L’Office national de l’énergie fusionne les audiences de deux projets de TransCanada

Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a salué la décision de l’ONE.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a salué la décision de l’ONE.

L’Office national de l’énergie vient de rendre service à TransCanada. L’organisme a annoncé mercredi qu’elle fusionnera les audiences de deux projets pourtant distincts de la pétrolière, dont le pipeline Énergie Est. Une décision qui permettra des « gains d’efficacité » dans l’évaluation de ces deux projets de transports d’énergies fossiles.

L’organisme fédéral entend ainsi étudier le projet Énergie Est en même temps que le projet du « réseau principal Est », au lieu de mener deux audiences distinctes. Ces deux projets ne sont toutefois pas situés dans la même région et ne comportent pas les mêmes risques environnementaux, puisque l’un transportera du gaz naturel, tandis que l’autre transportera du pétrole des sables bitumineux.

Dans un communiqué publié mercredi, l’Office national de l’énergie (ONE) a dit avoir pris cette décision à la lumière des « observations » reçues à la suite de l’annonce de la reprise du processus d’examen d’Énergie Est depuis le début. Ces commentaires faisaient notamment valoir qu’une audience conjointe « pourrait mieux atténuer les craintes en ce qui a trait à l’harmonisation de l’échéancier » pour la mise en service des deux projets.

Projets liés

Les deux projets de TransCanada sont effectivement liés. Dans le cadre du projet de pipeline Énergie Est, la pétrolière compte en effet convertir un gazoduc en oléoduc afin d’acheminer le pétrole vers l’Est du pays, en vue de son exportation. Cette conversion représente 3000 kilomètres, sur les 4600 kilomètres du projet.

Comme TransCanada doit continuer d’alimenter ses clients de l’Est en gaz naturel, notamment Gaz Metro, l’entreprise prévoit la construction du « réseau principal Est », un gazoduc de 279 kilomètres dans le sud de l’Ontario.

Selon l’échéancier fixé lors du dépôt de la demande, en 2014, il était prévu de débuter la construction en 2017, de façon à ce que le gazoduc soit mis en service au plus tard en mars 2019. Quand au pipeline Énergie Est, la décision du gouvernement Trudeau pourrait intervenir en 2018, pour une mise en exploitation en 2021 ou 2022.

Cet échéancier ne sera possiblement pas respecté, en raison du redémarrage de l’évaluation fédérale annoncé le 27 janvier. Mais dans sa décision rendue mercredi, l’ONE rappelle que les demandes soumises par des promoteurs doivent être traitées « le plus rapidement possible », selon les délais fixés par la législation fédérale.

Gains d’efficacité

L’organisme fédéral appuie aussi sa décision en soulignant qu’« un examen et une analyse coordonnés des deux demandes entraîneraient des gains d’efficacité pour tous les participants. Ce point de vue est partagé par beaucoup à en juger par les commentaires parvenus à l’Office ».

« Une approche coordonnée pourrait mieux atténuer les préoccupations concernant le délai de production des deux rapports et des recommandations », ajoute l’ONE. L’organisme souligne néanmoins qu’il a « l’intention de voir à ce que ses décisions procédurales n’empêchent pas l’évaluation approfondie de chaque projet ».

Appelé à réagir, le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce, a salué la décision de l’ONE. « Les deux projets sont liés et donc c’est logique à notre avis qu’ils soient étudiés en parallèle, a-t-il écrit dans une réponse transmise par courriel. Pour la suite des choses, nous allons attendre d’autres directives de l’Office. »

Par ailleurs, un autre projet de pipeline de TransCanada est lié à la réalisation d’Énergie Est. Il s’agit du projet Upland Pipeline, qui servira à transporter du pétrole de schiste en provenance de Williston, au Dakota du Nord. Ce pipeline permettra donc à TransCanada d’exporter du pétrole américain en passant par le Canada, et le Québec, à raison de 300 000 barils par jour.

7 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 29 mars 2017 19 h 36

    La charrue devant les bœufs


    « Une décision qui permettra des " gains d’efficacité " dans l’évaluation de ces deux projets de transports d’énergies fossiles ». Une décision qui permettra aussi de récupérer le temps perdu depuis que l'ONÉ s'est tiré dans le pied et qu'il doit être refondé.

    Allez, on ne traîne pas ! Peu importe que les audiences du comité chargé de faire des recommandations au gouvernement Trudeau sur la modernisation de l’ONE aient débuté aujourd'hui même, il ne faut rater aucune opportunité avant qu'on charcute notre monopole.

    À défaut d'être ouvert et transparent, l'ONÉ devrait au moins être cohérent.

  • Stephen Aird - Abonné 29 mars 2017 19 h 57

    Rigueur svp

    Lorsqu'on aborde le sujet d'Énergie Est peut-on être un peu plus rigoureux et faire référence à du dilbit et non du pétrole svp. La différence entre les deux est tellement flagrante que même les marchés boursiers ont des indices différent pour ces deux produits et de plus ils ne peuvent être raffiné avec le même procédé. Les confondre, comme cet article le fait, adoucie notre perception de ce bouillon toxique et fait le lit de l'industrie albertaine.

    • Jean Lefebvre - Inscrit 29 mars 2017 22 h 51

      Aussi de Wiki: Le dilbit est un bitume dilué avec des pétroles extra-légers afin d'en réduire la viscosité pour qu'il puisse être pompé dans un oléoduc, et le bitume est à base d'hydrocarbures. Côté impact environnement, ça ressemble pas mal au pétrole merci!

    • Stephen Aird - Abonné 30 mars 2017 04 h 55

      M Lefebvre, laissez Wiki de côté je vous prie, j'aborde le sujet de la rigueur

  • Annie Larouche - Inscrite 29 mars 2017 22 h 40

    L'ONE est une créature du lobby du nucléaire et du pétrole depuis sa création.
    Tant qu'elle ne sera pas abolie, on continuera d'être soumis à une créature dont Trump serait très fier. M. trudeau, vous êtes vert, vert de peur.

  • Jacques Lapointe - Abonné 31 mars 2017 03 h 47

    Quelle magouillage !

    On essaie de nous faire accroire que ces 3 personnes n'ont pas de préjugés favorables pour les pipelines. On nous prend pour des imbéciles. Ces projets non rien en commun. Ce ne sont pas les mêmes produits qui seront transportés. Peu on prétendre que c'est le même genre de cours d'eau que l'on va traverser, que les sols sont de mêmes natures. Déjà de proposer de fusionner ces deux projets, nous démontre clairement que l'ONÉ a un préjugé favorable à la pétrolière. Ce n'est pas avec ces projets que l'on va atteindre les objectifs de la Coop 21. Oubliez les pipelines, il faut allez vers les énergies renouvelables et ça presse avant que le climat ne s'emballe. Il est évident que l’on n’écoute pas les scientifiques.

  • Raymond Chalifoux - Abonné 31 mars 2017 20 h 23

    Ça sent le sapin...

    ...juste en bas des reins...


    ..." c'est donc logique à notre avis..." qu'y dit...

    On a chaque fois la logique qui nous arrange, n'est-il pas!