TransCanada annonce la fin du projet Énergie Est

Russ Girling explique que TransCanada ne poursuivra pas ses démarches pour le projet Énergie Est et pour le Réseau Principal Est.
Photo: Mike Ridewood La Presse canadienne Russ Girling explique que TransCanada ne poursuivra pas ses démarches pour le projet Énergie Est et pour le Réseau Principal Est.

La pétrolière albertaine TransCanada a annoncé jeudi matin qu’elle met fin au projet de pipeline Énergie Est, qui devait transporter chaque année plus de 400 millions de barils de pétrole. Le projet avait soulevé une vive controverse au Québec depuis son annonce officielle, en 2014.

Dans un communiqué publié jeudi matin, le président et chef de la direction de TransCanada, Russ Girling, explique la décision par les résultats d’une analyse approfondie des nouvelles exigences liées au projet.

 

M. Girling ajoute que TransCanada avisera l’Office national de l’énergie (ONE) qu’elle ne poursuivra pas ses démarches pour les projets Énergie Est et Réseau principal Est (qui devait transporter du gaz naturel), et que ceux-ci seront retirés du processus d’examen environnemental entrepris par le ministère québécois du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Décision inéluctable

Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a réagi en soulignant qu’à son avis, la suspension du projet, au début du mois de septembre, donnait le signal que TransCanada se dirigeait « inéluctablement » vers un abandon pur et simple.

« Est-ce que ça vous enlève une épine au pied ? » ont demandé les journalistes. M. Arcand n’a pas voulu répondre, se contentant de rappeler que le projet avait connu plusieurs « tergiversations » au fil des mois. Ce dernier avait déjà plaidé pour la construction du pipeline.

Interpellé lui aussi à l’Assemblée nationale, le ministre des Finances, Carlos Leitão, a simplement dit : « Ça me laisse indifférent. » Il faut dire que le projet de pipeline Énergie Est était conçu essentiellement pour l’exportation de pétrole albertain et de pétrole de schiste américain, et non pour le raffinage au Québec.

Il n’a d’ailleurs jamais été possible de savoir quelle quantité de ce pétrole aurait été raffinée au Québec. Selon les données de TransCanada, plus de 80 % du pétrole devait être directement exporté à l’état brut, par bateau, à partir d’un port du Nouveau-Brunswick. À terme, le projet de pipeline devait créer 33 emplois permanents au Québec, selon les données de la multinationale albertaine.

Voyez la réaction du ministre Heurtel.

 

 

Ottawa appuie les pipelines Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Jim Carr, a pour sa part tenu à rappeler que le gouvernement de Justin Trudeau « appuie fermement le secteur énergétique », puisque celui-ci « représente une source d’emplois de qualité pour la classe moyenne ».

Ottawa a approuvé deux importants projets de pipelines au cours de la dernière année, a insisté M. Carr. Il y a d’abord le projet Trans Mountain, qui fait face à une contestation judiciaire sur la côte ouest, notamment de la part du gouvernement de la Colombie-Britannique. Il y a aussi le remplacement de la Ligne 3, un pipeline d’Enbridge qui traverse la frontière américaine. Ces deux pipelines pourraient permettre d’exporter chaque jour 1,65 million de barils de pétrole des sables bitumineux.

Enfin, le gouvernement Trudeau a appuyé le projet Keystone XL, de TransCanada, soutenu par le président Donald Trump. La pétrolière doit d’ailleurs décider sous peu si elle lance les travaux en vue de la construction de ce pipeline, qui doit transporter chaque jour 830 000 barils vers les raffineries du sud des États-Unis.

Selon les plus récentes prévisions de l’Association canadienne des producteurs pétroliers, la croissance de la production doit se poursuivre au cours des prochaines années, pour atteindre 5,1 millions de barils en 2030, dont 3,7 millions provenant des sables bitumineux.

Études environnementales
Le ministre de l’Environnement du Québec, David Heurtel, a souligné jeudi que la « relation » des citoyens avec les énergies fossiles avait évolué depuis le dépôt initial du projet, en 2013.

