Le mouvement environnemental, une «menace pour la prospérité»

Myron Ebell (à droite) vient tout juste de retourner travailler dans le secteur privé pour un groupe opposé à la réglementation.
Photo: Glyn Kirk Agence France-Presse Myron Ebell (à droite) vient tout juste de retourner travailler dans le secteur privé pour un groupe opposé à la réglementation.

Le mouvement environnemental est la pire menace pour la prospérité dans le monde. C’est du moins l’opinion de Myron Ebell, l’homme qui a piloté la transition à l’Agence de protection de l’environnement au nom du président américain, Donald Trump.

M. Ebell, qui vient tout juste de retourner travailler dans le secteur privé pour un groupe opposé à la réglementation, s’en est pris sans détour au mouvement environnemental dans le cadre d’un discours prononcé à Londres.

« Le mouvement environnemental est, selon moi, la plus grande menace à la liberté et à la prospérité dans le monde moderne », a-t-il soutenu, dans le cadre d’une allocution rapportée par le quotidien britannique The Guardian.

Climat

Myron Ebell, un climato-négationniste notoire, a aussi profité de son discours pour affirmer que, selon lui, le président Trump tiendra sa promesse de retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, qui regroupe présentement 196 États.

« Je ne crois pas qu’il y ait le moindre doute sur le fait que [Donald Trump] ne croit pas que le réchauffement est une crise et qu’il faut réduire de façon immédiate et importante les émissions de gaz à effet de serre », a-t-il insisté.

En campagne électorale, Donald Trump avait effectivement promis de renier la ratification de l’accord de Paris. Mais depuis, il n’a pas annoncé s’il respecterait cet engagement. Il a toutefois fait disparaître toutes les références climatiques du site de la Maison-Blanche. « Je m’attends à ce que le président Trump soit très assidu dans le respect de ses promesses », a fait valoir M. Ebell, à Londres.

Dénonçant la « clique d’experts arrogants et cupides » sur les enjeux climatiques, il a formulé sa propre théorie pour justifier le discours scientifique qui milite en faveur de la lutte contre les bouleversements du climat : « Le complexe climato-industriel est un important rassemblement d’intérêts particuliers qui implique tout le monde, des producteurs d’énergie à coûts élevés jusqu’aux universitaires qui bénéficient de subventions plus importantes du gouvernement. »

Contre la réglementation

M. Ebell a lancé ces accusations peu de temps après avoir quitté son poste de responsable de la transition à l’Agence de protection de l’environnement (EPA) des États-Unis. Il avait été nommé à ce poste temporaire en novembre.

Le Sénat doit par ailleurs confirmer ce mercredi la nomination de Scott Pruitt à la tête de l’EPA. M. Pruitt, ancien ministre de la Justice de l’Oklahoma et proche de l’industrie des énergies fossiles, a passé une bonne partie de sa carrière de ministre à se battre contre l’agence à la tête de laquelle il vient d’être nommé.

Il a ainsi mené une bataille judiciaire contre les mesures réglementaires du président Barack Obama, mises en oeuvre par l’EPA, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques au charbon.

Depuis son arrivée à la Maison-Blanche, le 20 janvier, le président Trump a déjà imposé un gel de plusieurs activités de l’Agence, mais aussi un silence médiatique à ses employés. Et le nouveau président a souvent critiqué les réglementations environnementales sous la responsabilité de l’EPA.

Lundi, il a d’ailleurs signé un décret restreignant la possibilité pour les agences fédérales d’édicter de nouvelles réglementations, une limitation qui pourrait s’appliquer à l’économie, mais également à l’environnement. « Il est important que pour chaque nouvelle réglementation édictée, au moins deux précédentes réglementations aient été ciblées en vue de leur suppression », stipule cet autre décret présidentiel.

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