Justin Trudeau, invité vedette chez les grandes pétrolières

Justin Trudeau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau

Dans un geste sans précédent pour un premier ministre canadien, Justin Trudeau sera le conférencier vedette d’un événement qui réunira, au Texas, les principales multinationales des énergies fossiles, dont celles actives dans l’exploitation des sables bitumineux. M. Trudeau y recevra d’ailleurs un prix pour son « leadership mondial » dans le domaine énergétique.

Selon ce qu’a annoncé jeudi le cabinet du premier ministre, M. Trudeau « prononcera le discours principal » de la conférence CERAWeek, qui se tient du 6 au 10 mars à Houston, au Texas. Cette conférence regroupe principalement de grandes entreprises du secteur énergétique, mais aussi des ministres de l’énergie et des ressources naturelles de plusieurs pays.

Parmi les « partenaires » qui soutiennent directement cet événement organisé par la firme de consultants et de lobbyistes IHS Cambridge Energy Research Associates (IHS CERA), on retrouve plusieurs multinationales actives dans l’exploitation des sables bitumineux. C’est le cas de Total, ExxonMobil, BP, Shell, Chevron et ConocoPhillips.

Rencontres

Sur la longue liste des conférenciers de cette année à la CERAWeek, on compte des représentants d’entreprises qui développent des projets de pipelines, comme Enbridge et TransCanada, ou encore d’infrastructures d’exportation de gaz naturel, notamment Petronas.

Interpellé par Le Devoir, le cabinet de Justin Trudeau n’a pas précisé si le premier ministre évoquera précisément le développement pétrolier et gazier au Canada. « Le premier ministre discutera de la stratégie du Canada qui consiste à lier le développement économique et l’exploitation des ressources au leadership en matière d’environnement et à l’innovation en matière d’énergie renouvelable », a toutefois expliqué l’attachée de presse du cabinet, Andrée-Lyne Hallé.

Mme Hallé a aussi confirmé que Justin Trudeau « rencontrera certainement différentes personnes » lors de son passage à la conférence CERAWeek. « Cependant, les détails sur les rencontres ainsi que l’horaire détaillé de la visite à Houston sont pas encore finalisés », a-t-elle ajouté, en précisant que les détails seront rendus publics dans l’agenda public du premier ministre.

Trudeau récompensé

En plus des rencontres à prévoir lors de son séjour à Houston, le premier ministre recevra « le prix du leadership mondial en matière d’énergie et d’environnement », une distinction qui lui sera remise par les organisateurs de la CERAWeek « pour souligner son engagement envers la durabilité énergétique et environnementale ».

« Le premier ministre réitère fréquemment, et ce partout tant au Canada qu’à travers le monde, son engagement pour l’innovation en matière d’énergie renouvelable et l’importance d’allier le développement économique au développement durable et à la protection de l’environnement », a fait valoir l’attachée de presse de M. Trudeau.

C’est la première fois qu’un premier ministre canadien participe à cette conférence, qui se penchera notamment cette année sur l’avenir du secteur pétrolier. En 2016, c’est le ministre des Ressources naturelles Jim Carr qui avait représenté le Canada à la CERAWeek.

M. Carr avait notamment évoqué la place du Canada dans le marché international du gaz naturel liquéfié, en citant le projet Pacific NorthWest, de l’entreprise Petronas. Ce projet d’exportation de gaz de schiste a été approuvé en septembre dernier.

Les participants qui souhaitent assister à l’événement durant toute la semaine doivent débourser l’équivalent de 10 300 $ canadiens.

22 commentaires
  • Patricia Posadas - Inscrite 2 mars 2017 19 h 45

    Sans mots

    Eh bien, non, finalement, j'en trouve 1: malaise, 2: trahison, 3: honte, 4: hypocrisie et, pour finir, 5: menteur... Je tais tout ce que je pense. Je tente de faire l'impasse sur mon cynisme.

    • Gilles Delisle - Abonné 3 mars 2017 08 h 14

      Mme Posadas,
      Rencontrer tous les Enbridge et Trans-Canada de ce monde, c'est comme si on rencontrait les membres de notre prochain Comité électoral , qui assurera notre réélection prochaine.

    • Robert Beauchamp - Abonné 3 mars 2017 11 h 58

      Comme Charest et cie en visite à Sagard en grande pompe. On n'est pas sorti des marais bitumineux.

  • Eric Beauchesne - Abonné 2 mars 2017 20 h 17

    Nausée bitumineuse

    Quelle hypocrisie Monsieur Trudeau!