« Ce que ça démontre, c’est que nous avons beaucoup évolué dans notre relation au pétrole, mais aussi dans le domaine de la lutte contre les changements climatiques et de la nécessité de passer à d’autres formes d’énergies, a fait valoir M. Heurtel. Lorsqu’on regarde ce qui se passe dans le monde, on constate que les investissements dans les énergies fossiles sont beaucoup moins importants que ceux dans les énergies renouvelables. »

Selon le ministre Heurtel, « ce projet n’a pas été très bien expliqué aux Québécois ». Qui plus est, a-t-il insisté, une entreprise qui présente un projet aussi controversé « ne peut pas faire fi des lois et des règlements en vigueur dans les provinces ».

Or, TransCanada avait refusé au départ de réaliser une étude d’impact pour son projet en vertu de la législation environnementale québécoise. La Loi sur la qualité de l’environnement prévoit pourtant que tout pipeline de plus de deux kilomètres doit être soumis à une telle procédure.

Il aura fallu une première demande d’injonction, déposée au début de 2016 par des groupes environnementaux, puis une autre présentée par le gouvernement du Québec, pour que la pétrolière accepte de le faire.

Cette étude d’impact au Québec n’était d’ailleurs toujours pas terminée, a souligné jeudi le ministre Arcand. Elle aurait mené à des audiences sous l’égide du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement. Le processus d’examen fédéral du projet a lui aussi connu des ratés. L’Office national de l’énergie a dû reprendre le processus depuis le début, après le désistement des commissaires qui menaient l’étude. Deux de ceux-ci avaient en effet rencontré Jean Charest lorsque ce dernier était consultant pour TransCanada dans le cadre du projet Énergie Est.

Écologistes ravis
Les groupes environnementaux ont rapidement et unanimement salué la décision de TransCanada d’abandonner le projet de pipeline Énergie Est jeudi matin.

« Si ce projet tombe, c’est parce que des citoyens et des juristes ont réussi à faire la lumière sur ses risques importants pour notre eau, nos terres et notre climat, et qu’il est incompatible avec notre droit de vivre dans un environnement sain », a fait valoir la directrice du Centre québécois du droit de l’environnement, Karine Péloffy.

C’est cet organisme qui avait contesté en cour la décision de TransCanada de mener des travaux à Cacouna, au coeur de l’habitat du béluga, en vue de la construction d’un port d’exportation. Après avoir mené des levés sismiques sans autorisation du Québec, le gouvernement Couillard a imposé l’amende minimale prévue par la loi, soit 5000 $.

« La réalisation d’Énergie Est aurait rendu à peu près impossible l’atteinte des objectifs de l’Accord de Paris par le Canada en ajoutant l’équivalent des émissions de GES de sept millions de voitures. L’arrêt de ce projet est une bonne nouvelle à la fois pour nos communautés et pour l’environnement », a déclaré pour sa part Steven Guilbeault, directeur principal d’Équiterre.

Farouche opposant au projet de pipeline, le maire de Montréal, Denis Coderre, a qualifié l’abandon de « victoire extraordinaire ». « Je suis très fier », a-t-il ajouté, en saluant la protection de l’environnement de la région. La Communauté métropolitaine de Montréal, qui compte 82 municipalités, s’opposait aussi au projet, notamment en raison des risques pour l’eau potable en cas de déversement.

Projet majeur
Le pipeline Énergie Est, un projet dont la valeur a été évaluée à 15,7 milliards de dollars, devait acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux, en vue d’une exportation vers l’Europe, les États-Unis et l’Inde.

Le pipeline Énergie Est, d’une longueur totale de 4600 km, aurait traversé le territoire de six provinces, de l’Alberta au Nouveau-Brunswick. Au Québec, le pipeline aurait eu une longueur de 625 kilomètres. Il aurait traversé le territoire de plusieurs municipalités, quelques centaines de cours d’eau, des terres agricoles et des milieux naturels protégés.

