Saisie de carpes asiatiques vivantes à Montréal

<p>La carpe de roseau est interdite au Québec, notamment pour l’aquariophilie, la garde en captivité, l’ensemencement, le transport, la vente ou l’achat à l’état vivant.</p>
Photo: Wrangel Getty Images

La carpe de roseau est interdite au Québec, notamment pour l’aquariophilie, la garde en captivité, l’ensemencement, le transport, la vente ou l’achat à l’état vivant.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a annoncé jeudi avoir saisi des carpes asiatiques vivantes dans des commerces et un hôtel de Montréal, une première pour cette espèce interdite dans la province et dont la présence dans le Saint-Laurent est déjà bien réelle.

Des agents de protection de la faune du ministère ont mené mercredi une opération, baptisée « Barramundi II », à Montréal. « Cette opération a mené à la saisie de trois carpes de roseau vivantes ainsi qu’à la tenue d’enquêtes relativement à d’autres espèces aquatiques qui pourraient être interdites », a indiqué le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), par voie de communiqué.

Le porte-parole du MFFP, Nicolas Bégin, a précisé que les carpes asiatiques vivantes ont été saisies « dans un hôtel et des commerces de détail », mais sans donner plus de précisions sur les raisons pour lesquelles ces poissons étaient gardés vivants. Les experts du ministère ont inspecté un total de neuf établissements.

Il faut savoir que la carpe de roseau, comme les trois autres espèces de carpes asiatiques, est interdite au Québec, notamment pour l’aquariophilie, la garde en captivité, l’ensemencement, le transport, la vente ou l’achat à l’état vivant.

Des accusations seront donc portées contre le ou les établissements visés en vertu du Règlement sur l’aquaculture et la vente des poissons. S’ils sont reconnus coupables, les contrevenants sont passibles d’amendes pouvant totaliser 1825$ par chef d’accusation.

Menace réelle

Le MFFP s’est dit « très préoccupé » par la présence au Québec de la carpe de roseau, une espèce envahissante qui a fait des ravages dans plusieurs cours d’eau aux États-Unis. Dans certains cas, la présence de ce poisson introduit en Amérique dans les années 1970 a mené à l’élimination complète des espèces indigènes.

Les craintes sont d’autant plus grandes que le MFFP a confirmé ce printemps qu’il a déjà détecté la présence de la carpe de roseau, l’une des quatre espèces de carpes asiatiques, à 16 endroits le long du fleuve Saint-Laurent.

Les données du ministère indiquent que cette espèce serait déjà présente dans le secteur de Montréal, mais aussi à différents endroits situés en aval, soit de Repentigny jusqu’à la tête du lac Saint-Pierre. La carpe a même été détectée dans la rivière Richelieu et la rivière Saint-François.

Même si le ministère ne peut confirmer avec certitude qu’il s’agit bel et bien d’une population de carpes de roseau en train de s’établir dans le Saint-Laurent, tout indique que le phénomène prend une ampleur qu’on ne soupçonnait pas l’an dernier.

Qui plus est, les eaux de la portion fluviale du Saint-Laurent sont très accueillantes pour la carpe de roseau. Cette espèce, qui peut atteindre 1,25 mètre de longueur et peser plus de 50 kg, se nourrit de végétation aquatique. Elle mange jusqu’à l’équivalent de 40 % de son poids chaque jour, en plus de tolérer une grande gamme de températures et de faibles concentrations d’oxygène.

La carpe, poisson comestible

Est-ce qu’il est possible de manger de la carpe asiatique ? La question a été posée à plusieurs reprises cette semaine. Après tout, si l’espèce en venait à abonder dans les cours d’eau de la province, pourquoi ne pas tenter de lui trouver une utilité culinaire ? Aux États-Unis, des chefs ont trouvé des façons d’apprêter ce poisson. Même que des tests à l’aveugle menés par une équipe de recherche de l’Université du Missouri ont démontré que les consommateurs appréciaient la chair de la carpe. Mais encore faut-il qu’ils ignorent qu’ils mangent de la carpe. Ironie du sort, en Chine, d’où la carpe asiatique est originaire et où elle est consommée depuis des siècles, on ne boude pas la carpe en provenance des États-Unis. Des entreprises américaines en exportent donc plusieurs milliers de tonnes chaque année, non seulement vers la Chine, mais vers d’autres marchés ailleurs dans le monde.
2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 7 juillet 2017 13 h 10

    Si j'ai bien compris, l'avenir ...c'est la carpe!

    On aurait du y penser bien avant.

    Même nos poissons, subissent l'envahissement d'espêces migrantes...!

    Tous les discours pubics vont dans ce sens...

  • Pierre Valois - Abonné 7 juillet 2017 16 h 29

    Et pour dire plus

    Carpe diem