Québec envisage une étude sur le béluga du Saint-Laurent

Pêches et Océans Canada a confirmé mercredi l’inscription officielle du béluga du Saint-Laurent comme espèce «en voie de disparition».
Photo: La Presse canadienne Pêches et Océans Canada a confirmé mercredi l’inscription officielle du béluga du Saint-Laurent comme espèce «en voie de disparition».

Le gouvernement du Québec a l’intention de commander une étude sur la cohabitation entre le béluga du Saint-Laurent et le « développement économique », a appris Le Devoir. L’espèce a été officiellement désignée « en voie de disparition » par le gouvernement fédéral mercredi.

Le cabinet du ministre délégué aux Affaires maritimes, Jean D’Amour, a indiqué mercredi qu’il entend accorder « un mandat » pour la production d’une « étude » sur le béluga du Saint-Laurent, une espèce en déclin dont il ne subsisterait pas plus de 900 individus dans les eaux québécoises. Il n’a pas précisé quand cette étude sera lancée ni qui pourrait la réaliser.

Le gouvernement Couillard souhaite en savoir davantage sur les possibilités de cohabitation entre le béluga et « le développement économique », un enjeu qui a suscité des débats au cours des dernières années, notamment en raison du défunt projet de port pétrolier de TransCanada.

Zones portuaires

Québec mise en effet beaucoup sur le développement industriel du Saint-Laurent dans le cadre de sa Stratégie maritime. Or, certains des projets mis de l’avant pourraient avoir des impacts sur cette population qui passe toute l’année dans l’estuaire du Saint-Laurent, dont une bonne partie dans le secteur de la voie maritime.

C’est le cas pour les projets de zones industrialo-portuaires, dont celle prévue à Cacouna, en plein coeur d’un habitat essentiel pour le béluga. Le gouvernement a déjà accordé du financement pour la réalisation du « plan de développement » de cette zone.

Ce cétacé fréquente aussi assidûment le fjord du Saguenay, un secteur où les projets de développement portuaire prévus en amont, dont Énergie Saguenay, Arianne Phosphate et la zone industrialo-portuaire de Saguenay, risquent d’accroître significativement le trafic maritime.

En voie de disparition

Le dérangement et la pollution sonore provoqués par le trafic maritime font partie des principales « menaces » pour l’espèce, selon Pêches et Océans Canada, qui a confirmé mercredi l’inscription officielle du béluga du Saint-Laurent comme espèce « en voie de disparition ».

Fait à noter, une telle désignation doit aller de pair avec la protection légale de l’habitat essentiel pour le cétacé, ce qui pourrait entrer en conflit avec le développement de projets industriels chers au gouvernement Couillard. Selon la carte publiée mercredi par Pêches et Océans Canada, l’habitat critique s’étend de l’île aux Coudres jusqu’en aval de Trois-Pistoles. Son habitat hivernal se situe toutefois plus en aval.

Le cabinet du ministre Jean D’Amour n’a toutefois pas voulu réagir officiellement mercredi au nouveau classement fédéral du béluga. On a simplement précisé qu’une réaction officielle provenant des Affaires maritimes, du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, mais aussi du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est attendue pour vendredi.

En vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec, le béluga est jugé « menacé » depuis mars 2000.

4 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 4 mai 2017 04 h 52

    Encore !!!

    Il est depuis de nombreux mois évident que les clans qui gouvernent le Canada et le Québec ont décidé de passer sur le corps électoral des Québécois pour imposer leur propre intérêt politique, sans parler de ce qui pourrait être leurs propres intérêts financiers (SVP, y aurait-il un/e journaliste qui puisse enquêter sérieusement sur les patrimoines d'actions et les intérêts d'investissements des individus qui composent ces deux gouvernements ???).
    Les Québécois, en masse, ne veulent pas plus d'un projet de pipeline que d'un port en eau profonde pour le Fleuve... Lui qui non-seulement leur donne à boire, mais fonde leur identité propre. Et donc, dans tous les sens des mots, leurs vies et leur existence.
    Et comme les Québécois n'ent veulent absolument pas, ces deux groupes d'individus procèdent comme à leur habitude canadienne avec leur majorité politique en gagnant suffisamment de temps pour trouver un moyen légal, mais entièrement illégitime, pour contourner cette règle fondamentale de la démocratie qui donne raison au peuple de vouloir que leur territoire et gouvernement soient du peuple, pour le peuple et selon la seule volonté décisionnelle du peuple.
    Si ce gouvernement actuel du Québec qui a été élu par moins du tiers des Québécois veut un regard scientifique éclairant sur la situation des bélugas du Saint-Laurent il lui suffit d'écouter les scientifiques qui oeuvrent depuis trois décennies à Tadoussac et qui sont payés par les fonds publics (et un peu privés) pour en connaître les tenants et aboutissants.
    Pas besoin de maquiller sa supposée réflexion par le financement d'une nouvelle étude sur le sujet de la survie des bélugas.
    Personne que ses propres amis les plus aveuglés d'obstination obtues ne les prendra au sérieux de le faire.
    Ce qui non-seulement est donc un gaspillage éhonté des fonds publics nationaux, mais une ènième manoeuvre de désappropriation démagogique illégitime du pouvoir politique des Québécois sur leur territoire.
    VLQL !

  • André Chevalier - Abonné 4 mai 2017 06 h 44

    Même sort que le caribou des bois?

    Couillard a affirmé qu'il ne sacrifierait pas un seul emploi pour sauver les caribous. Je ne vois pas pourquoi il commanderait une étude sur la cohabitation du béluga avec les impératifs économiques, vu que son idée est déjà faite à ce sujet.

    • Michèle Cossette - Abonnée 4 mai 2017 11 h 43

      Justement, il ne la commande que pour gagner du temps. Le béluga est condamné, c'est clair.

    • Robert Beauchamp - Abonné 5 mai 2017 15 h 03

      Il va subentionner une piscine au zoo Saint-Félicien pour les bélugas.