TransCanada a, à l’heure actuelle, un total de 26 lobbyistes inscrits au registre québécois. En plus du projet Énergie Est, certains lobbyistes peuvent faire des démarches en faveur du réseau gazier exploité par l’entreprise, mais aussi de la centrale au gaz de Bécancour, qui a coûté des centaines de millions de dollars à Hydro-Québec et qui demeure essentiellement inutilisée depuis son inauguration, il y a plus de dix ans.

Avec Marie-Michèle Sioui 

21 commentaires
  • Pierre Lalongé - Inscrit 5 octobre 2017 08 h 10

    Vigilance!

    Si les conservateurs reviennent au pouvoir, ce projet sera remis sur la table.

  • Gilles Delisle - Abonné 5 octobre 2017 08 h 43

    PLUS JAMAIS!

    Le Québec devra, pour les générations futures, ne plus jamais accepter sur ses terres un tel projet menacant pour nos lacs, nos rivières, notre fleuve. Qu'il vienne d'un pays étranger comme le Canada, ou d'ici, le peuple devrait réclamer du gouvernement québécois et de son Assemblée Nationale, un engagement ferme pour toujours, de ne plus permettre un tel projet, afin que ce pays demeure à l'abri de ces folies économiques menacantes. Bien sûr, il faudra pour ce faire, élire un gouvernement intègre et qui travaille pour son peuple.

  • Claude Bariteau - Abonné 5 octobre 2017 08 h 53

    Lire correctement svp


    Que M. Girling dise qu'il avisera l'ONÉ et le Ministre québécois qu'il ne poursuivra pas ses démarches auprès d'eux pour les projets Énergie est et pour le Réseau principal Est ne dit pas qu'il renonce à ces projets.

    Ça dit uniquement qi'il ne les soumettra pas à ces deux orgnaes pour obtenir l'aval des gouvernements canadien et québécois.

    À mes yeux, ça demeure un geste qui allait de soi avant les élections de 2018 au Québec et celles de 2019 au Canada. Après, ça ne dit rien de la façon dont les projets de TransCanada seront présentés à ces gouvernements.

    C'est important parce que TransCanada ne dit pas aux gouvernements du Canada et du Québec qu'il abandonne ces projets. Il dit seulement qu'il n'entend pas les présenter à l'ONÉ et au ministère québécois. Dans ce dernier cas, il ne parle pas du BAPE car il ne reconnaît pas sa compétence.

    Il faut voir plutôt dans cette décision un ajustement de TransCanada à la position prise lors de la dernière réunion des PM provinciaux et du Canada.

    • André Tremblay - Abonné 5 octobre 2017 09 h 09

      ...En effet. Il faut toujours se méfier de ces gens d'affaire...comme des politiciens.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 octobre 2017 12 h 25

      Avec un prix du baril de pétrole (WTI) à 51$ aujourd'hui même, il est évident que le pétrole des sables bitumineux de l'Alberta ne fait pas ses frais. Mais qu'en sera-t-il d'ici quelques années? Dès que le prix remontera suffisamment pour se situer au dessus de 80$ le baril, les appétits reviendront pour un pipeline traversant le Québec. Il ne faut donc pas baisser les bras, mais élire un gouvernement à Québec qui tranchera en interdisant tout acheminement de pétrole par oléoduc sur son territoire... et tant qu'à y être en empêchant également toute exploitation du pétrole par derrick ou par fracturation hydraulique.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 5 octobre 2017 13 h 13

      @ André Tremblay et au Devoir: "Il faut toujours se méfier des gens d'affaire... comme des politiciens."

      Z'cusez mais, c'est pas un peu gros et même joliment "enflé" comme affirmation?

      Faut être quoi, pour être au-dessus de tout soupçon? Prof? Journaliste? Notaire? Franchement!

    • Claude Bariteau - Abonné 5 octobre 2017 14 h 19

      Personnellement, M. Chalifoux, seuls les faits m'intéressent. Dans ce cas-ci, TransCanada ne confirme aucunement l'abandon de ce projet. C'est un fait. Cette compagnie dit seulement, autre fait, qu'elle n'entend pas actuellement soumettre ce projet à l'ONÉ et au ministère québécois concerné. Par ailleurs, autre fait, cette compagnie ne fait pas référence au BAPE.

