Un crédit d’impôt pour des fosses septiques moins nuisibles

Au Regroupement des organismes de bassins-versants du Québec (ROBVQ), on fait remarquer que, même avec le crédit d’impôt, les installations septiques restent coûteuses.
Photo: Mark Hatfield Getty Images Au Regroupement des organismes de bassins-versants du Québec (ROBVQ), on fait remarquer que, même avec le crédit d’impôt, les installations septiques restent coûteuses.

Les fonds débloqués dans le dernier budget provincial pour aider les gens à mettre aux normes leurs fosses septiques sont vus comme un pas dans la bonne direction pour protéger les sources d’eau potable, notamment dans le bassin-versant de la Rivière-Saint-Charles, à Québec. Cela n’a toutefois rien d’une panacée, prévient-on.

« Si les gens ont des installations septiques à mettre aux normes, c’est une aide appréciable », résume l’ingénieur François Morneau, qui coordonne les mesures de protection du bassin-versant à la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ). « C’est déjà un bon pas. »

La protection des sources en eau potable touche surtout les milieux ruraux, mais c’est aussi un enjeu très délicat à Québec, où des centaines de milliers de personnes s’approvisionnent dans un Lac fragilisé par l’étalement urbain.

Souvent, les résidences en périphérie ne sont pas connectées aux réseaux d’égouts et, quand leurs installations septiques sont déficientes, elles rejettent du phosphore et des bactéries qui peuvent contaminer les sources en eau potable.

Pour pallier en partie ce problème, le gouvernement a débloqué des fonds dans le budget pour aider les gens à financer l’achat de fosses septiques moins nuisibles à l’environnement. L’aide prend la forme d’un crédit d’impôt remboursable dont la valeur peut s’élever jusqu’à 5500 $ par ménage, et jusqu’à 32 000 propriétaires pourraient s’en prévaloir d’ici cinq ans.

« Probablement que ça va encourager les gens qui doivent de toute façon remplacer leurs installations à le faire plus tôt », observe la directrice de l’Association pour la protection de l’environnement du Lac-Saint-Charles (APEL), Mélanie Deslongchamps. Selon elle, les coûts des installations septiques constituent une embûche réelle à la protection des bassins-versants.

Selon François Morneau, d’autres mesures, comme le nouveau programme fédéral consacré aux infrastructures d’eau potable (le FEPTEU), ont aussi un impact positif dans ce dossier en permettant aux municipalités de payer le raccordement de résidences aux réseaux d’égouts.

Pas une panacée

Au Regroupement des organismes de bassins-versants du Québec (ROBVQ), on fait remarquer que, même avec le crédit d’impôt, les installations septiques restent coûteuses avec des factures pouvant s’élever jusqu’à 30 000 $ selon les besoins. « Ça reste un montant relativement restreint », résume son vice-président, Jean-Paul Raîche.

Ce dernier ajoute qu’il reste beaucoup à faire dans ce dossier et que le plan du gouvernement à ce sujet reste à définir. « Ce qui serait vraiment bien, c’est que le gouvernement adopte sa Stratégie québécoise sur la gestion intégrée de l’eau. »

Il ajoute que les organismes de bassins-versants (OBV) mandatés par le gouvernement pour surveiller la vulnérabilité des cours d’eau depuis 2006 sont sous-financés avec un budget annuel d’environ 125 000 $. « Il y a des OBV qui sont fermés ou sont obligés de remercier des employés faute d’argent », dit-il.

Selon le Parti québécois, la hausse du financement des OBV est nécessaire. Dans l’ensemble, le gouvernement est « en rattrapage » dans ce dossier, selon le député péquiste Sylvain Gaudreault. « Ça faisait longtemps que c’était annoncé, mais on n’avait jamais collé d’argent à ça. »

6 commentaires
  • Claudette Rodrigue - Abonnée 1 avril 2017 05 h 10

    Premier Tech est certainement aux anges !

    Cette subvention n'a rien d'un programme ! La campagne limitée de diagnostic des installations septiques (programme PAPA) d'il y a 7-8 ans n'a pas connu de conclusion ni de suivi. Les actions gouvernementales de lutte aux cyanobactéries ont été sabrées. Et soudainement on arrive avec cette subvention qui n'est destinée à personne d'autres que Premier Tech et sans comparses.

    Curieux que ce lien n'ait pas été noté !

    • Serge Morin - Inscrit 1 avril 2017 09 h 33

      Au PLQ Il y a tant d'amis à aider.

    • Daniel Faucher - Abonné 1 avril 2017 12 h 14

      Il y a, en effet, un lien qui peut être fait. Voir http://www.biofiltreecoflo.com/eaux-usees-fosses-s
      Habitant moi-même en zone rurale et ayant dû refaire notre installation septique il y a 5 ans, je peux dire que ECOFLO est un des systèmes les plus proposés par les entreprises d'installation et par les entreprises qui doivent faire les tests de percolation et les plans d'installations recommandées. Des systèmes plus naturels et moins coûteux existent. comme ENVIRO-SEPTIC, mais les professionnels des installations septiques en parlent peu... parce qu'ils peuvent obtenir des avantages de Premier-Tech, comme des vacances toutes payées en Floride, selon la quantité d'ÉCOFLO vendus durant une année. Tout ça en économie souterraine, c'est le cas de le dire. Faut-il s'étonner que Marc-Yvan Côté soit impliqué dans une entreprise comme Premier Tech?

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 1 avril 2017 12 h 45

      en effet curieux...comme bon nombres de projets de Couillard Inc...
      depuis leur accession au pouvoir en 2014...et sous John James Charest,
      ne l'oublions pas...surtout pas! Des projets souvent ficelés pour... et commandités par... les p'tits namis!

      Et restons aussi mobilisés pour un Québec anti Trans-Canada/Énergie- Est...Pas parce qu'on en parle moins, que le péril n'existe plus!

  • Benoit Fournier - Inscrit 1 avril 2017 12 h 18

    Légaliser les toilettes à compost

    Pourquoi créer un « déchet » eau-excréments qu'on devra pomper ensuite alors qu'on pourrait créer du compost, une ressource? Les toilettes à compost efficaces et sans odeur, comme on en trouve un peu partout en Finlande, seraient moins coûteuses et plus efficaces.

    Le principe est simple. Nos « productions », riches en azote, tombent dans un réservoir où se trouve de la sciure de bois, riche en carbone. L'azote et le carbone se combinent, éliminent les odeurs et deviennent du compost. Une très grande partie des selles est composée d'eau; les toilettes à compost efficaces accélèrent l'évaporation de celle-ci, ce qui fait qu'au bout d'un an, dans une famille de quatre personnes, on obtient environ 40 L de copeaux secs. Parfait pour les fleurs!

  • Julien Thériault - Abonné 1 avril 2017 20 h 05

    Deux poids deux mesures

    Là où existe des réseaux d'égouts, seulement 10 % de la facture du traitement des eaux usées incombe aux municipalités. 90 % du coût est subventionné par le gouvernement du Québec.

    Les propriétaires qui ne sont pas reliés à ces réseaux paiement les mêmes impôts que les autres. Comment se fait-il qu'ils ne soient pas subventionnés à la même hauteur ?