Peu d’impact sur la facture d’électricité au Québec, conclut un rapport sénatorial

Le rapport final du Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles est attendu à la fin 2017.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le rapport final du Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles est attendu à la fin 2017.

Riche en hydroélectricité, le Québec pourrait être l’une des seules provinces épargnées par une inévitable hausse des prix de l’énergie découlant des engagements climatiques internationaux du Canada.

C’est ce qui ressort du rapport sénatorial intitulé « Positionner le secteur de l’électricité canadien : vers un avenir restreint en carbone », déposé mardi et dont le sénateur québécois Paul Massicotte a présenté les principales conclusions.

En conférence de presse à Ottawa, il a souligné que les consommateurs québécois et britanno-colombiens devraient être ceux qui ressentiront le « moins d’impact » sur leur facture d’électricité, car ils s’alimentent à l’hydroélectricité, qui émet très peu de gaz à effet de serre (GES).

Dans les autres provinces plus dépendantes des combustibles fossiles, en revanche, il y aura « fort probablement » une hausse de la facture si Ottawa veut atteindre ses cibles de réduction de GES, a indiqué le sénateur libéral indépendant.

Car l’Alberta, la Saskatchewan, la Nouvelle-Écosse ou encore le Nouveau-Brunswick ont encore « fortement recours » au gaz naturel ou au charbon pour produire de l’électricité, ce qui fait grimper les émissions de GES, a-t-il souligné.

Pouvoirs fédéraux

Le rapport note que les provinces et territoires « décident des moyens d’approvisionnement en électricité et des modalités de paiement », mais que le fédéral dispose de « nombreux pouvoirs et instruments politiques » pour influer sur le fonctionnement des réseaux.

Ainsi, même s’il « faut que les producteurs d’électricité abandonnent progressivement le charbon », il faut également « se rendre compte du fardeau financier que représenterait, dans certaines provinces, une transformation précipitée », a commenté M. Massicotte.

Effet Trump

Le sénateur a par ailleurs souligné qu’il faudrait un travail « herculéen » afin de parvenir à respecter les engagements de l’Accord de Paris sur le climat, d’autant plus que le secteur de l’électricité compte seulement pour 11 % des émissions totales de GES du Canada.

Ce travail déjà colossal est devenu encore plus complexe avec l’« incertitude » découlant de l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, est-il mentionné dans le rapport sénatorial.

Car le nouveau gouvernement « a déjà fait état des changements qui seront probablement apportés aux politiques commerciale, énergétique et relative au changement climatique du pays, notamment une réduction considérable de l’impôt sur le revenu des sociétés ».

Les objectifs poursuivis par Donald Trump et son équipe posent donc « de sérieux défis pour le Canada, qui doit demeurer concurrentiel tout en s’efforçant de réduire ses émissions de GES, ce qui entraîne généralement une augmentation des coûts d’affaires », précise le document.

Le Comité sénatorial permanent de l’énergie, de l’environnement et des ressources naturelles étudie les coûts que pourraient entraîner, pour le Canada, les engagements pris en vertu de l’Accord de Paris sur le climat.

Son rapport final est attendu à la fin 2017.

2 commentaires
  • Sébastien Collard - Abonné 8 mars 2017 07 h 29

    Hautement questionnable

    La Presse, L'actualité, le Huffington Post et maintenant Le Devoir relaient ce qui semble être soit une fausse nouvelle, soit un rapport biaisé, soit un rapport complaisant. La firme new-yorkaise Lazard dresse un bilan plusieurs fois par année montrant les coûts hors subvention des différentes formes d'énergies. L'éolien et le solaire sont maintenant bien moins chers que le gaz et le charbon.

    En ce sens, il demeure vrai que le Québec et la C.-B. devraient en effet avoir peu de variations des coûts. Par contre, les autres provinces seront celles qui auront les plus grandes baisses du coût de l'électricité. À moins que le sénateur Massicotte puisse nous expliquer - faits à l'appui - comment Lazard se trompe!

    En attendant, chapeau aux énergies fossiles qui auront su répéter sans frais le messages faux qu'elle ne sont pas plus dispendieuses.

  • Daniel Grant - Abonné 9 mars 2017 15 h 14

    Vrai pas vrai on y va avec des nouvelles

    Très juste M. Collard

    C'est une nouvelle qui pue le pétrole à plein nez.

    Pourquoi se faire déranger par des lobbyistes du pétrole, aussi bien les engager pour travailler au gouvernement et en plus un sénateur ça fait sérieux. (G.W. Bush)

    On peut douter de la NASA mais hey pas un sénateur.

    Il est temps que nos média nous inondent des histoires à succès des énergies propres (vent et soleil qui coûtent moins chères et sont plus efficaces que le fossil) partout dans le monde avec un minimum d’aide des gouvernements.

    Les énergies propres qui créent de l'emplois, qui créent de la prospérité, qui contribuent au PIB. Ce qui nous prive de plus emplois c'est notre gouvernement qui se traîne la patte pour pour adopter les nouvelles énergies.

    On n'est plus au temps ou on pensait que les batteries n'étaient utilisées que pour faire tambouriner les petits lapins rose de Duracell, non les batteries font parti du quotidien de tout le monde autour de la terre pour nos iPhones, outils électriques etc... Nous en voulons de plus performantes et moins chères et c'est ce qui se produit maintenant pas dans 20 ans.

    Les batteries c'est ce que nous avons besoin pour accumuler de l'énergie propre.

    Ce qui coûterait cher aux autres provinces serait de ne pas adopter l'énergie propre et de continuer à subventionner les milliardaires du fossil à coût de milliards par année.