La montée du niveau des océans pourrait être plus rapide que prévu

Une montée des eaux de 1,8 mètre inonderait définitivement des étendues habitées par six millions de personnes aux États-Unis.
Photo: Mario Tama / Getty Images / Archives Agence France-Presse Une montée des eaux de 1,8 mètre inonderait définitivement des étendues habitées par six millions de personnes aux États-Unis.

La montée du niveau des océans d’ici la fin du siècle pourrait être plus rapide qu’anticipé, prévient l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA), mettant en garde contre un risque accru d’inondations dévastatrices si le scénario du pire devait se concrétiser.

L’agence américaine estime « plausible » une montée du niveau moyen des eaux « de 2 à 2,7 mètres d’ici 2100 » au vu des dernières études et observations, portant notamment sur les glaces antarctiques et en particulier sur leur instabilité.

« Pour être cohérent avec ces récentes études scientifiques, nous recommandons de revoir à la hausse le scénario extrême de montée du niveau moyen des océans à 2,5 mètres d’ici 2100, soit 50 centimètres de plus que le maximum avancé dans le troisième rapport national quadriennal américain sur le climat (NCA3) » publié en 2014, écrivent les auteurs du rapport de la NOAA.

Robert Kopp, professeur à l’Université Rutgers dans le New Jersey, a précisé à l’AFP qu’une hausse de cette ampleur pourrait se produire avec « le pire scénario en termes d’émissions de gaz à effet de serre ». C’est-à-dire si rien n’était fait pour les réduire, ce qui pourrait entraîner une hausse des températures de 3 à 5 degrés Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle.

Les experts ont également revu à la hausse l’estimation de montée minimum des océans, de 0,1 à 0,3 mètre d’ici la fin du siècle. Ceci après avoir analysé des données marégraphiques — mesure de l’amplitude des marées — et les variations altimétriques des océans mesurées par satellites pendant 25 ans.

Déterminer les risques

Ce rapport vise surtout à déterminer les risques possibles d’inondation des zones côtières américaines en fonction des différents futurs niveaux des marées et à aider les autorités à mieux anticiper et à se préparer.

Ces niveaux varient le long des côtes, mais se situent en général environ 0,8 mètre au-dessus de la marée la plus haute, qui a 20 % de probabilités de se produire par an.

Avec une montée de 2,5 mètres d’ici 2100, le risque d’inondations dévastatrices pourrait fortement augmenter, prévient le rapport.

« La montée du niveau des océans résultant du réchauffement climatique représente un risque clair avec de lourdes conséquences pour les États-Unis au cours des prochaines décennies et siècles », soulignent les auteurs.

Des millions d’Américains vivent aujourd’hui sur des côtes risquant d’être inondées et leur population continue d’augmenter chaque année. Des infrastructures essentielles servant au transport, à l’énergie, au commerce et à l’armée sont également menacées, tout comme certains écosystèmes.

Le rapport cite une récente étude selon laquelle une montée de 0,9 mètre pourrait inonder de façon permanente des régions où vivent deux millions d’Américains. Un accroissement de 1,8 mètre mettrait définitivement sous les eaux des étendues habitées par six millions de personnes.

La ville de Miami, en Floride, est déjà affectée. Des rues ont été inondées notamment en septembre 2015, lors d’une marée particulièrement haute, et les autorités locales mènent des travaux de protection.

Progression constante

Les océans se sont élevés globalement d’environ 21 à 24 centimètres depuis 1880, dont huit centimètres depuis 1993, précise la NOAA.

En outre, depuis 1900, le rythme de progression a été le plus rapide jamais enregistré sur une période comparable depuis près de 3000 ans.

Pour les auteurs du rapport, même si les pays parvenaient à fortement réduire les émissions de CO2 au cours des prochaines décennies, les océans continueraient probablement à grossir pendant des siècles.

Une autre étude, publiée la semaine dernière dans la revue Science, a fait part d’une découverte « préoccupante », selon les scientifiques. Les températures des océans lors de la dernière période de réchauffement (-129 000 à -116 000 ans) étaient similaires à celles relevées aujourd’hui, et le niveau des océans était de six à neuf mètres plus élevé. Cela indiquerait, selon les auteurs, que le niveau des océans pourrait monter de plusieurs mètres au cours des prochains siècles.

4 commentaires
  • Gilles St-Pierre - Abonné 24 janvier 2017 23 h 43

    Bonnes vacances

    Pour les vacances, il ne sera donc plus nécessaire de se rendre à la mer puisque ce sera la mer qui se rendra à vous. Et puis pareil quand on aura bien perdu le nord, plus nécessaire d'aller dans le sud.

    Allez donc faire comprendre ça à Trump, ce fou furieux mal dégrossi qui gouverne ce grand empire qui pollue autant cette si petite planète, même sa tour va se retrouver les pieds bien calés dans l’eau et ce ne sont pas ses murs qui empêcheront ça.

  • Daniel Bérubé - Abonné 25 janvier 2017 13 h 07

    Pour ceux désirant avoir une meilleure idée de la chose...

    Un documentaire a été fait sur la chose, et ayant comme titre: "2 degrés avant la Fin du monde ". Plus qu'intéressant; de plus, vous trouverez un court résumé (moins de 5 minutes), où un vulgarisateur apporte une explication sur le pourquoi de l'innaction de la population face à une situation devant mener à sa perte l'humanité toute entière...


    Aller voir ceci: moins de 5 minutes... : https://www.youtube.com/watch?v=Hs-M1vgI_4A

  • Daniel Bérubé - Abonné 25 janvier 2017 17 h 54

    Pour ceux désirant avoir une meilleure idée de la chose...

    Aller voir le documentaire: " 2 degrés avant la fin du monde ", où nous retrouvons un résumé de moins de 5 minutes, ou le documentaire complet. Dans le résumé de 5 minutes, nous retrouvons une explication concernant la "non réaction" de la population, même si c'est son milieu de vie qui est menacé...

    • Daniel Bérubé - Abonné 25 janvier 2017 17 h 55

      S'cusez le doublage... involontaire.