Québec désigne le fleuve Saint-Laurent comme «lieu historique»

Le fleuve Saint-Laurent devient le premier lieu historique à être désigné en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir Le fleuve Saint-Laurent devient le premier lieu historique à être désigné en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.

Le gouvernement Couillard a annoncé jeudi qu’il désigne le fleuve Saint-Laurent comme « lieu historique » du Québec. Une situation qui ne doit pas empêcher le développement économique, a toutefois prévenu le premier ministre Philippe Couillard.

« C’est un signal de prise de conscience collective de l’importance du fleuve dans notre histoire et notre identité, mais aussi la responsabilité morale que nous avons tous de participer à cette transmission de richesse aux prochaines générations », a souligné le premier ministre, dans le cadre d’un point de presse tenu à Québec, jeudi matin.

Avec cette désignation, le fleuve devient le premier lieu historique à être désigné en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Mais cette désignation ne sera pas accompagnée d’une nouvelle réglementation environnementale. « Ce n’est pas une annonce de nouveau règlement. C’est une annonce qui est de l’ordre de la fierté nationale », a insisté le chef libéral.

Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne
 

Artère économique

Cette désignation ne doit donc pas nuire au développement du Saint-Laurent, « une artère économique vitale, selon M. Couillard. On ne met pas une cloche de verre sur le Saint-Laurent », a-t-il insisté, en rappelant les projets d’expansion du port de Montréal et de celui de Québec. Ces deux projets devraient accroître la circulation maritime industrielle sur le Saint-Laurent.

Ces projets s’ajoutent au développement de projets de transport d’énergies fossiles et de minerais, mais aussi à la Stratégie maritime du gouvernement Couillard, qui doit stimuler le développement de l’activité portuaire sur le Saint-Laurent. Le gouvernement du Québec est d’ailleurs en discussion avec le fédéral, afin de prendre en charge la gestion de cinq infrastructures portuaires industrielles.

Développement de Cacouna

Une de ces infrastructures est le port de Cacouna. Philippe Couillard a toutefois fermé clairement la porte à un développement majeur de ce port jeudi matin, en raison du caractère essentiel de ce secteur pour le béluga, une espèce classée récemment « en voie de disparition » par le gouvernement fédéral.

« Tout le monde connaît l’importance de Cacouna pour les bélugas. Il n’y aura pas d’activités industrielles intensives. Nous allons trouver une autre façon de mettre en valeur » ce secteur, a affirmé le premier ministre. Il a d’ailleurs invoqué la « mise en valeur » de cette « richesse faunique », possiblement pour « en faire une source d’intérêt touristique ».

Il a en outre réaffirmé l’intention du gouvernement de protéger l’île d’Anticosti, mais aussi d’instaurer des aires marines protégées dans le Saint-Laurent. Des discussions sont en cours avec le gouvernement fédéral, a indiqué M. Couillard.

Pour le moment, à peine 1,3 % des milieux marins de la portion québécoise sont protégés, alors que l’objectif est d’atteindre 10 % d’ici 2020. Et aucun projet majeur ne verra le jour cette année, selon les informations dévoilées par Le Devoir.

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