Trump promet du pétrole, du gaz et du «charbon propre»

Donald Trump venait à peine d’être assermenté vendredi midi lorsque la page web de la Maison-Blanche a été mise à jour, affichant du même coup le plan énergétique de la nouvelle administration républicaine.
Photo: Alex Wong Getty Images/Agence France-Presse Donald Trump venait à peine d’être assermenté vendredi midi lorsque la page web de la Maison-Blanche a été mise à jour, affichant du même coup le plan énergétique de la nouvelle administration républicaine.

Plusieurs le redoutaient, c’est maintenant officiel. Le président Donald Trump promet d’éliminer le plan climatique mis en place par l’administration Obama, mais aussi de miser sur le développement des énergies fossiles en sol américain, dont celui du « charbon propre ».

Le nouvel occupant du bureau ovale venait à peine d’être assermenté vendredi midi lorsque la page web de la Maison-Blanche a été mise à jour, affichant du même coup le « plan énergétique » de la nouvelle administration républicaine.

En vertu de ce plan, qui doit faire passer « l’Amérique d’abord », le président Trump s’engage officiellement à « éliminer les politiques nuisibles et non nécessaires », mais aussi les « réglementations contraignantes pour notre secteur énergétique ».

Exit le climat

Le président Trump promet ainsi d’éliminer le « Plan d’action climatique » mis en place son prédécesseur. Ce plan, critiqué par les républicains, prévoyait notamment des mesures imposant des réductions d’émissions de gaz à effet de serre aux centrales au charbon utilisées pour produire de l’électricité aux États-Unis.

Le programme défendu par l’administration Obama misait en outre sur une meilleure protection des forêts, véritables puits de carbone, mais aussi sur la recherche scientifique menée dans le but de mieux comprendre les changements climatiques et leurs impacts. 

Le nouveau président a déjà affirmé que le bouleversement du climat était un « canular ».

D’ailleurs, vendredi après-midi, toutes les références aux changements climatiques ont été effacées du site officiel de la Maison-Blanche. La seule mention du mot « climat » est désormais liée à la volonté des républicains d’éliminer les mesures démocrates de lutte contre les bouleversements du climat.

Donald Trump prévoit en outre d’éliminer une bonne partie de la réglementation américaine qui protège les cours d’eau et les milieux humides, une politique connue sous le nom de « Waters of the United States Rule ». Le secteur agricole industriel et le secteur pétrolier avaient ouvertement critiqué cette réglementation, annoncée en 2015.
 

Énergies fossiles

Le nouveau président, qui s’est engagé à stimuler l’économie en favorisant le développement des énergies fossiles en sol américain, entend bien tenir parole, selon ce qu’on peut lire sur le site de la Maison-Blanche.

En soulignant que les États-Unis détiennent d’importantes ressources non exploitées, le gouvernement Trump entend prendre part à la « révolution » du pétrole et du gaz de schiste, et ce, « pour créer des emplois et de la prospérité pour des millions d’Américains ». Le président prône donc davantage d’exploitation, mais aussi l’utilisation des revenus tirés du secteur énergétique « pour reconstruire nos écoles, nos routes, nos ponts et nos infrastructures ». Des infrastructures qui risquent, ironie du sort, d’être affectées par les effets des bouleversements climatiques.

Donald Trump croit en outre au développement de la technologie du « charbon propre », c’est-à-dire une production à partir de centrales qui émettraient moins de gaz à effet de serre. Il ne s’en cache d’ailleurs pas, le président assermenté vendredi veut « relancer » l’industrie américaine du charbon, « qui a trop longtemps souffert ».

« Un avenir plus radieux dépend de politiques énergétiques qui stimulent notre économie, améliorent notre sécurité et protègent notre santé. Avec les politiques énergétiques de l’administration Trump, cet avenir peut devenir une réalité», conclut le texte qui présente les grandes de la future politique.
 

Par ailleurs, l’élection de Donald Trump pourrait être une bonne nouvelle pour TransCanada, qui souhaite construire le pipeline Keystone XL. Le républicain a dit à plusieurs reprises qu’il était favorable au projet, qui permettra d’exporter chaque jour 830 000 barils de pétrole des sables bitumineux vers les raffineries américaines.


 
11 commentaires
  • Brigitte Garneau - Abonnée 20 janvier 2017 14 h 46

    "Le boulversement du climat est un CANULAR"!

    C'est aussi vrai que le "charbon propre" ou que le "pétrole éthique". MISÈRE! C'est à pleurer...Qu'adviendra-t-il de nous, maintenant que le gros méchant loup est entré dans la bergerie? C'est incroyable de voir comment les pires mensonges peuvent devenir des vérités à force de les répéter et de les engraisser avec des gros dollars!

  • Pierre Brosseau - Abonné 20 janvier 2017 14 h 57

    HARPER À LA PUISSANCE 10

    Les Américains, et le reste du monde, vivront pendant 4 ou 8 ans ce que les Canadiens ont vécu sous l'ère Harper pendant 10 ans: réduction des impôts et augmentation des avantages fiscaux aux entreprises, négation des changements climatiques, politique ultra pro-israélienne, mise au silence des scientifiques, mépris des médias, réduction du financement du système de santé, et tutti quanti.

    Reste à savoir si les contre-poids aux pouvoirs de la présidence américaine seront efficaces et sauront protéger la démocratie, l'environnement et la paix dans le monde.

    • Daniel Bérubé - Inscrit 20 janvier 2017 21 h 13

      ... et sauront protéger la démocratie...

      À voir les résultats que donne cette démocratie, doit-elle être protéger ou revue de fond en comble ?

  • Danielle Houle - Abonnée 20 janvier 2017 16 h 00

    Tout propre.

    Aussi propre que lui-même peut l'être? Quelle langue sale...

    • Pierre Robineault - Abonné 21 janvier 2017 10 h 51

      En effet et c'est probablement pour cette raison qu'il "ne la met pas dans sa poche".

  • Jean-Marc Tremblay - Abonné 21 janvier 2017 06 h 57

    Penser positif...

    La possibilité de voir la construction de Keystone XL pourrait donner davantage de plomb dans l'aile à Énergie Est... de façon ironique, la présidence Trump pourra peut-être en fait avoir un p'tit effet positif sur l'agenda environmental Québecois...

  • Yvon Pesant - Abonné 21 janvier 2017 10 h 52

    Signature présidentielle

    Donald Trump persiste et signe. Il fallait s'y attendre.

    Dès le lendemain de son élection, le président désignéy allait d'une annonce en ce sens en faisant fi de tous les constats de bouleversements climatiques et de réchauffement planétaire causés en grande partie par l'humanité et sa propension à utiliser les énergies fossiles à toutes les sauces. En faisant fi également de toutes les recherches scientifiques tendant à démontrer voire prouver cet état de fait.

    "What's new, pussycat?", demande la chanson. C'est que l'homme en question a changé sa main de place. Elle est à même de signer des décrets présidentiels, désormais. Et il faut s'attendre au pire de ce personnage sans connaissances valables comme sans éthique aucune.