Les établissements verts Brundtland

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
Carrefour de la citoyenneté responsable organisé par le mouvement des établissements verts Brundtland (EVB), à Montréal
Photo: CSQ Carrefour de la citoyenneté responsable organisé par le mouvement des établissements verts Brundtland (EVB), à Montréal

Ce texte fait partie du cahier spécial Jour de la Terre

Dans les médias, lorsqu’on traite de sujets comme l’environnement, la démocratie, c’est souvent par la négative en citant des catastrophes, des accrocs à la démocratie, etc. Et pourtant, sous l’impulsion du réseau des Établissements verts Brundtland (EVB-CSQ), d’intéressantes initiatives sont prises dans les écoles, des établissements postsecondaires et certaines entreprises. Elles mériteraient une plus grande attention des médias. Regard sur le mouvement.

Mais d’abord, qu’est-ce que les EVB-CSQ ? Les EVB sont nés dans la mouvance de la publication, en 1987, du rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement des Nations unies, aussi connu sous le vocable « rapport Brundtland », du nom de sa présidente, Gro Harlem Brundtland. Le néologisme « développement durable » était alors apparu et est vite devenu populaire. Six ans plus tard, en 1993, le réseau des EVB naissait sous l’initiative d’un rêve collectif de centaines de personnes, sensibles au développement durable, à la Centrale de syndicats du Québec et son partenaire, Recyc-Québec.

Constitué majoritairement d’écoles primaires et secondaires regroupant des membres de la CSQ, le réseau a pris de l’ampleur au fil des années pour inclure quelques autres organisations où l’on trouve des syndiqués de la CSQ, comme les centres de la petite enfance, des cégeps, des universités, des centres d’éducation aux adultes, des centres de formation professionnelle et quelques entreprises. « Avec les importants problèmes environnementaux et de développement que l’on connaît, le réseau a considéré qu’il fallait élargir le mouvement, car les enjeux vécus [ex. : réfugiés environnementaux] dépassent largement les problèmes rencontrés dans les milieux de travail des membres de la CSQ, dit Mario Beauchemin, troisième vice-président de la CSQ et responsable politique des EVB-CSQ. La CSQ est d’ailleurs la seule centrale syndicale au Canada à avoir structuré et développé un mouvement écologique qui compte aujourd’hui 1500 établissements [il n’y en avait que 200 en 1998]. Et ce n’est pas fini, car nous sommes en réflexion sur la manière d’élargir davantage le réseau. »

Photo: CSQ Grande rencontre régionale EVB à l’école du Mistral de la commission scolaire des Phares

Les actions des EVB-CSQ ont des répercussions jusque dans les instances de la CSQ. « Lors du prochain congrès de la centrale, en 2018, le réseau, en collaboration avec des économistes de la CSQ, présentera une proposition visant à favoriser une transition énergétique vers des énergies renouvelables », souligne M. Beauchemin.

Ne deviens pas membre du réseau des EVB-CSQ qui veut. « Pour être admissible, l’établissement doit réaliser une action portant sur l’une des quatre valeurs que promeut le mouvement : démocratie, solidarité, pacifisme et environnement », affirme M. Beauchemin. Cela peut être, par exemple, l’introduction de la vaisselle réutilisable dans la cafétéria de l’établissement.

Fondation Monique Fitz-Back

En 2006, les actions du réseau prennent encore plus d’ampleur avec la création de la Fondation Monique Fitz-Back, nommée ainsi en l’honneur de la cofondatrice des EVB, Mme Fitz-Back. Cette fondation a pour mandat de consolider et d’amplifier le mouvement des EVB-CSQ notamment en appuyant et en finançant des projets éducatifs mobilisateurs, en finançant des activités de sensibilisation et d’engagement du public et en développant des outils d’éducation. La Fondation crée aussi des activités. Par exemple, la Fondation Monique Fitz-Back a organisé le premier Sommet jeunesse sur les changements climatiques qui aura lieu les 28 et 29 avril. Il vise à explorer des solutions concrètes, favorables à une réduction des gaz à effet de serre, qui pourront être mises en place dans le milieu des participants.

Le forum Planèt’Ere

Parmi les événements auxquels le réseau des EVB-CSQ participe, il y a le forum Planet’Ère. Cette année, le 6e forum Planèt’Ere se tiendra à la fin juin dans plusieurs cégeps et universités de la province. L’événement comportera des volets régional, national et international où seront notamment discutés divers enjeux, comme la foresterie et l’agriculture urbaine. Né au Québec en 1997 (tenu ici cette année-là), le Forum a pour objectif de faire la promotion de l’éducation relative à l’environnement dans les pays de la Francophonie. C’est la deuxième fois qu’il se tient au Québec après avoir eu lieu en France, au Burkina Faso, au Cameroun et au Maroc. « Le réseau finance ces forums, y présente des communications et y participe depuis les touts débuts », affirme M. Beauchemin.

Le réseau sera aussi présent, comme chaque année, aux événements organisés dans le cadre du Jour de la Terre, le 22 avril. Cette année, la CSQ s’est associée à la campagne 375 000 arbres (dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal). La centrale fournira un bosquet de 150 arbres qui sera planté sur l’île et contribuera notamment à réduire les îlots de chaleur et à améliorer la qualité de l’air. Le réseau participera aussi à la Marche pour la science, à laquelle peut prendre part tout citoyen désireux que nos gouvernements basent leurs politiques publiques sur des données scientifiques probantes.

Journées de l’engagement jeunesse

Autre engagement significatif, le réseau participe aux Journées de l’engagement jeunesse qui se tiennent dans toutes les régions du Québec jusqu’en 2019. Près de 1000 élèves du secondaire s’engageront alors à réaliser dans leur école au moins un projet portant sur l’écologie, la solidarité, le pacifisme ou la démocratie. Il est né de l’initiative de l’Alliance pour l’engagement jeunesse — formée des EVB-CSQ, d’Amnistie internationale et la Fondation Monique Fitz-Back — et il est réalisé par les comités EVB-CSQ régionaux, appuyés par plusieurs syndicats et partenaires.

Ainsi, dans une école en Abitibi, le site Internet des EVB-CSQ rapporte le témoignage de Maude L’Écuyer, qui a utilisé la Journée mondiale de l’eau comme prétexte pour éliminer l’utilisation des bouteilles d’eau jetables en plastique.

Toutes ces initiatives invitant les jeunes (et moins jeunes) à adopter des actions positives ne méritent-elles pas d’avoir une plus grande attention dans les médias ?