Les Algonquins d’Abitibi exigent d’être consultés

La mine Canadian Malartic
Photo: Lawrence Côté-Collins La mine Canadian Malartic

Même si le gouvernement Couillard a autorisé l’expansion de la mine Canadian Malartic, le projet ne peut aller de l’avant sans une consultation « adéquate » des Premières Nations, préviennent les leaders de quatre communautés algonquines de la région. Ils n’excluent pas de recourir aux tribunaux pour obtenir gain de cause.

« Le gouvernement du Québec a une obligation constitutionnelle de nous consulter et de nous accommoder avant d’autoriser tout projet d’exploitation sur notre territoire ancestral », résume le chef d’Abitibiwinni, David Kistabish.

Or, il affirme que les quatre communautés algonquines de la région n’auraient pas été consultées de façon « adéquate » avant la décision de permettre à Canadian Malartic de doubler la superficie de sa mine d’or à ciel ouvert.

Les Premières Nations soutiennent pourtant qu’elles sont en droit d’obtenir une « entente » avec la minière sur les impacts, mais aussi les retombées économiques de l’exploitation.

Recours aux tribunaux

Les communautés ne s’opposent pas formellement à la poursuite de l’activité minière, mais elles entendent bel et bien faire respecter leur droit à une consultation.

« Nous comptons prendre tous les moyens à notre disposition afin de protéger nos droits. La solution idéalement passe par la négociation, mais, si nécessaire, nous n’excluons pas le recours aux tribunaux », souligne David Kistabish.

Le cabinet du ministre de l’Environnement, David Heurtel, affirme pour sa part que, dans le cadre de l’évaluation du projet, « le gouvernement du Québec a réalisé une analyse sérieuse de ses obligations à l’endroit des communautés autochtones ».

Échanges et négociations

Des échanges ont eu lieu avec les communautés, ajoute le cabinet, en précisant que cela a amené le gouvernement à prendre en compte certaines considérations, dont celle concernant les milieux humides qui seront détruits par le projet.

Du côté de Canadian Malartic, on précise que des « négociations » sont en cours « depuis plus d’un an » avec les diverses communautés concernées par l’exploitation de la mine, et ce, « afin d’en venir à une entente ».

« Par celle-ci, et en accord avec nos principes de développement durable, nous sommes prêts à nous engager à générer des retombées positives pour ces communautés notamment par la création de projets structurants, la formation, l’éducation, les emplois et l’entrepreneuriat », fait valoir la porte-parole de la minière, Doris Blackburn.

4 commentaires
  • Pierre Robineault - Abonné 24 avril 2017 18 h 10

    Une seule ...

    Une seule et unique question. À qui profitera cet or supplémentaire?
    Poser cette question c'est y répondre. Misère!, pourrait dire un commentateur que j'aime bien lire.

  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 24 avril 2017 21 h 00

    Allez les Algonquins

    défendez nous les quebecois sans couilles face aux donateurs du sous-sol de vos et nos territoires,exigez,poursuivez,déclarez vos intentions devant ces exploiteurs qui optiennent ce quIls veulent de ce veule gouv.comme Pétrolia,Junex et autres que Leitao les poches pleines des coupures récentes est pret a engraisser au détriment des citoiyens démunis.Non,Non,Non,ca dépassent l'entendement.

    • Brigitte Garneau - Abonnée 25 avril 2017 16 h 51

      Et voilà, c'est tout dit!

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 26 avril 2017 23 h 29

    Pourquoi...

    ne sommes-nous pas capables d'exiger, tout comme les Algonquins dont je salue ici la démarche, le même respect pour notre territoire? Sommes-nous moins ...ou plus...
    (vous y insérez le qualificatif qui vous plait)?

    Le jour, où tous ensemble Nous revendiquerons nos droits légitimes...sur une Terre que leurs et nos ancêtres ont cultivée, fécondée et aimée... est-il à notre portée ?
    J'ose espérer que "oui...j'attends le signal !