de la vérité.

  • Daniel Grant - Abonné 30 octobre 2017 22 h 56

    Gaz propre est un oxymoron, comme le diésel propre de Volkswagen

    Cher M. Moreau, ministre de l’énergie.

    Ne vous trompez pas M. Moreau ce ne sont pas seulement les écologistes qui trouvent que votre loi 106 est criminelle.
    L’environnement c’est l’affaire de tous.

    Toute communauté bien ordonnée s’attend à ce que les élus agissent selon le principe de précaution pour ne pas mettre en péril le bien publique.

    Quand on vous voit fraterniser avec cette industrie criminelle du pétrole, avouez qu’il y a de quoi à inquiéter la population, et les gens que vous voyez manifester sont des gens ordinaires qui craignent de se faire déposséder de leur territoire par ces destructeurs, alors heureusement qu’il y a les écologistes pour faire la lumière sur la face cachée du pétrole.

    Vous ne pouvez plus berner les gens avec de belles photos d’installations de gaz méthane qui ont l’air aussi propres que si c’était du sirop d’érable.
    Montrez donc la vérité sur les désastres environnementaux de la fracturation.
    (Voir "Gasland")

    Les gens sont informés maintenant et nous avons passé le temps où les pétrolières pouvaient nous demander de leur faire confiance. Nous avons tous cru à cette supercherie planétaire du pétrole.

    Il est très bien documenté maintenant qu’il s’agit d’une industrie guerrière et délinquante qui n’a AUCUN respect pour l’environnement donc aucun respect pour les conditions d’existence de l’humanité.

    Les solutions propres existent aujourd’hui et on a plus l’alibi de l’ignorance.

    Seulement 2 heures de soleil en décembre, sur 1% du territoire du QC suffit pour alimenter en électricité tout le QC pour un an.

    La planète terre EST un panneau solaire.