Trump isolé sur la question climatique

La chancelière allemande, Angela Merkel, a admis jeudi que les discussions ne seront «pas faciles» avec le gouvernement américain, un mois après la décision du président Trump de retirer son pays de l’Accord de Paris sur le climat.
Photo: Matthias Schrader Associated Press La chancelière allemande, Angela Merkel, a admis jeudi que les discussions ne seront «pas faciles» avec le gouvernement américain, un mois après la décision du président Trump de retirer son pays de l’Accord de Paris sur le climat.

Le sommet du G20 qui débute ce vendredi pourrait bien confirmer l’isolement des États-Unis de Donald Trump sur la question climatique, et ce, même si les pays réunis à Hambourg, en Allemagne, tardent toujours à concrétiser eux-mêmes des engagements majeurs en faveur du climat, dont la fin des subventions aux énergies fossiles.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a admis jeudi que les discussions ne seront « pas faciles » avec le gouvernement américain, un mois après la décision du président Trump de retirer son pays de l’Accord de Paris sur le climat.

Mais, a-t-elle insisté, « de très, très nombreux pays veulent continuer à appliquer l’Accord ». « Et bien sûr nous n’allons pas masquer les différences, mais au contraire les désigner, car il y a sur certaines questions essentielles des divergences d’opinions », a ajouté Mme Merkel.

Concrètement, les conseillers des dirigeants du G20, qui négocient depuis déjà plusieurs jours en vue de rédiger la déclaration finale du sommet, s’orienteraient vers un texte constatant le désaccord sur le climat, selon plusieurs sources proches des discussions citées par l’Agence France-Presse.

À la sortie de cette rencontre de deux jours, le document devrait normalement souligner que l’Accord de Paris est « irréversible ». Cette position tranche avec celle du président Trump, qui a plutôt laissé entendre qu’il souhaitait négocier une nouvelle entente, malgré la fin de non-recevoir très claire de plusieurs autres pays signataires.

Nous n’allons pas masquer les différences, mais au contraire les désigner, car il y a sur certaines questions essentielles des divergences d’opinions

 

Plan écarté

Preuve de l’isolement américain sur la question de l’Accord de Paris, les autres membres du G20 pourraient « constater », dans la déclaration finale, que les États-Unis ont choisi une autre voie que cette entente ratifiée à ce jour par 152 pays.

Il n’en demeure pas moins que les dissensions climatiques auraient eu raison de prises de position plus ambitieuses, dont un « plan d’action énergie et climat pour la croissance » développé au cours des derniers mois, sous l’impulsion de l’Allemagne.

Ce plan devait insister sur la nécessité de présenter des plans de « décarbonisation » des économies à l’horizon 2050, de réorienter la finance internationale, de miser encore plus sur les énergies renouvelables, d’obliger les entreprises à intégrer les risques climatiques ou de réduire le soutien aux énergies fossiles.

L’idée était de rechercher un consensus sur ce texte et de l’annexer au communiqué final du G20, qui apportait un soutien de principe à l’Accord de Paris, à l’exception des États-Unis.

Désormais, ce « plan », revu à la baisse, devrait faire l’objet d’une déclaration à part, le nombre de pays le soutenant restant à déterminer. Des questions demeuraient d’ailleurs, jeudi, sur la position qu’adopteront l’Arabie saoudite, mais aussi la Russie, des pays « alliés » des États-Unis sur la question du recours aux énergies fossiles.

Le signal politique du G20 est d’autant plus important que les pays du G20 représentent 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Dans ce contexte, au-delà des déclarations de soutien à l’Accord de Paris, le vrai baromètre de la détermination des pays est leur politique nationale, selon plusieurs analystes cités jeudi.

Or, les pays du G20 peinent toujours à mettre en oeuvre l’engagement pris en 2009 de réduire, puis d’éliminer les subventions aux énergies fossiles. Dans un rapport publié le mercredi, l’ONG Oil Change International souligne que ces subventions ont totalisé au moins 215 milliards de dollars de 2013 à 2015, uniquement pour les membres du G20.

Ce montant, insiste l’organisme, est quatre fois plus élevé que les subventions consenties aux énergies renouvelables.

3 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 7 juillet 2017 01 h 26

    $215 milliards !!!

    On en apprend des belles, mais c'est de la pure hypocrisie ces gouvernements; d'un bord on nous rajoute la taxe carbone pour remettre de l’autre $215,000,000.00 aux pétrolières. Mais quand est-ce qu'on va arrêter de se moquer de nous? Y aura-t-il moyen un jour d'avoir des gens qui ont de l'allure pour gouverner ou faudra-t-il tout simplement commencer à penser qu'on devrait apprendre à se passer de toute forme de gouvernement? Avec des subventions pareilles l’essence devrait être gratuite pour tout le monde.

    L'anarchie semble devenir de plus en plus un mal nécessaire dans nos sociétés, il faudrait peut-être s'y faire et se débarrasser de ces personnages qui sans scrupule profitent de nos différents institutions gouvernementales pour leurs propres profits et non pour le bien des peuples qu'ils devraient représenter.

    C’est comme notre Couillard qui remet une tonne de permis aux pétrolières au Québec puis qui laisse les municipalités dans la m…. Arrangez-vous avec ça, moi j’ai eu mes enveloppes brunes, Ristigouche et cies c’est maintenant votre problème. Et dire que des gens votent pour ça.

  • Jacques Morissette - Inscrit 7 juillet 2017 07 h 31

    Donald Trump est-il comme un cheveu dans la soupe du G20?

    À ce sommet du G20, ce ne sont pas les États-Unis qui seront présent, c'est Donald Trump. Tout compte fait, Donald Trump, comme représentant des USA à ce sommet, est comme un cheveu dans la soupe de l'accord de Paris, pour la question environnementale, autant en le comparant avec la majorité de ceux qui seront présent à ce sommet qu'avec apparemment plusieurs élus américains actuels.

    Alors qu'avec Obama, c'était parfois le contraire. Ce dernier paraissait être le représentant d'une politique américaine, avec lequel il ne semblait pas toujours totalement en accord, si on se fie à certains médias. Pourquoi alors qu'Obama, au temps où il était Président des USA, ce dernier semblait moins peser sur la balance de la politique américaine, à comparer avec le poids que semble avoir Donald Trump comme représentant des USA, à ce sommet du G20?

  • Colette Pagé - Inscrite 7 juillet 2017 10 h 30

    Isoler Trump !

    À défaut de convaincre et d'utiliser la main tendue que le G20 émette un communiqué fait par le G19. Ce qui aurait comme conséquence d'isoler le président américain et laisserait les États-Unis seuls Great Again.