Québec se prépare à ce que sera demain

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel (à droite), a annoncé l’octroi d’un budget de 12,7 millions à Ouranos pour financer les recherches du consortium spécialisé dans les questions climatiques. Sur la photo, on reconnaît également le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque, à gauche, ainsi que les ministres Martin Coiteux et Dominique Anglade.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de l’Environnement, David Heurtel (à droite), a annoncé l’octroi d’un budget de 12,7 millions à Ouranos pour financer les recherches du consortium spécialisé dans les questions climatiques. Sur la photo, on reconnaît également le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque, à gauche, ainsi que les ministres Martin Coiteux et Dominique Anglade.

Quelle que soit l’ampleur des mesures qui seront prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le Québec subira les impacts des changements climatiques. Le gouvernement offre donc 12,7 millions au consortium de recherche Ouranos, dans le but d’accroître les efforts de recherche sur l’adaptation à cette crise environnementale.

« Agir sur le plan de l’adaptation, c’est investir dans la santé et la sécurité des populations et dans la protection d’un environnement en pleine transformation », a fait valoir le ministre de l’Environnement, David Heurtel, lundi, dans le cadre de l’annonce du soutien au centre de recherche.

Le ministre a ainsi souligné que les fortes tempêtes hivernales qui ont provoqué des dommages importants au cours des dernières semaines sur la Côte-Nord et en Gaspésie témoignent de la nécessité de mieux se préparer aux impacts des bouleversements climatiques au Québec.

Un point de vue que partage le directeur général d’Ouranos, Alain Bourque. « La science dit clairement que la réduction des gaz à effet de serre doit demeurer vigoureuse, mais qu’elle ne permettra de réduire qu’en partie l’ampleur des impacts des changements climatiques », a-t-il souligné.

Ce dernier estime d’ailleurs qu’il est devenu « urgent » de tenir enfin compte des inévitables transformations du climat dans la construction ou la reconstruction des infrastructures.

Coûts élevés

Selon ce qu’a précisé le ministre Heurtel, les investissements en adaptation sont justement nécessaires « pour diminuer la pression que les impacts des changements climatiques exercent sur les finances publiques ».

Il est vrai que ces impacts risquent d’avoir des effets dévastateurs et très coûteux pour des milliers de kilomètres de côtes du Québec, concluaient l’an dernier trois études scientifiques coordonnées par le consortium Ouranos.

L’analyse menée par Ouranos et des chercheurs de l’Université du Québec à Rimouski évalue ainsi que l’érosion des côtes pourrait « mettre en danger des milliers de bâtiments publics et privés, mais aussi des infrastructures routières et ferroviaires », pour des pertes totales évaluées à plus de 1,5 milliard d’ici 50 ans.

Cette estimation peut toutefois être considérée comme prudente, puisqu’elle ne tient pas compte des impacts indirects des changements climatiques sur l’économie régionale, la santé, le tourisme et les écosystèmes.

Retards

Avec les fonds octroyés par le gouvernement Couillard, Ouranos compte en outre financer des travaux de recherche sur l’incidence des incendies de forêt et leurs impacts sur les infrastructures et les communautés. On souhaite aussi élaborer une meilleure cartographie des zones inondables.

D’autres projets doivent aborder la question des ressources en eau dans les années à venir, mais aussi les impacts sur la santé humaine de problèmes dont la propagation est probable, comme l’herbe à poux ou la maladie de Lyme.

Un récent rapport produit à la demande des premiers ministres des provinces et du fédéral conclut par ailleurs que le Canada accuse un important retard en matière d’adaptation aux changements climatiques.

Le document souligne ainsi que, s’il est primordial de réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faudrait impérativement mettre autant d’efforts dans l’adaptation.

Au bout du compte, les impacts du réchauffement sont déjà évidents à travers le pays, rappelle le rapport. Et tous ces phénomènes « présentent des risques significatifs pour les communautés, la santé et le bien-être, l’économie et l’environnement ». Et surtout, ils vont « persister et s’aggraver, même avec un effort concerté de réduction des émissions de gaz à effet de serre », prévient le rapport.


Le climat de la planète et celui du Québec changent, provoquant des impacts différents selon les régions touchées. Les infrastructures, les écosystèmes et la population sont directement touchés et le seront encore à l’avenir.

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