    • Raymond Chalifoux - Abonné 5 octobre 2017 15 h 23

      @ Claude Bariteau: Mon commentaire ne vous était pas adressé, rien à redire quant à votre propos, rien, je m'adresse plutôt à André Tremblay qui affirme qu'il faut se méfier des gens d'affaires. J'ai été en affaire le plus clair du temps de ma vie adulte, j'ai fait travailler des gens, les ai respectés, n'ai jamais eu qu'une parole à leur endroit, ai payé les taxes, mes impôts.. Être en affaire ne veut pas dire "être déloyal, malhonnête, ratoureux et indigne de confiance" comme le laisse sous-entendre le « il faut toujours se méfier de ces gens d’affaire » de M. Tremblay… Que je sache, les Chambres de commerce jusqu’à nouvel ordre ne sont pas des rassemblements de malfaiteurs??

    • Claude Bariteau - Abonné 5 octobre 2017 17 h 57

      Je le savais M. Chalifoux. J'ai commenté en utilisant votre nom pour montrer à M. Tremblay qu'il errait avec ses généralisations en commençant par « En effet... » pour se lier à mon article.

      Aux nouvelles de Radio-Canada de 17h00, un commentateur-journaliste de cette radio de l'État canadien disait que ce projet étant annulé cela aura des incidences négatives sur l'économie canadienne.

      Un autre vantait les mérites de l'opposition soulevée par le maire Coderre, qui revenait à la charge pour dire que ce projet avait été mal véhiculé, ce qui implique que mieux véhiculé il serait plus acceptable.

      Dans un commentaire antérieur, j'ai signalé que le retrait de ce projet, qui était temporaire, visait à assurer la réélection du PLQ, car les activités de lobbyistes avaient été renouvelées jusqu'en septembre 2018.

      Là, la position de TransCanada, qui se retire des évaluations de l'ONÉ et du Ministère québécois, va s'étendre jusqu'après les élections canadiennes de 2019.

      Le PM Trudeau, s'étant déjà prononcé favorable, a aussi dit qu'il fallait revoir les processus d'évaluation de l'ONÉ, mais n'a jamais dit que le gouvernement canadien était engagé envers TransCanada pour procéder selon le canevas mis au point sous le gouvernement Harper.

      Or, c'est ce canevas qui pourrait réapparaître les élections terminées si une fenêtre économqiue s'ouvre comme le signale M. Cotnoir.

      J'ajoute que les propos de TransCanada se veulent une aide à la réélection du maire Coderre, du PM Couillard et du PM Trudeau.

      Une aide, en fait, que les médias entendent leur fournir en véhiculant des propos qui sont de l'information douteuse.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 5 octobre 2017 19 h 58

      M. Bariteau, vos commentaires ne sont pas aussi réjouissants que l'article de M. Shields. On dirait que vous êtes en train de dire "Reculer, pour mieux sauter". Pas très rassurant cette nouvelle qui à prime abord nous réjouissait. Mais vaut peut-ètre mieux ne pas faire de la pensée magique qui pourrait s'avérer décevante dans un avenir pas très lointain.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 octobre 2017 21 h 11

      @ Raymond Chalifoux Je diffère d'opinion avec vous M. Chalifoux concernant l'intégrité des "hommes d'affaires" tels qu'on dénomme ces gens qui gèrent des entreprises capitalistes. D'abord précisons le sens des mots, il y a une bonne différence entre être un entrepreneur et être un "businessman": le premier peut l'être pour des raisons fort différentes que l'attrait du rendement sur ses actions, le second cherche à maximiser ses gains que ce soit par des dividendes, des bonus ou des salaires extravagants. Je suis un entrepreneur, mais depuis que j'ai 21 ans, je n'ai développé et géré que des entreprises collectives, visant le bien commun. Or, j'en connais d'autres qui ne sont motivés que par l'argent qu'il soit fait au détriment de l'environnement ou des humains avec comme seule devise: "Après moi, le déluge". Ils opèrent dans le merveilleux monde des entreprises à capital-actions, c.-à-d. dans l'économie capitaliste. Or celle-ci ne carbure qu'à la croissance sans limite pour l'enrichissement d'une minorité. Elle mène cette civilisation tout droit vers l'effondrement. Elle n'est fondée que sur l'accroissement du capital que ce soit par les intérêts sur le prêt, l'accaparement des bénéfices du travail (des autres surtout) par le versement d'un rendement sur le capital investi ou pire encore par la spéculation la plus improductive. Comme le démontre Piketty, le capitalisme au XXIe siècle fait passer l'argent avant le travail entraînant notre monde dans une spirale d'où l'humanité ne sortira qu'exsangue. Ce monde-là, je le combats en semant les germes de celui qui, je l'espère, le remplacera demain.

