Le BAPE clame avoir respecté son mandat

Une maquette du futur train tel que vu par la CDPQ
Photo: Caisse de dépôt et placement Une maquette du futur train tel que vu par la CDPQ

Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) a répliqué lundi à ceux qui l’accusent d’avoir outrepassé son mandat dans son rapport sur le projet de Réseau électrique métropolitain (REM) rendu public vendredi.

Dans un communiqué publié en fin de journée, le BAPE a affirmé avoir respecté le mandat que lui confère la Loi sur la qualité de l’environnement. « Le BAPE a pour mission d’éclairer la prise de décision gouvernementale dans une perspective de développement durable, lequel englobe les aspects écologique, social et économique », écrit le BAPE en soulignant que le promoteur est lui aussi tenu d’inclure ces éléments pour justifier la réalisation de son projet.

Vendredi, le premier ministre Philippe Couillard avait laissé entendre que le BAPE avait peut-être outrepassé ses compétences en s’attardant aux enjeux économiques du projet de train électrique de la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il avait affirmé que, malgré le refus du BAPE de donner un avis favorable au projet, celui-ci irait tout de même de l’avant selon les échéanciers prévus.

La réalité déformée ?

Le promoteur du REM, CDPQ Infra, a pour sa part réservé un accueil glacial au rapport du BAPE, accusant celui-ci d’avoir ignoré certains faits et d’avoir déformé la réalité.

Le promoteur reproche notamment au BAPE de ne pas avoir tenu compte de plus de 1200 pages de documents qu’il a soumis sur les questions environnementales. Il estime aussi qu’en évoquant le possible manque de confort des usagers de la ligne Deux-Montagnes avec l’arrivée du REM, le BAPE a omis de souligner le nombre accru de départs en heure de pointe, soit 30, contre 5 à l’heure actuelle.

CDPQ Infra croit que les critiques du BAPE à l’égard du tracé du REM « témoignent d’une méconnaissance ou d’une incompréhension de plusieurs aspects techniques du projet ».


Les bibittes

Le maire Denis Coderre a lui aussi balayé du revers de la main certaines conclusions du BAPE. Selon lui, ce rapport comporte des « failles importantes ». L’organisme s’est prononcé sur des éléments qui ne relèvent pas de son mandat, a-t-il fait valoir : « Le BAPE est consultatif et il n’est pas là pour régler les problèmes financiers et les problèmes d’achalandage, a-t-il dit. C’est un des plus beaux projets de développement durable des 50 dernières années. […] À un moment donné, il faut être visionnaire et arrêter de se replier sur soi et de toujours trouver des bibittes pour pas que ça fonctionne. Je pense que Montréal a besoin du Réseau électrique métropolitain. »

L’opposition à l’Hôtel de Ville croit que le maire devrait davantage tenir compte des critiques du BAPE plutôt que de « présenter des faits alternatifs ». « Le BAPE est quand même un organisme indépendant qui, aux dernières nouvelles, n’a pas d’agenda politique. Il n’a jamais levé autant de drapeaux rouges envers un projet de transport en commun », a signalé le conseiller de Projet Montréal François Limoges.

Rappelons que le REM, dont le coût de construction est estimé à 5,5 milliards de dollars, reliera Brossard à Sainte-Anne-de-Bellevue avec des liens vers l’aéroport Montréal-Trudeau et vers Deux-Montagnes sur un tracé de 67 kilomètres. Sa mise en service est prévue pour 2020.

1 commentaire
  • Denis Paquette - Abonné 25 janvier 2017 03 h 07

    Un Trump au plus sacrant

    sommes nous encore coincés avec des approches de chapelles, peut-etre ne sommes nous pas capable de penser intégration, peut etre qu'au Québec l'esprit paysant prend plus de temps a se modifier, Drapeau a peut-etre été le seul capable d'avoir une certaine esprit d'intégration, dommage, car depuis ce temps la seul chose dont nous sommes capable c'est de démolir et de reconstruire rien de tres transcendent, sinon celui de se regarder dans un miroir, quel mentalitée paysanne, enfin, peut-etre qu'un peuple ne se change pas vraiment a moins d'avoir un visionnaire de tres hauts niveaux, peut etre avons-nous besoin d'un Trump au plus sacrant