Rona Ambrose craint que le Québec bloque Énergie Est

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose

La chef intérimaire du Parti conservateur, Rona Ambrose, doute de la possibilité de construire le pipeline Énergie Est, en raison de l’opposition du maire de Montréal Denis Coderre et des groupes environnementaux actifs au Québec.

« Je dois être complètement honnête avec vous. Je ne vois pas comment [le projet Énergie Est] pourra se concrétiser », a-t-elle affirmé lundi, dans le cadre d’un discours prononcé devant les membres du Toronto Region Board of Trade, la chambre de commerce de la Ville Reine. Ses propos ont été rapportés par Global News.

Selon Mme Ambrose, la construction de ce pipeline de TransCanada est loin d’être assurée, et ce, même si le projet recevait une recommandation favorable de l’Office national de l’énergie et que sa réalisation était assortie de plusieurs conditions.

Coderre pointé du doigt

La chef intérimaire du Parti conservateur juge d’ailleurs que c’est au Québec, et plus particulièrement dans la région de Montréal, que le projet d’exportation de pétrole des sables bitumineux risque de frapper un mur. Dans le cadre de son allocution, Rona Ambrose a visé directement le maire Denis Coderre, qui s’oppose ouvertement au pipeline Énergie Est.

« Si vous pensez que Denis Coderre et les groupes qui se sont organisés contre Énergie Est vont donner au gouvernement leur accord pour passer par Montréal, je n’y crois pas. J’aimerais être plus optimiste », a-t-elle dit lundi. « Je ne vois pas le projet Énergie Est passer par Montréal, ce n’est que la réalité politique », a insisté la leader conservatrice.

M. Coderre, qui préside la Communauté métropolitaine de Montréal, estime que le projet de la pétrolière TransCanada « n’est pas pertinent » pour le Québec et la région montréalaise. Selon lui, les risques pour les sources d’eau potable de la région, mais aussi l’absence de réponses de la part de l’entreprise militent en faveur d’un refus du projet, conçu pour faciliter le transport de pétrole brut albertain.

Audiences publiques

L’allocution de Rona Ambrose survient à la veille du début des audiences, à Montréal, du comité mandaté par le gouvernement Trudeau pour mener des consultations sur la modernisation de l’Office national de l’énergie. Ces audiences doivent se dérouler mardi et mercredi. Plus d’une centaine de personnes se sont déjà inscrites pour y participer.

Le « comité d’experts » mis sur pied par le gouvernement Trudeau en novembre dernier doit lui « recommander des moyens de moderniser » l’Office d’ici le 15 mai. Trois des cinq membres du comité ont travaillé dans des organisations liées à des entreprises du secteur des pipelines.

Dans une sortie publique lundi, des groupes environnementaux ont de nouveau critiqué la composition de ce comité. Les écologistes, qui promettent un comité d’accueil mardi matin devant l’hôtel où doivent se tenir les audiences du comité, ont également réclamé une « enquête publique » sur la rencontre tenue par des membres de l’Office national de l’énergie avec Jean Charest en 2015. L’ex-premier ministre du Québec était alors consultant pour TransCanada dans le cadre du projet Énergie Est.

12 commentaires
  • Pierre Lalongé - Abonné 27 mars 2017 20 h 53

    Trop de risques!

    Madame Ambrose fait bien de douter. Quand un projet n'a pas d'allure...

    C'est beaucoup trop de risques pour l'eau potable de la majorité des québécois; point final.

  • André Joyal - Inscrit 27 mars 2017 21 h 22

    Ça regarde bien!

    Si Mme Ambrose exprime ses doutes,c'est bon signe pour nous.Continuons le combat!

  • André Mainguy - Inscrit 27 mars 2017 23 h 34

    Energie Est

    Madame Ambrose avoue clairement que les intentions fédérales sont d'imposer Énergie Est à la population du Québec, peu importe les conséquences.

    A Lac Mégantic, Ottawa s'est bien foutu que la sécurité soit négligé ou pas, le pétrole avant les humains.

    Plus de 860 cours d'eau à polluer dans la Vallée où vit la population, c'est non.

    On sait que si Ottawa ne construit pas maintenant le contournement de 12 km de voie ferrée à Lac Mégantic, ce n'est pas parce que les études vont durer 4 ans, on n'est pas des fous, monsieur le ministre Garneau.

    C'est tout simplement la solution de rechnage si Québec bloque Energie Est et lorsque l'on parle de Québec, on ne parle pas de P. Couillard, mais du peuple.

    On a déjà le Pont de Québec abandonné par le CN, et des dizaines de sites miniers que les propriétaires devaient remettre en états, mais ils nous ont laissé à la fois le travail et la facture.

    Si ça prend vraiment 4 ans d'études pour 12 km de voie ferrée à Lac Mégantic, on peut penser une centaine d'années pour étudier Énergie Est, compte tenu des nobreux défis à relever par les autorités fédérales et le promoteurs, sans oublier les puissances d'argent ?

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 28 mars 2017 06 h 40

    Une chance!

    Enfin quelque chose qui ressemble à une bonne nouvelle, malgré le fait que cette femme chef intérimaire du PC ait une idée fixe sur le pipeline traversant le Québec. Cependant, il y a un autre petit côté à la médaille. Son allocution contre le Québec et Montréal va probablement alimenter certains commentaires au ROC dans le style de A. Potter.... Mais cela est beaucoup moins grave que de mettre en danger notre territoire, à commencer par notre eau potable. On n'est pas si mentalement aliénés, tout compte fait! Aussi, c'est peut-être la raison pour laquelle Mme Rosa semble si déçue.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 28 mars 2017 08 h 41

    Mme Ambrose n'a rien compris

    Pour les Québécois et les canadiens l'eau est plus importante que quelques millions de litres pétrole, ressource qui ne sera plus utile d'ici 50 ans.
    L'eau potable elle est une nécessité pour des millions d'année à venir, n'a t-elle pas compris cela. Pôvre Mme Ambrose.

    • Pierre Fortin - Abonné 28 mars 2017 19 h 28

      Il y a aussi un beau côté, un premier pas, dans la déclaration de madame Ambrose. À titre de Chef intérimaire du Parti conservateur du Canada, elle vient d'introduire ce premier constat au plus haut niveau politique du pays. Le Parlement ne pourra plus fermer les yeux sur la volonté affirmée des Québécois.

      Il faudra entretenir la flamme.