Moins d’investissements pour protéger le fleuve Saint-Laurent

Les ministres de l’Environnement au provincial et au fédéral, David Heurtel et Catherine McKenna, ont annoncé lundi, devant le canal de Lachine, un investissement de 57,5 millions de dollars pour la deuxième phase du Plan d’action Saint-Laurent.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les ministres de l’Environnement au provincial et au fédéral, David Heurtel et Catherine McKenna, ont annoncé lundi, devant le canal de Lachine, un investissement de 57,5 millions de dollars pour la deuxième phase du Plan d’action Saint-Laurent.

Les gouvernements du Québec et du Canada investiront conjointement 57,5 millions de dollars pour la deuxième phase du Plan d’action Saint-Laurent, qui vise à mieux protéger le fleuve, ont annoncé ces derniers, lundi. Parmi les mesures de ce plan qui s’étirera jusqu’en 2021, on note des actions pour la prévention des inondations et la protection des milieux humides, mais rien au sujet des aires protégées.

L’annonce de cette deuxième phase du plan d’action a eu lieu lundi matin aux abords du canal de Lachine, dans l’arrondissement du même nom. Elle s’inscrit dans l’Entente Canada-Québec sur le Saint-Laurent 2011-2026, qui vise à renouveler les efforts de protection du fleuve entamés par les deux gouvernements en 1988.

Les investissements annoncés lundi sont inférieurs à ceux de la première phase du plan présentée en 2011. Quelque 70 millions avaient alors été consacrés par Québec et Ottawa pour la période 2011-2016. En débloquant 35,2 millions, le gouvernement fédéral investit cette fois près de 14 millions en moins que pour la première phase.

La ministre de l’Environnement et du Changement climatique du Canada, Catherine McKenna, a affirmé que d’autres investissements ayant des impacts sur la qualité du Saint-Laurent seront faits par son gouvernement en parallèle de ce plan d’action.

Pour sa part, l’investissement du Québec augmente d’environ deux millions pour s’établir à 22,3 millions.

Selon le biologiste et directeur général de la Société pour la nature et les parcs (SNAP), Alain Branchaud, il y a peu d’argent neuf dans cette annonce. « C’est une compilation de différentes dépenses courantes qui sont cumulées et mises en commun », dit-il. Néanmoins, il affirme qu’on « ne peut qu’être satisfait et content de voir qu’on continue de collaborer et de réaliser ces projets ».

Prévenir les inondations

Parmi les 38 projets de ce plan d’action, une mesure vise à calculer le débit d’eau du fleuve, ce qui doit permettre de mieux prévenir les inondations comme celles qu’a connues le Québec au printemps. « On sait qu’avec les changements climatiques, ça va être un enjeu de plus en plus important et il faut qu’on soit prêt », a déclaré le ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, David Heurtel.

Le ministre a mentionné d’autres exemples de mesures qu’on retrouve dans le plan, notamment la réalisation d’une cartographie numérique du fleuve, qui « va avoir un impact direct sur la problématique des prises d’eau potable » en suivant en temps réel le niveau de l’eau du fleuve.

Une autre mesure consiste à cartographier les milieux humides. « On connaît toute la contribution des milieux humides à la qualité de l’eau et à la santé du Saint-Laurent. Poursuivre leur cartographie va permettre de mieux les protéger », a-t-il ajouté.

Ces mesures sont louables, mais insuffisantes aux yeux de Sylvie Bibeau, porte-parole de l’organisme Stratégies Saint-Laurent à Montréal et directrice générale du comité Zones d’intervention prioritaire (ZIP) Jacques-Cartier. « Il faut effectivement d’abord connaître les zones et les identifier, mais il faut aller plus loin que ça. Il va falloir être actif. Et c’est ce qui coûte énormément d’argent », souligne-t-elle. Stratégies Saint-Laurent se dit néanmoins heureux de cette annonce.

« Si on était vraiment sérieux dans l’idée de protéger le Saint-Laurent, on réinvestirait au Centre Saint-Laurent à Montréal », déplore le directeur de la SNAP. Selon lui, ce centre de recherche sur le fleuve d’Environnement Canada a vu ses ressources être amputées ces dernières années au point d’être rendu « à l’agonie et sous respirateur artificiel ».

Rien sur les zones protégées

Le plan d’action ne comporte par ailleurs aucune mesure concernant la protection des aires marines du fleuve Saint-Laurent. Pourtant, Québec et Ottawa ont tous deux pris l’engagement de protéger 10 % de ces zones d’ici 2020. Actuellement, à peine 1 % de ce territoire maritime est protégé.

« C’est dans le plan du gouvernement », a fait savoir la ministre McKenna, qui a dit être certaine de l’atteinte de cet objectif. Le ministre Heurtel a affirmé qu’il sera en mesure « très prochainement d’annoncer des développements majeurs dans ces dossiers, qui vont contribuer de façon très importante à l’atteinte de l’objectif ».

1 commentaire
  • Yves Côté - Abonné 27 juin 2017 05 h 11

    Moins...

    "Le financement du Plan d’action Saint-Laurent passe de 70 à 57,5 millions..."
    Mais bien entendu.
    Vers où regardons nous tous pour nous situer ?
    Nous situer géographiquement, nous situer historiquement, nous situer affectivement ?
    Vers les Rocheuses qu'avec les Amérindiens nos guides, nous avons "découvertes" ?
    Ou vers Ottawa, alors que les premiers et longtemps les seuls avec nos Alliés nous avons circulé par Rivière en territoire de nos frères Outaouais ?
    Ou encore vers ces Baies du Nord que par voies de terres nous avons touchées de nos pagaies à force e courants et de portages ?
    Ou bien vers ce Mississipi, au sud, ou cet Atlantique à l'est où nous avons été les premiers à nous rendre par voies terrestres ?
    Ou ailleurs ?
    Non, bien sûr. Nous regardons vers le fleuve, cette aorte nationale que d'autres nomment "le Saint-Laurent" alors que nous, par attachement des siècles passés, par nécessité de vivre, par appaisement de nos tourments de vivre, par obligation de justifier d'avoir nous aussi une simple place au soleil et par ouverture sur le monde, celui qui longtemps ne nous arriva que par lui et que nous sommes allé voir d'abord en suivant son cours, appelons affectueusement "Le Fleuve".
    Celui qui en identité nous donne à choisir entre être Québécois ou pas. A être Canadien ou autres, ce qui n'est certainement pas une mauvaise chose mais qui pour autant, tranche en signification et en message. Québécois, en attachement fondamental à un territoire d'Amérique Septentrionale où un petit peuple métissé perçoit sa légitimité à vivre en français. Héritage identitaire
    Peuple si ouvert d'esprit que chez lui vivent en paix des individus qui de diverses manières, s'opposent au sens profond de leur histoire séculaire. Histoire de la résistance politique d'un peuple pacifique, et non pas peureux comme le Canada britannique le détermine faussement depuis deux siècles.
    Alors donc, qui ne voit donc pas que de tuer Le Fleuve est de tuer notre société avec lui ?
    VL