La Fédération québécoise des municipalités s’oppose à Énergie Est

<p>Pour le moment, il est prévu que le projet Énergie Est sera bel et bien évalué par l’Office national de l'énergie.</p>
Photo: Nati Harnik Archives Associated Press

Pour le moment, il est prévu que le projet Énergie Est sera bel et bien évalué par l’Office national de l'énergie.

La Fédération québécoise des municipalités s’oppose formellement au pipeline Énergie Est, et ce, tant que le gouvernement fédéral n’aura pas mis sur pied une nouvelle infrastructure pour évaluer le projet de TransCanada. Le regroupement exige aussi que la pétrolière mette en place un fonds de réserve de cinq milliards de dollars pour faire face à un éventuel déversement.

Par la voie d’une résolution adoptée à l’unanimité par son conseil d’administration, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) souligne ainsi qu’elle s’opposera au projet Énergie Est « en l’absence de la création d’une organisation crédible visant à remplacer l’Office national de l’énergie, et qui aura pour mandat de réglementer et d’étudier les nouveaux projets de pipeline ».

La FQM, qui regroupe 1000 municipalités et MRC représentant 3,8 millions de citoyens, ajoute que l’évaluation du pipeline de TransCanada devrait être menée par cette nouvelle infrastructure.

Le comité d’experts sur la modernisation de l’Office national de l’énergie (ONE) a d’ailleurs conclu le mois dernier que cet organisme fédéral ne réussit pas le test de la confiance et de la crédibilité. Il proposait donc de le démanteler et de le remplacer par une nouvelle structure.

On ne sait toutefois pas ce que fera le gouvernement Trudeau avec les recommandations du comité d’expert. Pour le moment, il est prévu qu’Énergie Est sera bel et bien évalué par l’ONE, qui précise actuellement quels seront les enjeux abordés dans le cadre de l’examen du projet de pipeline.

Fonds de réserve

La FQM exige par ailleurs que TransCanada mette en place un « fonds de réserve » de plus de cinq milliards de dollars, afin de « répondre à d’éventuelles catastrophes causées par son oléoduc ».

Selon ce qu’a précisé lundi le regroupement, on souhaite ainsi s’assurer que les municipalités n’aient pas à assumer les coûts de nettoyage liés à un déversement de pétrole des sables bitumineux sur leur territoire. Énergie Est doit en effet traverser le territoire de plusieurs d’entre elles, tout au long de son tracé de 625 kilomètres en sol québécois.

Est-ce que TransCanada est prête à mettre en place ce fonds de réserve de cinq milliards de dollars ? « Les règles qui gouvernent l’exploitation des pipelines interprovinciaux, comme par exemple Énergie Est, exigent que l’exploitant démontre sa capacité financière de payer dans le cas d’un incident, sinon il perd le droit d’exploiter le pipeline », a simplement répondu le porte-parole de l’entreprise, Tim Duboyce.

Quant à la requête de la FQM concernant l’élaboration de « plans de mesures d’urgence rigoureux » afin de protéger les sources d’eau potable susceptibles d’être affectées par un déversement, M. Duboyce a fait valoir que ceux-ci sont déjà en cours d’élaboration. « Notre objectif est de s’assurer que nous n’aurions jamais besoin d’activer ces plans d’urgence, en investissant en continu dans l’intégrité et la sécurité de nos pipelines », a-t-il ajouté.
 

La FQM n’est pas le seul regroupement de municipalités à s’opposer au projet Énergie Est. L’Union des municipalités du Québec (UMQ) a adopté en 2015 une résolution pour signifier son opposition au pipeline de TransCanada. L’organisme y souligne les « préoccupations importantes » des municipalités par rapport à la protection des sources d’eau potable. L’UMQ réclamait en outre, dès 2015, une révision du processus fédéral d’évaluation des projets de pipelines, et ce, « afin qu’il tienne davantage compte des préoccupations des municipalités ».

 


12 commentaires
  • Louis Fortin - Abonné 19 juin 2017 18 h 46

    non, mais peut-être...

    J'aurais grandement préféré un refus catégorique. Cette position laisse entendre que si leurs conditions sont rencontrées, ces municipalités accepteront le projet.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 19 juin 2017 22 h 45

      Anguille sous roche?...Balivernes de toutes façon!... ils ont beau argumenter de toutes les manières possibles et impossibles...jamais ils n'auront gain de cause dans la population. C'est l'État qui aura le dernier mot et l'État c'est ...Nous les citoyens.

    • Linda Dauphinais - Inscrit 20 juin 2017 08 h 35

      Ouin... l'État c'est nous les citoyens quand le gouvernement en place écoute... mais ce gouvernement libéral comme l'autre auparavant, se plait en tant qu'adepte du libéralisme, à tout vendre car tout a un prix pour les pro-libéralisme... Mais nous devons effectivement, nous(les citoyens) lever et dire NON HAUT ET FORT à ce gouvernement qui restera dans les annales ainsi que celui de Charest, pour leur manque de coeur et leur manque de transparence envers la population du Québec... Vous savez tous cher(e) lecteur-lectrice du journal Le Devoir que vous pouvez écrire à votre député, au premier ministre, au ministre de l'environnement etc... et leur dire ce que vous pensez au sujet de leur gouverne dirigée vers l'argent toujours l'argent, sans se soucier des humains, de leur qualité de vie, de leurs requis vitaux, du besoin que nous avons de vivre en démocratie et non pas dans ce régime qui s'autocongratule alors que la population est submergée par un dégoût de plus en plus profond face à ces manigances de piètre qualité... Nous ne voulons pas d'Énergie Est, Monsieur Couillard-Heurtel etc... d'aucune manière et JAMAIS... CAR C'EST UN NON SENS ÉVIDENT.... Nous voulons que votre gouvernement mette ses culottes et encourage VRAIMENT l'achat d'autos électriques, augmente les endroits ou nous pouvons recharger celles-ci (et pourquoi ne pas avoir une compagnie de voitures électriques québécoise, avec notre invention de l'Hydro Québec il y a longtemps déjà (Pierre Couture - Moteur roue)... Les Québécois en ont assez d'être trahis par ceux qui sont supposés les représenter...

