Aires protégées: Québec ne s'engage pas à révoquer les droits cédés au privé

La création d'aires protégées sur le territoire des Chics-Chocs, en Gaspésie, est bloquée en raison de l'omniprésence de permis pétroliers.
Photo: Alexandre Shields Le Devoir La création d'aires protégées sur le territoire des Chics-Chocs, en Gaspésie, est bloquée en raison de l'omniprésence de permis pétroliers.

Le ministre de l’Environnement David Heurtel n’est pas en mesure de dire si les droits territoriaux accordés à des entreprises, et qui ont pour effet de bloquer la création d’aires protégées, seront révoqués. L’existence de ces droits signifie que 69 projets de protection ne pourraient tout simplement pas se réaliser, selon ce qu’a révélé jeudi Le Devoir.

Un document produit par des experts du ministère de l’Environnement du Québec démontre en effet que les démarches entreprises dans différentes régions de la province ont permis d’identifier 183 projets d’aires protégées.
 

Or, 69 de ces projets ne pourraient pas voir le jour actuellement, puisque les territoires identifiés entrent en conflit avec des droits déjà concédés à des entreprises privées. Il peut s’agir de permis d’exploration pétrolière et gazière, de permis miniers ou encore de droits de coupes pour l’industrie forestière. Le ministère évoque d’ailleurs ouvertement des « contraintes » à la création d’aires protégées.
 

Interpellé jeudi par Le Devoir, le cabinet du ministre de l’Environnement David Heurtel n’a pas voulu préciser si ces contraintes devraient ou pourraient être levées, en vue de la réalisation d’aires protégées. « Le travail se poursuit. Nous travaillons en collaboration avec les ministères concernés, le milieu régional et les communautés autochtones afin de nous entendre sur les territoires à protéger », a répondu son attachée de presse, Émilie Simard.

Le bureau du ministre a toutefois réaffirmé que « le gouvernement est tout à fait déterminé à atteindre ses objectifs » en matière de protection du territoire terrestre du Québec. À l’heure actuelle, 9,33 % du territoire est constitué d’aires protégées. L’objectif fixé pour 2020 est de 17 %.


Plan d’action

Est-ce que le gouvernement s’est donné une stratégie ou un plan d’action en vue de l’atteinte de cet objectif ? « Nous avons un plan de match établi à cette fin et les actions de connaissance, d’identification des territoires et d’analyse des enjeux et processus de concertation et de consultation sont en marche », a fait valoir Émilie Simard.

Pour le directeur général de la Société pour la nature et les parcs Québec (SNAP Québec), Alain Branchaud, il reste toutefois beaucoup de travail à faire pour atteindre cette cible. « C’est une véritable course contre la montre qui s’amorce et le chemin pour atteindre les 17 % du territoire terrestre protégé d’ici 2020 ne sera pas facile », a-t-il fait valoir jeudi.

La SNAP Québec estime que la tenue d’un « Sommet extraordinaire sur la biodiversité » faciliterait l’atteinte de cet objectif.

4 commentaires
  • Sylvie Lapointe - Abonnée 23 février 2017 19 h 37

    Le privé en priorité, pas le protégé.

    Mais qui est-ce qui a cru un instant que Québec - le gouvernement du PM Couillard plus précisément - s'engaregait à révoquer les droits cédés au privé? Ce n'est toujours bien pas les aires protégées qui sont la priorité du gouvernement du PM Couillard! La priorité du PM Couillard, c'est le privé, pas le protégé. Qu'on se le tienne pour dit.

  • Denis Paquette - Abonné 24 février 2017 00 h 04

    n'en offrons nous pas pour des milliards tous les ans

    comment voulez-vous que nos chers liberaux recompensent leurs petits amis, leurs traditions n'est-il pas depuis toujours de brader le Québec, ce serait interessant de savoir ce que nous coute ces cadeaux,

    • Brigitte Garneau - Abonnée 24 février 2017 13 h 15

      «Ce serait intéressant de savoir ce que nous coûtent ces cadeaux.» Vous avez bien raison M. Paquette. Cependant, moi ce qui m'intrigue, c'est de savoir ce qui nous restera (partie du territoire) et combien d'argent il nous restera (notre gouvernement semble excessivement généreux). Enfin, ce qui coûtera le plus cher sera de réparer (si possible) les dégâts provoqués par les «petits amis» du gouvernement. C'est à ce moment-là que ça va faire très, très mal...

  • Francine La Grenade - Inscrite 25 février 2017 14 h 41

    Expropriation

    Ca marche d un cote, pourquoi pas de l autre? On peut exproprier des gens pour faire passer des oleoducs. Pourquoi on ne peut pas exproprier des compagnies pour etablir une zone protegee?