  • André Joyal - Abonné 5 octobre 2017 08 h 55

    Victoire!

    Enfin, nous avons gagné quelque chose: le respect du bons sens.

    • Pierre Fortin - Abonné 5 octobre 2017 18 h 57

      Bien d'accord avec vous, Monsieur Joyal.

      Mais ce n'est pas le bon sens qui a mené Transcanada à abandonner Énergie Est, c'est plutôt un constat financier peu favorable à la poursuite du projet. La perte sèche est de l'ordre du milliard de dollars, elle ne sera pas oubliée si facilement.

      Victoire pour ce combat que l'on remporte à ce stade, et par défaut, mais ce n'est qu'une bataille : les intérêts pétroliers n'iront pas tout doucement " coucouche panier ".

      Il nous faudra demeurer vigilents, la bonne nouvelle étant que nous avons démontré que nous sommes mobilisables; il ne faut pas trop compter sur les politiques. Justin Trudeau en doit une à sa bonne étoile, il n'aura pas à décider du sort d'Énergie Est.

      Qu'est-ce qui l'oblige désormais à se positionner clairement envers l'environnement ? Sa responsabilité est pourtant très lourde : il doit mettre les Accords de Paris en ordre de marche pour ce qui concerne le Canada. Elle l'est davantage après le dépôt du rapport dévastateur de Madame Julie Gelfand cette semaine qui nous dévoile dans toute sa nudité la faillite des plans environnementaux fédéraux depuis 1992.

      « Sunny ways my friends, sunny ways »

  • Robert Bernier - Abonné 5 octobre 2017 10 h 20

    Attention, arnaque en vue?

    Je suis bien heureux de la nouvelle mais je reste avec une petite appréhension. Et celle-ci me suit depuis que Trudeau a annoncé qu'on allait changer les règles à l'ONE concernant ce projet. Ça vous rappelle les déclarations de Couillard contre les projets à Anticosti? Que s'en est-il suivi? Une poursuite légale par l'entreprise pétrolière, qui s'est soldée par vous et moi donnant environ 50 millions dollars à cette entreprise: une entreprise qui n'avait à peu près rien fait dans le projet puisqu'elle savait, depuis le début, qu'il n'y avait aucune rentabilité à obtenir là. De l'argent vite fait, sans même sortir une pelle mécanique ou presque! Pas mal!

    La phrase utilisée ,à l'effet que TransCanada 'explique la décision par les résultats d’une analyse approfondie des nouvelles exigences liées au projet' me fait craindre la même arnaque ici aussi. Il faudra les avoir à l'oeil. TransCanada sait, depuis le début, qu'il n'y aura aucune rentabilité à ces projets de sables bitumineux avant de très nombreuses années, si jamais ça devient rentable. Mais il y aurait pas mal d'argent à faire sur le dos des contribuables en attaquant le gouvernement sur la base des idées du type de celles qui permettent présentement à Pétrolia d'attaquer Restigouche en cours. TransCanada a pu se féliciter d'entendre Trudeau nous dire que les choses allaient changer à l'ONE. Espérons qu'il ne s'écrasera pas devant TransCanada comme Couillard-Heurtel l'ont fait ici. (Mais, à voir comment Trudeau s'est écrasé devant NetFlix, ça craint...)

    Robert Bernier
    Mirabel