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 20 juin 2017 09 h 14

      Nicole D. Sévigny

      si le fédéraliste PET a réussi à nous imposer une Constitution, ne pensez-vous pas que son rejeton Justin ne serait pas capable de nous imposer un vulgaire oléoduc?

      Pensez-y 2 fois...

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 20 juin 2017 22 h 43

      Mme Lafrenaye Si vous refusez de croire, (si Nous décidions TOUS ENSEMBLE -- partisanerie politique mise de côté-- de rejeter ces dictats d'Ottawa et de leurs valets de pieds) , qu'ils seraient obligés de Nous écouter et de se plier à Notre volonté, c'est que la démocratie au Québec a vraiment du plomb dans l'aile. Des ÉTATS sont devenus des PAYS sans verser une goute de sang et sans utiliser le référendum, juste parce qu'ils y croyaient et qu'ils se sont tenus debout. On peut faire de même ...en ce qui a trait à ÉNERGIE EST.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 21 juin 2017 17 h 42

      Mme D. Sévigny

      je crois que si Énergie est ne passe pas au Québec, ce sera dû au fait que le prix du pétrole soit tellement bas qu'il serait trop dispendieux de le retirer encore des sables bitumineux... ou empêché grâce aux autochtones.

  • Bruno Martin - Abonné 19 juin 2017 19 h 49

    Programme argent contre eau?

    Même avec une provision de 5 milliards de dollars, si un déversement se produisait en amont de Montréal, c'est près de 4 millions de personnes qui vont courrir pour un verre d'eau... ça vaut combien? Réellement?

  • André Mainguy - Inscrit 19 juin 2017 22 h 30

    Énergie Est, la FQM contre

    Les maires de la Fédération des Municipalités du Québec ne sont pas seuls contre le projet d'Oléoduc d'Énergie Est, plus de 50% de la population est contre et c'est un minimu.

    Plusieurs grandes pétrolières ont liquidé à pertes leurs investissements dans des projets des sables bitumineux.

    Gordon Laxer, le Directeur fondateur de l'Institut Parhland à l'Université d'Alberta et auteur d'AFER THE SANDS, prévient tout le monde que c'est un mauvais placement. Gérons plutôt la décroissance, au lieu de créer des situations de pollution permanente au Québec, où au printemps 2017, le Québec a connu 168 glissements de terrains, dont plusieurs auraient emporté n'importe lequel oléoduc.

    Énergie Est devrait traverser + 860 couers d'eau où plus de 95% de la population vie.

    On a des milliers de sites miniers toxiques qu'on nous a laissé en cadeau, malgré toutes les promesses de réaménagements de ces sites.

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 20 juin 2017 09 h 09

    Fond de réserve ou non, c'est non...



    «La FQM exige par ailleurs que TransCanada mette en place un «fonds de réserve» de plus de cinq milliards de dollars, afin de «répondre à d’éventuelles catastrophes causées par son oléoduc». (A. Shields)

    Rappelons au Premier ministre Trudeau junior que l'État c'est chacun de nous et qu'ensemble nous pouvons former un obstacle de poids pour contrer le salopage de notre territoire.

    Rappelons aux Premiers Notley et Wall de l'Alberta et de la Saskatchewan et à Timmy Duboyce, racoleur trompeur de TransCanada Pipeline, qu'ils n'ont aucun droit sur nos terres et qu'ils ne passeront pas.

    ¡No pasarán¡ They shall not pass, Ils ne passeront pas!

  • Daniel Grant - Abonné 21 juin 2017 00 h 25

    Pas besoin d’aller en guerre pour l’énergie solaire

    TransCanada a beau affirmer ce qu’elle veut sur le fond de réserve en cas de déversement (pourquoi pas 50G$), c’est facile à dire, elle a la capacité financière mais personne ne peut revenir contre elle pour fuite, déversement, marée noire, acidification des océans.

    Une recherche sur internet nous montre assez vite comment les pétrolières se sont acquitté de leur soi-disant responsabilité.
    Quand il y a déversement leur seule priorité est de rebrancher le tuyau au plus sacrant et hop c’est reparti.

    Ces pétrolières sont « irresponsables » parce qu’elles ont désossés toutes les lois de protection de l’environnement sous la bienveillance de Harper et de Arcan/Couillard pour qu’elles puissent polluer tant qu’elles veulent la bouche en coeur.

    L’incohérence dans les discours (environnementaux) de nos élus qui ont été enjôlés par ces « intégristes de l’extraction » est tellement évidente, (elles ont prouvé leur incompétence à produire de l’énergie qui ne pollue pas pendant un siècle)
    mais de plus en plus c’est l’incohérence et le danger économique (actifs bloqués) de ces projets sans-génie d’oléoducs qui apparaîtront en plein jour.

    Le soleil appartient à tout le monde.