Les États ne travaillent pas assez fort, juge un haut responsable de l’ONU

Robert Glasser, haut responsable de l'ONU, plaide pour une réduction de la production pétrolière, un message qui s'adresse notamment au gouvernement canadien. 
Photo: Norberto Duarte Agence France-Presse Robert Glasser, haut responsable de l'ONU, plaide pour une réduction de la production pétrolière, un message qui s'adresse notamment au gouvernement canadien. 

La réduction des risques de catastrophes naturelles passe d’abord par une diminution rapide des émissions de gaz à effet de serre, un domaine où les États tardent à agir, déplore Robert Glasser, haut responsable de l’ONU. Il plaide d’ailleurs pour une réduction de la production pétrolière, un message qui s’adresse notamment au gouvernement canadien.

« Les États ne travaillent pas assez fort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ils doivent agir très rapidement », laisse tomber le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la prévention des risques de catastrophes, en entrevue au Devoir.

M. Glasser est à Montréal cette semaine pour la « cinquième Plateforme régionale sur la réduction des risques de catastrophes des Amériques », un sommet qui réunit 35 pays sous l’égide des Nations unies. L’objectif est d’entamer la mise en oeuvre du Cadre de Sendai, une convention signée par 187 États qui vise à réduire les impacts humains et économiques des catastrophes naturelles.

Le message de ce haut responsable de l’ONU est d’ailleurs clair : la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) est « l’enjeu le plus urgent » pour la communauté internationale, si elle souhaite atténuer les risques des tempêtes, sécheresses, inondations et autres désastres. « Si les émissions de gaz à effet de serre continuent de croître, nous allons assister à une forte augmentation de la fréquence et de la sévérité des événements climatiques extrêmes. »

Déjà, constate-t-il, ces catastrophes sont plus fréquentes que jamais. Qui plus est, en raison de l’inévitable réchauffement en cours, « de plus en plus de régions de la planète seront touchées ».

Insuffisant

Si rien n’est fait pour lutter plus concrètement contre les bouleversements climatiques, tous les efforts mis en avant avec le Cadre de Sendai risquent carrément d’être annulés. « Si nous ne limitons pas le réchauffement à deux degrés, et idéalement à 1,5 degré, tous nos efforts pour faire face à ces risques seront outrepassés, non seulement en ce qui a trait aux événements actuels, mais aussi aux cascades d’événements qui auront des coûts humains et économiques. »

Or, les engagements pris jusqu’à présent par la communauté internationale sont tout simplement insuffisants. À supposer que tous les États respectent leurs promesses de réduction des GES, la planète serait toujours sur une trajectoire de près de 3 °C à l’horizon 2100, soit le double de ce que la science juge sécuritaire.

Robert Glasser estime d’ailleurs que la responsabilité climatique impose de réduire la production pétrolière. « Plusieurs études très sérieuses suggèrent qu’une part importante des réserves pétrolières doit demeurer sous terre si nous voulons parvenir à limiter le réchauffement à 1,5 ou 2 degrés. Si ces réserves déjà prouvées sont utilisées et brûlées, nous allons dépasser largement les deux degrés », explique-t-il.

Diplomate, il souligne que le Canada, détenteur des troisièmes réserves pétrolières mondiales, « est un leader en matière d’engagement » pour une réduction des GES. « Bien sûr, ajoute-t-il, on doit toujours gérer notre mix énergétique. Mais plus nous pourrons réduire [l’exploitation pétrolière], moins nous serons à risque de dépasser un réchauffement de deux degrés. »

Haut responsable de l’ONU, Robert Glasser plaide pour une réduction de la production pétrolière.

1 commentaire
  • Bernard Terreault - Abonné 9 mars 2017 13 h 35

    Prêcher dans le désert

    C'est ce que fait de par le monde ce pauvre monsieur, entre deux vols d'avion, grands consommateurs de pétrole.