    • Brigitte Garneau - Abonnée 4 mars 2017 16 h 34

      Monsieur Trudeau est-il bon comédien ou mauvais menteur? Vous avez raison Monsieur Beauchesne, Monsieur Trudeau est dangereusement HYPOCRITE! Pour la franchise et la sincérité...on repassera!

  • André Mainguy - Inscrit 2 mars 2017 20 h 28

    Trudeau et l'énergie fossile

    En moins de 2 ans, Justin Trudeau sera passé du jeune premier qui avait de grandes valeurs. Comme chacun fait son cinéma en politique, son rapprochement avec les gens du pétrole, on entend l'utiliser, parce que chaque homme a son prix.

    Le climat ne s'est pas suffisamment déchaîné pour que les dirigeants comprennent. Si le Canada double sa production de pétrole, les puissantes pétrolières feront de même et les prix s'effondreront.

    Bonsieur Trudeau, n'utilisez plus les mots « classe moyenne », parce que ça sonne de plus en plus faux dans la bouche des politiciens.

    • Robert Beauchamp - Abonné 3 mars 2017 11 h 56

      Lui-même descendant d'un fossilisé ayant trahi le fleur-de-lysée.

  • Colette Pagé - Inscrite 2 mars 2017 21 h 33

    Parler des deux côtés de la bouche !

    Ce qui pour le dire autrement peut être qualifié de manque de cohérence et de congruence. Et l'accord de Paris !

  • Jean-Paul Carrier - Abonné 2 mars 2017 23 h 29

    Au loup! Au loup! Au loup!

    ...Un jour qu’il ( le berger) s’ennuyait particulièrement, il grimpa sur la colline qui dominait le village et il hurla : « Au loup ! Un loup dévore le troupeau ! »

    A ces mots, les villageois bondirent hors de leurs maisons et grimpèrent sur la colline pour chasser le loup...

    Pas un mot n'est encore connu du discours du premier ministre et déjà il est cloué au pilori par les bergers qui crient "Au loup". Peut-être vos craintes sont-elles fondées. Peut-être pas. Cependant pour faire suite aux commentaires déjà publiés, ne devrait pas en faire autant, et critiquer tous les participants aux sessions d'études, voir: le développement de l'électricité et des ressources renouvelables, les changement climatiques et les stratégies après l'accord de Paris, la robotique domiciliaire et la gestion de l'énergie, promotion des projets d'énergies futures à basse émission de carbone, l'émergence du transport électrique, etc. Je me demande ce qu'en pense le CEO et Chairman de Électricité de France qui participera à la session d'étude "La transition de l'énergie électrique: "Stratégies globales", ou bien la présidente et CEO de l'institut de l'énergie nucléaire. Le pétrole est toujours une malheureuse réalité. Refuser de participer au dialogue sur son utilisation et les conséquences économiques et environnementales c'est refuser de voir la réalité en face.

    Y a-t-il un loup dans la bergerie ou simplement des bergers qui aimerait voir en arriver un?

    On s'en reparlera le 11 mars prochain.

    • Michèle Dorais - Abonnée 3 mars 2017 08 h 28

      Bien dit !

    • Jean Santerre - Abonné 3 mars 2017 10 h 04

      Ne brouillez pas les cartes M.Carrier!
      Pour voir ce qui se dira, on a simplement qu'à se souvenir de ce qu'il a déjà fait ou dit.
      Et les faits sont limpides et précis.
      L'autorisation de Kinder Morgan et le remplacement de la ligne #3 sont 2 projets sur 3 qui ont été approuvés par M.Trudeau et son gouvernement en novembre 2016.
      Le troisième qu'il tarde à approuver, simplement parce que le niveau de contestation n'a pas été encore suffisamment abaissé, est Northern Gateway qui est bloqué par des contestations autochtones, mais ce n'est que partie remise.
      Patience et longueur de temps lié à l'amnésie collective fonctionnent à coup sûr pour tout programme politique.
      On n'entend plus parler d'énergie-est, mais ne croyez pas un seul instant, que personne ne s'agite sans relâche sur sa réalisation.
      L'énergie de M. Trudeau est avant tout fossile.
      Mais la trahison n'est pas là, car la trahison est la conférence de Paris que l'on a signée sans avoir aucunement l'intention de la respecter.
      C'est aussi bête que cela.
      Cela permet aux naïfs d’espérer, rien de plus.
      On peut nommer une réunion de producteurs de croustilles, de boisson gazeuse et de sucrerie du titre pompeux de conférence sur la santé et les saines habitudes de vie et inviter des nutritionnistes ou des producteurs de légumes, mais sa conclusion ne fait aucun doute.